‹ La cité mystique de DieuChapitre 41 sur 122 · TART. II, LIV, IV, CUAP. VI · texte numérisé non relu

TART. II, LIV, IV, CUAP. VI

et à sa très-sainte vie. Notre auguste Maîtresse expliquait tout, et ils discouraient sur ce qu'ils devraient faire quand arriverait le Jour si désiré où l'enfant naîtrait, où elle l'aurait dans ses bras, où elle le nourrirait de son lait virginal, et où entre tous les mortels le saint époux participeraitàce ijonheur souverain. C'était sur la mort et sur la passion, et sur ce qu'Isaïe et Jérémie en ont écrit (1), que notre trèsprudente Reine s'étendait le moins, parce qu'elle ne voulait point affliger son époux, qui était d'un caractère fort sensible, en lui en donnant une plus grande connaissance que celle qu'il pouvait avoir puisée dans les conférences auxquelles se livraient les anciens sur la venue du Messie et sur ce qui lui devait arriver. Elle voulait d'ailleure attendre que le Seigneur parlât à son serviteur, ou qu'il lui manifestât à elle-même sa sainte volonté.

430. Le très-Odèle et très-heureux époux s'entlamraait d'amour au milieu de ces doux entretiens, et, versant des larmes de joie, ir disait à sa divine épouse : « Est-il bien « possible, illustre Dame, que je voie mon Dieu et mon « Rédempteur entre vos très-chastes bras? Que je l'y adore? « Que j'entende sa douce voix? Que je le touche? Que « mes yeux voient sa divine face? Que je puisse consacrer « la sueur de mon front à son service et à son entretien? (( Qu'il demeure avec nous? Que nous mangions à sa « table? Que nous parlions et conversions avec lui? D'où u me viendra ce bonheur, que personne n'a jamais pu (1 mériter? Oh! combien je regrette d'être si pauvre! « Que n'ai-je de riches palais pour le recevoir, et beau- « coup de trésors à lui offrir! » Alors notre auguste Reine lui répondait : « Mon époux et mon maître, il est « juste que votre tendre sollicitude embrasse autant que

(1) Isa., un , etc.; Jerem., xi, 19,

« possible tout ce qui peut regarder le service de votre « Créateur; mais ce grand Dieu notre Seigneur ne veut « point venir au monde par la voie des richesses, d'une « pompe et d'une majesté temporelles : car il n'a besoin « d'aucune de ces choses-là (1), et ce n'est pas pour elles « qu'il descendra du ciel sur la terre. Il ne vient que pour « remédier aux désordres du inonde, et acheminer les « hommes dans les droits sentiers de la vie éternelle (2) ; « et cela se doit faire par le moyen de l'humilité et de « la pauvreté; il^ veut naître, vivre et mourir pour ban- X nir de leur cœur cet orgueil, ces convoitises grossières « qui s'opposent à leur félicité. C'est pourquoi il a choisi « notre humble et pauvre maison, et ne veut pas que « nous soyons riches des biens apparents, trompeurs et « passagers, qui ne sont que vanité et affliction d'es- « prit (3), qui appesantissent et obscurcissent l'entende- « ment, et l'empêchent de connaître et de découvrir la « véritable lumière. »

431 . Le saint priait souvent la bienheureuse Vierge de lui enseigner la nature et l'essence des vertus, surtout de lamour de Dieu, pour savoir comment il devait se comporter envers le Très-Haut fait chair, et pour n'être point rejeté comme serviteur inutile et incapable de le servir. La Reine et la Maîtresse des vertus condescendait à ces demandes, et détaillait à son époux leurs propriétés et la manière de les pratiquer dans toute la plénitude de la perfection. ISéanmoins elle se comportait dans ses instructions avec une discrétion si rare et une humilité si profonde, qu'elle ne paraissait point maîtresse de son époux, quoiqu'elle le fût do toutes les créatures : au contraire, elle les donnait en forme d'entretiens, ou en parlant avec

(1) Ps. XV, 2. — (2) Jonn.. T , 10. — (3) licclea., i, U.

