ANTITHÈSE DU SPIRITUALISME
dées ensemble, mais radicalement distinctes et étrangères l'une à l'autre.
Il y a en lui, comme chez l'animal, une pensée inférieure, relevant, comme chez l'animal, du cerveau.
Mais il y a en plus chez lui une pensée supérieure relevant de l'âme.
En d'autres termes, il y a chez l'homme sensation et impulsion, et, par là, l'homme s'identifie avec l'animal. Mais il y a chez lui, en outre, raison et liberté, et, par là, l'homme se différencie en nature de l'animal.
La biologie voit donc bien une moitié du problème, — mais seulement une moitié.
La biologie a raison de réclamer l'homme inférieur, l'homme animal, le pseudo-homme. Mais elle a tort de réclamer aussi l'homme supérieur, l'homme « humain », l'homme véritable et proprement dit.
Tout, ajoute le spiritualisme, tout ne confîrme-t-il pas cette explication dualiste de l'homme?
L'expérience de la vie, la littérature universelle n'attestent-elles pas qu'il y a en nous des appétits bas et des aspirations élevées, un esclavage de la chair et une liberté de l'esprit, une « bête » et un « ange » ?
Ces deux tendances inverses peuvent-elles être le fait d'une nature simple?
Conflit, n'est-ce pas opposition de nature? Duel, n'est-ce pas dualité?
Oui, l'ûme et le corps sont en nous deux inconciliables natures qui, c'est le cas de le dire, hurlent d'être accouplées pendant la vie, et que la mort rendra enfin à leurs destins respectifs.
Dualité, dualité, c'est bien décidément le mot de l'énigme humaine.
L'homme est double, — à la fois âme et corps.
138 LA PSYCHOLOGIE HIO-SOdALE.