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L'ERREUR DES « DIRIGÉS

Elargissons ce cas aux proportions d'un peuple. D'une part les dirigés méconnaissent l'importance, la

nécessité d'un groupe de dirigeants, et ne voient qu'un dévorant parasitisme dans la fonction gouvernementale,, la plus haute pourtant de toutes les fonctions. D'où une haine sourde qui dissout par avance le lien social, le loyalisme des gouvernés envers les gouvernants.

D'autre part les gouvernants, oubliant qu'ils sont commis, par et pour la communauté tout entière, à la surveillance suprême, extérieure et intérieure, se servent au contraire de leurs pouvoirs pour terroriser et rançonner les gouvernés, et changent ainsi l'apparente association en une réelle exploitation.

Que dire d'une abomination pareille? Et c'est pourtant ce qui s'est passé plus ou moins à toutes les époques de l'histoire.

Gomment se lasser de rappeler la vieille maxime : Corrupiio optimi pessima. . . ?

La cité, certainement, est chose sainte, divine. La corruption de la cité, ce sera donc, nécessairement, chose diabolique et infernale.

Comment donc s'étonner que tant d'âmes généreuses et passionnées de justice tressaillent d'horreur ou bondissent de fureur, quand elles découvrent l'abomination sociale?

Mais l'association déloyale doit-elle être confondue avec l'association loyale? N'en est-elle pas précisément le contraire?

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