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MÉPRISE GROSSIÈRE DE CETTE DOCTRINE

Rien n'est plus radicalement faux. Et il ne s'agit pas ici de protestations sentimentales. Il s'agit d'une démonstration scientifique.

Oui, le rapport d'animal à animal peut être un combat. Oui, le rapport de peuple à peuple peut être un combat.

Mais, non, le rapport de cellule à cellule, dans un même animal, n'est pas un combat. Non, le rapport de citoyen à citoyen, dans un même peuple, n'est pas un combat.

Les milliards de cellules qui constituent un animal sont associées, non antagonistes. Pareillement les millions de citoyens qui constituent un peuple sont, non antagonistes, mais associés.

L'erreur immense des darwiniens consiste à confondre deux sortes de rapports absolument différents, opposés, inverses.

L'animal es un « tout » par rapport à un autre ani-

mal. Un peuple est (relativement) un « tout », par rapport à un autre peuple. Mais une cellule est « partie », par rapport à une autre cellule. Un citoyen est « partie » par rapport à un autre citoyen.

Animaux et peuples sont en quelque mesure solitaires et in-dépendants, les uns pour les autres. Cellules et citoyens, au contraire, sont, les uns pour les autres, inter-dépendants et solidaires.

L'erreur commune vient de ce que l'individu humain se considère en dehors de la cité, comme un « tout » indépendant, à la façon d'un animal ou d'un peuple, tandis qu'il devrait se considérer comme une « partie » interdépendante, à la façon d'une cellule.

Il suffit donc de substituer au faux point de vue individualiste le point de vue social, pour que le darwinisme s'écroule.

l'antagonisme et l'association.

Entrons bien une dernière fois dans cette conception.

La grande différence entre les animaux ou les peuples, d'une part, et, d'autre part, les cellules ou les citoyens, c'est que les premiers vivent de prédation et par conséquent d'antagonisme, tandis que les seconds vivent de production et par conséquent d'association.

Quand il s'agit de s'emparer d'une proie existante et limitée, il est fait appel à la force et à la ruse, en un mot à la violence.

Quand il s'agit de créer des produits non existants et d'ailleurs illimités, il est fait appel à l'association, à la collaboration, à la division du travail, à Injustice.

Le corps, cette cité de cellules, et la cité, ce corps de citoyens, sont des associations fondées sur la justice

Les hommes, au lieu de s'entre-combattre el de scnlrc-détruire pour s'emparer des maigres ressources

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que la terre produil spontanément, ont obéi à un pro fond instinct qui les a conduits à s'associer, à s'unir à travailler en commun, pour faire produire, à la terre renl fois, mille fois plus qu'elle ne produit d'elle-même.

Résultat: la où quelques hommes, survivants du combat inexpiable, ne réussissaient qu'a végéter chétivement et précairement, a l'aide des faibles ressources que leur offraient la terre, l'air et l'eau, des multitudes d'hommes peuvent vivre confortablement dans l'abondance créée par leur habile et probe collaboration.

El sur quoi, exactement, repose cette prospérité nouvelle? Sur une convenable division du travail. Plus chacun s'utilise selon ses aptitudes et selon ses forces, plus augmentent, en quantité et en qualité, les produits à partager, ou mieux à répartir entre les sociétaires, proportionnellement à leur coopération. Car la formule évidemment juste, c'est: participation au produit, calculée sur la participation à la production, — sous réserve de la question de « minimum » et de la question d'invalidité.

Malheureusement nous sommes loin encore de cette juste organisation.

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