REJET DE LA VIEILLE THÉORIE DES SANCTIONS SÉPARÉ
loi démigrants italiens. Un gros temps se déclare. La troupe émigrante, ignorante et affolée, se porte tout entière d'un côté du bateau, qui sombre. Et les passagers de première classe périssent, — par la faute de leurs compagnons de route.
Un autre bateau (Méditerranée) donne la nuit sur un écueil, se fend, et reste adhérent au rocher. Les passagers, tous gens de culture et de sang-froid, se tiennent à l'arrière qui émerge encore, sans bouger, pour ne pas détacher l'épave de l'écueil, et donnent ainsi le temps aux canots de secours de venir les enlever à leur position délicate. Avec des émigrants parmi eux, ils étaient perdus.
L'IVROGNERIE, LA MISÈRE, LA MALADIE, LA PROSTITUTION, LE CRIME, — ET LEURS REPERCUSSIONS SOCIALES.
Un dernier exemple.
Il y a à Paris de trente à cinquante mille marchands de vin où vont s'empoisonner les gens du peuple.
L'homme « distingué » passe en détournant la tête avec mépris : qua-t-il de commun avec ces gens-là !
Voyons pourtant.
Cet homme qui est là, debout près du comptoir, en train d'avaler quelque horrible mixture, cet homme se dit : j'ai bu tout mon argent, je n'ai plus le sou, il faut que je fasse un coup... Tiens, ce beau monsieur qui passe là... je vais le filer, sans avoir l'air, et, au premier coin désert, je lui plante un couteau entre les deux épaules...
Cet autre ne se sent pas un tempérament d'assassin. Mais, rentré chez lui, il se dit : liens, tiens, mais ma femme et ma fille ne sont pas mal du tout. Si je les forçais à se prostituer? Elles résistent... Gare les coups ! Et voilà deux prostituées de plus, qui prendront peut-
être des souteneurs pour assommer les passants attardés qu'elles dévaliseront ensuite, contracteront des maladies infectieuses, et seront la source d'une contamination destinée à s'élargir, en progression géométrique, à des centaines de personnes, comme cela est dûment établi par des enquêtes très bien faites.
Un troisième, à boire, est devenu alcoolique, terrible dans ses colères, meurtrier dans ses accès ; et d'ailleurs, par son tempérament ruiné, proie désignée de toutes les maladies. Il échoue à l'hôpital, où il est soigné aux frais... des travailleurs sobres et vaillants!
Mais, il y a plus : il a engendré des enfants. Les uns, engendrés pendant l'ivresse, sont nés idiots, à charge pour toujours à la société. Les autres, engendrés dans les moments lucides, ne sont pas idiots, mais ils héritent de la cliathèse paternelle, et seront, en vertu du métamorphisme pathologique, des dypsomanes, des fous, des épileptiques, danger permanent et charge permanente pour leurs concitoyens.
Enfin tous ces gens-là, plus ou moins malsains de corps ou d'âme, tous ces gens-là font nombre. Par le suffrage ou par l'émeute, ils interviennent puissamment dans les affaires publiques. C'est d'eux que sortent périodiquement l'anarchie et la dictature...
Direz-vous encore : quai-je de commun avec tous ces gens-là?