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TOUT LE MONDE GAGNE ET PERSONNE NE PERD

Insistons encore.

Dans tout contrat, croit-on, il y a nécessairement un gagnant et un perdant, un fripon et une dupe.

Pas de conviction plus démoralisante et plus meurtrière.

C'est une maxime de la phase d' « antagonisme »,

LA JUSTICE EST L'ACCOIU) DES INTÉRÊTS

malheureusement persistante dans la phase de « collaboration ».

Pour les Grecs, Mercure était le dieu des commerçants et... des voleurs. Et on sait que, vingt siècles plus tard, le spectacle de l'immense fraude commerciale niellait l'indignation au cœur de Fourier et engendrait le socialisme contemporain.

Un vieil adage français n'ose-t-il pas dire : « Au mariaige, trompe qui peult! »

Eh bien, dussé-je paraître plus naïf que de raison, je n'hésite pas à dire que, se tromper entre associés, c'est la pire duperie.

Dans l'association, l'habileté suprême, c'est d'être loyal.

Alors tout le monde gagne. Aux dépens de qui? Aux dépens de personne. Car tel est bien le prodige, prodige positif et contrôlé, de l'association humaine. Quelque invraisemblable que cela puisse paraître aux esprits vulgaires : dans l'association humaine, tout le monde gagne et personne ne perd.

Cela tient à ce qu il ne s'agit pas de partager des richesses existantes et limitées, mais de produire des richesses non existantes et illimitées.

Il faut donc substituer à la formule d'antagonisme la formule de collaboration. Si des antagonistes s'entr'anéantissent, des collaborateurs s'entre-créent.

Rejetons donc le mot de haine : Homo homini lupus. C'est un anachronisme sinistre. Et adoptons le mot d'amour : Homo homini deus !

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