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PREMIÈRE CRITIQUE I SIMPLICITE ET COMPOSITION

La « matière », c'est ce qui est « composé ». L' « esprit » est « simple ».

Réponse : On se rappelle notre postulat initial et unique : il y a des « simples », puisqu'il y a des « composés ». Je tire de là ma réponse.

Le « simple » se trouve tantôt à l'état d'isolement et tantôt à l'état de groupement. Dans le premier cas, il mène une existence morne, éteinte pour ainsi dire. Dans le second cas, au contraire, ses énergies sont éveillées, et, de latentes, deviennent patentes. Cette impuissance du « simple » laissé à lui-même, et cette efficacité merveilleuse de l'association pour vivifier le « simple », c'est précisément là l'idée fondamentale de ce travail, la seule idée que le présent volume développe, et, je

crois, l'idée essentielle à mettre en lumière, pour orienter définitivement la pensée humaine.

Or si les « simples », isolés, languissent, et, associés, s'exaltent, je vois bien là une différence d'état, mais pas du tout une différence de substance.

Isolement et groupement, ce sont là des états alternatifs du « simple ». Mais où trouver là cette dualité substantielle de la matère et de X esprit dont on nous rebat éternellement les oreilles?

Quand on regarde l'argument de près, il s'évanouit.

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