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LES TROIS ÉTAGES DE L'ANIMALITÉ

11 y a donc, pour ainsi dire, dans la faune terrestre, trois étages :

1" Un sous sol, les Protozoaires ou unités; 2° Un rez-de-chaussée, les Métazoaires ou agréerais: 3° IU\ premier, les llyperzoaires ou agrégats d'agrégats.

Pour bien distinguer ces trois échelons ou degrés, H pour abréger, il serait bon peut-être d'adopter les trois ternies suivants :

1° Cellules;

2° Animaux ;

3J Cités.

On voit aussi combien le langage courant, et par conséquent l'opinion vulgaire, sont loin de correspondre à la réalité des choses.

Nous disons : l'animal, — tout court.

Or, cette façon de parler a deux bien grands défauts.

En premier lieu, ce mot « animal » n'évoque à l'esprit que la faune vulgaire, la faune des gros animaux, des animaux visibles, ou Métazoaires, et omet l'immense et invisible faune des protistes.

En second lieu, ce mot « animal » confond les deux grandes catégories d'animaux visibles : les Métazoaires proprement dits, ou espèces solitaires, et les Hyperzoaires, ou espèces sociables, ou sociétés, — masquant ainsi la distance, X abîme peut-être qui sépare les seconds des premiers; abîme pareil sinon égal à l'abîme qui sépare les Métazoaires eux-mêmes des Protozoaires.

En un mot, ce terme, Y animal, employé exclusivement par nous, a le double et grave inconvénient d'omettre les Protozoaires et de confondre avec les Métazoaires les Hyperzoaires.

C'est-à-dire que l'emploi exclusif de ce terme a pour résultat de supprimer deux étages sur trois dans le grandiose édifice de la faune terrestre, — le sous-sol et le premier étage, pour ne laisser subsister que le rezde-chaussée.

LES DEUX GRANDS ELANS h£ L EVOLUTION BIOLOGIQUE.

Maintenons donc que la faune comporte trois étages : cellules, animaux, cités.

Et, parmi les cités, il faut compter la cité humaine.

Or, s'il y a un abîme, comme je crois l'avoir montré, -entre la cellule et l'animal (c'est-à-dire entre l'unité et l'agrégat), n'y a-t-il pas évidemment un abîme aussi entre l'animal et la cité, surtout la cité humaine (c'està-dire entre l'agrégat et l'agrégat d'agrégats)?

La parité s'impose, à mon avis. Et le parallélisme môme est frappant, quel que soit le point de vue auquel on se place.

Entre la cellule et l'animal, quelle est la différence? C'est que l'animal est un agrégat de cellules.

Entre l'animal et la cité, quelle est la différence? C'est que la cité est un agrégat d'animaux.

QUE LE PROGRÈS DES MÉTAZOAIRES AUX IIYPERZOAIRES SE FAIT AUSSI PAR LASSOCIATION.

Agrégat de cellules, ou animal, est-ce simplement juxtaposition d'homogènes? Non, mais spécialisation, et, par suite, coordination d'hétérogènes.

Agrégat d'animaux ou cité, est-ce simplement juxtaposition dans l'homogénéité? Non, mais coordinaln n dans l'hétérogénéité.

Dans le passage de la cellule à l'animal, la spécialisation et la coordination sont-elles acquises d'un seul coup, et ne comportent-elles qu'une forme parfaite et définitive? Non, mais au contraire, elles se développent lentement et comportent tous les degrés. En d'autres

termes, il y a des associations de cellules, il y a des agrégats qui correspondent à tous les degrés possibles d'association, — d'où les animaux plus ou moins perfectionnés.

Pareillement, dans le passage de l'animal à la cité, on trouve tous les degrés d'association. En d'autres termes, il y a des sociétés rudimentaires, des sociétés relativement organisées, et enfin des sociétés extrêmement différenciées et coordonnées, c'est-à-dire tout à l'ait élevées dans l'échelle de l'organisation.

En résumé, trois étages : A, B, G.

Le passage de A en B est dû à l'association, laquelle comporte tous les degrés, — d'où les animaux plus ou moins parfaits. Pareillement, le passage de B en G' est dû à l'association, laquelle comporte tous les degrés, — d'où les sociétés ou cités plus ou moins parfaites.

Les deux passages sont donc pareils quant à la mé' thode, et peut-être égaux quant à l'importance.

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