INTRODUCTION. VII
Pourquoi ?
L<* nid se profile dans le rêve de l'oiseau, avant de se construire dans les ramées. De même la Cité s'ébauche dans la méditation des poètes et des philosophes avant de s'édifier dans l'histoire. Il faut croire que jusqu'ici la conception a été défectueuse, puisque la mise en œuvre a toujours échoué.
La République de Platon, la Politique d'Aristote, la Cité de Dieu de saint Augustin, la Cité du Soleil de Campanella, le Léviathan de Hobbes, Y Utopie de Thomas Morus, YOceana de Harrington, la Salente de Fénelon, le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, YJcarie de Gabet, le Grand Etre d'Auguste Comte, Y Hyper-organisme de Herbert, Spencer, etc., etc., autant de conceptions logiques, mystiques, juridiques, biologiques, proposées par les plus puissants génies aux tâtonnements des peuples î En vain. Les efforts des nations et des races n'aboutissent pas. Et la Cité toujours reconstruite, croule toujours.
C'est que la Cité a toujours eu deux sortes d'ennemis : les délicats et les brutaux, les mystiques qui désertent et les cyniques qui se ruent...
Il faut donc défendre la Cité à la fois contre le Sécessionnisme dolent et contre Y Antagonisme sanglant.
Mais aujourd'hui, il y a pis. Et rarement l'Histoire sonna une heure plus critique.
Le grand problème social, n'est-il pas vrai, c'est d' équilibrer justement V Elite et la Foule dans la Cité?
Or, il faut en convenir, le Passé ne nous montre guère que Y éviction de la Foule par V Elite.