‹ La cité moderneChapitre 289 sur 467 · LES ACCIDENTS INDIVIDUELS ONT UNE PORTÉE SOCIALE · texte numérisé non relu

LES ACCIDENTS INDIVIDUELS ONT UNE PORTÉE SOCIALE

On peut préciser encore, et serrer de plus près la question.

Un jeune couvreur tombe d'un toit et s'écrase. La foule dit : pauvre garçon! Mais, sans se l'avouer, chacun pense tout bas : que m'importe, après tout?

Edmont About répond : que vous importe ? Il vous importe plus que vous ne croyez.

Laissons même de côté, dit-il, la question de cœur, et ne voyons que la question d'argent. Pour mettre au monde un enfant, pour le nourrir, l'habiller, l'instruire, et le conduire enfin jusqu'à l'âge où il pourra travailler et produire, il en coûte du travail, c'est-à-dire de l'argent, — à savoir, en moyenne, de trois à trente mille francs, selon qu'il s'agit d'un enfant du peuple ou d'un enfant de la bourgeoisie.

Supposons maintenant, ajoute-t-il, une mort prématurée, de vingt à vingt-cinq ans. N'est-il pas évident qu'il y a là une perte sèche clés dépenses consenties?

Elever un enfant, c'est un placement. Si l'enfant périt, tout est perdu, capital et intérêts. Et il y a donc diminution, directe ou indirecte, de la richesse nationale.

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