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LA « FAIM », PREMIÈRE LOI DE L-' ANIMALITÉ

Cependant, dans cette sorte de fermentation universelle, il reste vrai qu'on peut, qu'on doit établir une distinction, — la distinction des vivants et des non-vivants.

J'entends distinction pratique, et sous réserve de la question de fond. Y a-t-il transition insensible ou solution de continuité radicale entre l'inorganique et l'organique? Est-ce le créationnisme qui a raison, ou bien l'hétérogénie ou génération spontanée? J'écarte ce profond débat.

Pratiquement, la distinction des vivants et des nonvivants est légitime, et cela me suffit.

Or le vivant, c'est une existence plus brillante, mais aussi plus précaire.

11 y a, croit-on, quelque cinquante millions d'années que la vie est apparue sur la planète terrestre.

C'est qu'en effet, pour que la vie puisse germer, il faut que soit réalisé tout un ensemble de conditions cosmiques : un certain état de la planète, et un certain état du soleil. Avant, c'est trop tôt. Après, c'est trop tard. La vie apparaît ainsi, comme une floraison délicate et éphémère entre la période de fusion et la période de congélation, entre les laves et les glaces cosmiques.

Mais ce n'est pas tout. La vie apparue, qu'est-ce qui caractérise essentiellement le vivant, par opposition avec le reste des êtres inorganiques? C'est la nutrition.

Voilà le trait décisif. Le vivant est un être qui ne

THÈSE DU MATÉRIALISME. :}!s:;

peut subsister et persister que par des emprunts perpétuels au milieu. Le vivant a besoin d'absorber des aliments, besoin de manger, besoin enfin de se nourrir. S'il ne mange pas, il meurt. Manger ou mourir, (elle est l'alternative. Le monde des vivants est régi par l'implacable loi de la faim.

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