PASSAGE DE LA BIOLOGIE A LA SOCIOLOGIE
Nous avons vu la biologie contemporaine révéler à l'esprit humain l'existence des protozoaires, c'est-à-dire l'existence de tout un monde inconnu se développant hors des limites de la visibilité, de toute une faune insoupçonnée , sous-jacente pour ainsi dire à notre faune familière, à la faune des Métazoaires.
Nous avons vu, ensuite, la biologie nous expliquer la genèse du métazoaire, sorte de multiple du Protozoaire, être pluri-cellulaire ou composé d'êtres uni-cellulaires.
Mais nous n'en avons pas fini avec les merveilles de la vie terrestre. Il nous faut encore nous élever à un étage de plus, à un troisième étage, que j'appellerais volontiers le monde des Hyperzoaires.
En effet, j'inclinerais assez à distribuer le monde des vivants en trois grandes divisions, pour ainsi dire superposées :
1° Unités, ou Protozoaires ;
2° Agrégats, ou Métazoaires;
3° Agrégats d'agrégats, ou Hyperzoaires.
Cette distribution aurait le double mérite d'être trà simple et de se fonder sur une idée solide.
fi: MONDE DES HYPERZOAIRES OU DES SOCIÉTÉS ANIMALES.
O n'est-ce que ces agrégats d'agrégats ? Ce sont les sociétés animales.
Les cellules, ou unités, ou protozoaires, ou monères, ou protistes, peuvent se grouper en agrégats, qui sont les Métazoaires ou animaux proprement dits.
Mais à leur tour, ces animaux peuvent former des associations, qui seront donc des agrégats d'agrégats, qu'on peut appeler des Hyperzoaires, et qui ne sont autre chose que les sociétés, — des sociétés plus ou moins différenciées et plus ou moins cohérentes, des sociétés comportant tous les degrés de la cohésion et toutes les nuances de l'association, depuis la Bande, en passant par la Trihu, jusqu'à la Cité proprement dite.
Par exemple, une fourmi, une abeille, un castor, un homme, ce sont là des agrégats de cellules.
Et une société de fourmis, ou d'abeilles, ou de castors, ou d'hommes, c'est là bien évidemment un agrégaf d'agrégats.
Le fait des sociétés animales a été mis en lumière, en France, notamment par le livre de M. Espinas, auquel nous renverrons pour tout le côté descriptif de ce fait : réunions accidentelles involontaires; réunions volontaires momentanées; sociétés durables ou permanentes; degrés divers d'organisation et déconcentration, soit dans les peuplades d'oiseaux, soit dans les peuplades de mammifères; langage, industrie collective, tactique, etc., etc., — toutes questions traitées dans la section ive.
On consultera aussi très utilement, dans le même ouvrage, à la section n, dix-sept pages sur la difficile question des frontières entre la biologie et la sociologie.
Pour nous, je le répète, nous ne voulons ici que dégager nettement l'élément philosophique, Vidée.