‹ La cité moderneChapitre 250 sur 467 · DU DROIT · texte numérisé non relu

DU DROIT

Le spiritualisme n'a garde de contester que la force règle les rapports d'animal à animal.

Mais il conteste énergiquement qu'elle règle ou doive régler les rapports d'homme à homme, et que droit et devoir ne soient que des chimères.

Non, dit-il, non, le droit et le devoir, et la justice, ne sont pas de vains rêves !

Si l'humanité, la société, n'étaient qu'un champ clos pour une bataille sans scrupule et sans merci, si la vie de notre espèce n'était que le jeu de la force et de la ruse, à quoi rimeraient, je vous prie, et la conscience individuelle, avec ses muettes et impérieuses voix; et l'opinion publique, avec ses écrasants verdicts, ses réprobations et ses exécrations sans appel ; et ces chefs de justice intronisés par tous les groupes sociaux ; et ces vastes législations, ces tables, et ces codes, avec les multiples corporations chargées de les élaborer, de les interpréter, de les enseigner, de les appliquer... oui, nous le demandons, que signifierait tout cela?

Pas plus qu'il n'y a de cause sans effet, il ne saurait y avoir d'effet sans cause. Nous voyons un effet : il faut une cause. Nous voyons un effet énorme : il faut une cause proportionnée.

Les codes sont là : qui les a dictés? Les tribunaux fonctionnent : qui les dressa? Les mains de justice planent sur les fronts dcl'orageuse humanité : qui donc les abaisse ou les élève ainsi ?

Le fait énorme de la justice, du devoir et du droit, il serait vraiment plaisant qu'on prétendît purement et simplement nous l'escamoter !

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