LA SOLIDARITE SOCIALE S EXERCE IMPLACABLEMENT
La société est un corps, dont 1' « élite » constitue la « tête » et dont la « foule » constitue les « membres ».
Cela est vrai à la rigueur, pour les pensants. Mais une partie de la bourgeoisie prend cela au figuré plutôt qu' au propre et à la lettre.
Traduisez : une partie de la bourgeoisie a la solidarité sur les lèvres, non dans le cœur. Pour elle, la solidarité, c'est ou bien un vœu sentimental qu'on approuve bien haut, mais dont on se moque tout bas, ou bien une analogie scientifique curieuse, mais bien forcée, et qui ne tire pas à conséquence, qui n'engage à rien.
Je ne saurais trop le redire : Tinter-dépendance ou solidarité des individus dans le corps social est aussi positivement vraie que l'inter-indépendance des cellules dans le corps animal.
D'ailleurs, que les individus aient ou non conscience de leur solidarité, cette solidarité agit, imperturbablement et implacablement.
Elle n'a pas besoin d'être connue pour exister et s'imposer. Mais vous avez besoin de la connaître pour en diriger à votre profit le jeu irrésistible.
La société humaine avec une élite dédaigneuse de la foule, c'est un animal gigantesque dont la tète se dirait : que m'importe que mes pieds, mes jambes et mon buste même croupissent et pourrissent dans l'ordure? Moi, tète, ne suis-je pas hors du cloaque?
Telle est la sagesse d'une partie de la bourgeoisie!...
Et l'on s'étonne du profond malaise social !