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PESSIMISME RELATIF ET PESSIMISME ABSOLU

Nous avons montré la source de tout le problème religieux et social, dans notre Occident.

Cette source, c'est le désaccord signalé, à tort ou à raison, entre la voix de la conscience et le spectacle de la société.

La conscience dit : « Sois juste, et tu seras heureux ! » La société répond : « Le juste n'est pas heureux... »

Il y a là, dit-on, désaccord, démenti, opposition, contradiction, conflit.

De ces deux voix, laquelle a raison, et laquelle a tort?

Deux avis se partagent l'opinion :

1° Selon les uns, la conscience ne saurait nous tromper; elle est un oracle infaillible; elle est la voix de Dieu lui-même au plus profond de nous.

La conscience affirme qu'il y a de l'ordre dans l'univers, de la justice, c'est-à-dire un Dieu.

La foi inébranlable à V ordre, à la justice, à Dieu, cest où se fonde la convulsive humanité.

Sans doute le spectacle de la société semble infliger à la foi religieuse un brutal démenti.

Mais la foi religieuse ne saurait nous tromper. Si le

juste est frustré ici-bas, c'est donc qu'il y a un ailleurs. De façon ou d'autre, c'est le juste qui aura le dernier mot.

De là l'hypothèse de la spiritualité et de l'immortalité, l'hypothèse de la vie future, l'hypothèse enfin des posthumes sanctions.

Mais tout le monde ne se range pas à ce premier avis.

2° Selon d'autres, en effet, entre la voix de la conscience et le spectacle de la société, il n'y a pas à hésiter : c'est la conscience qui a tort, qui se trompe et nous trompe.

Qu'est-ce après tout que cette voix de la conscience ? Une espérance gratuite, une foi naïve, un désir qui se prend pour une réalité !

Au contraire, l'iniquité sociale, c'est là un fait, une réalité visible, palpable, une écrasante évidence, contre laquelle il serait tout à fait puéril de lutter.

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