PAHT. Il, MV. IV, CHAP. VI. 215

le Seigneur, et quelquefois en interrogeant elle-même le saint et en l'éclairant par ses questions. Ainsi elle mettail toujours à l'abri son incomparable humilité, sans qu'on eût pu trouver en notre très- prudente Souveraine la moindre apparence qui lui fut contraire. Quand le saint était forcé de se livrer au travail corporel , il l'accompagnait soit de ces entretiens , soit de la lecture des livres sacrés. La douce compassion que l'aimable Marie lui témoignait, avec une réserve admirable, de le voir se fatiguer au travail, eût suffi pour le soulager; néanmoins elle ajoutait à ce soulagement la doctrine céleste, que l'heureux époux écoulait avec une attention telle, qu'il travaillait plus par l'exercice des vertus que des mains. La pacifique colombe le soutenait de la sorte par cette divine nourriture, avec la prudence de la vierge la plus sage, en lui montrant les fruits salutaires qu'on peut tirer des occupations matérielles. Et comme elle se croyait indigne d'être entretenue par le labeur de son époux , elle ne cessait de s'humilier en considérant ce dont elle était redevable aux sueurs de saint Joseph, et qu'elle recevait comme une grande aumône et une pure faveur. Elle s'en croyait autant obligée que si elle eût été la plus inutile de toutes les créatures. Elle ne pouvait pas aider le saint dans les ouvrages de son métier, que ne comportait pas la faiblesse de son sexe, et encore moins la modestie et la dignité de notre divine Keine; mais elle le servait comme une simple servante en tout ce qui n'était point incompatible avec cette modestie, et il est certain que son trèshumble et très-noble cœur n'aurait pu s'empêcher de témoigner ainsi la i-econnaissance qu'elle croyait devoir à saint Joseph.

432. Entre plusieurs choses sensibles et miraculeuses que saint Joseph vit dans le temps qu'il demeura avec l'au-

guste Marie, il arriva un jour, pendant sa grossesse, qu'un grand nombre d'oiseaux de dillérentes espèces vinrent récréer la Reine et Maîtresse des créatures, et, voltigeant autour d^elle comme pour lui faire un chœur de musique, ils se mirent à chanter avec une admirable mélodie, comme ils avaient fait autrefois; et leurs chants étaient toujours miraculeux, aussi bien que leurs visites à notre divine Souveraine. Saint Joseph n'avait pas encore été témoin de cette merveille; et, en étant ravi d'admiration et de joie , il dit à sa très-sainte épouse : n Est-il « possible, illustre Dame, que les créatures irraisonnables « s'acquittent mieux de leurs obligations que moi? Il est « juste que si elles vous reconnaissent, vous servent et c(. vous honorent autant qu'elles le peuvent, vous me per- « mettiez de m'acquitter de ce que je vous dois en justice. » Mais la très-prudente Vierge lui répondit : « Mon époux et « mon maître, le Créateur de l'univers nous donne en ce tt que font ces petits oiseaux un motif efficace pour que « nous, qui le connaissons, nous nous cllbrcions d'em- « ployer dignement toutes nos forces et toutes nos puisce sauces à sa louange, à l'exemple de ces animaux qui Il viennent le reconnaître dans mon sein. Quant à moi, « Je ne suis qu'une simple créature; l'honneur ne m'est « point dû, il n'est donc pas juste que je le reçoive; mais « je dois lâcher de porter toutes les créatures à bénir le « Très-Haut de ce qu'il a regardé sa servante, et l'a en- « richic des trésors de sa divinité (l). »

■i'à'J. U arrivait souvent aussi que notre divine Souveraine et son saint époux se trouvassent dépourvus du nécessaire, parce qu'ils étaient très-généreux envers les pauvres, et qu'ils ne partageaient point les soucis des en-

(1) Lur., 1 , 48.

PART. Il, LIV. tV, CHAP. VI, 217

fanls du siècle, pour s'occuper d'avance de leui-s besoins avec les précautions et les inquiétudes d'une convoitise méfiante (1). Le Seigneur ne voulait point que la foi et la patience de sa bienheureuse Mère et de saint Joseph fussent oisives. L'auguste Marie trouvait d'ailleurs dans ce dénûment une consolation ineflable non-seulement par esprit de pauvreté, mais encore à cause de sa prodigieuse humilité, qui la portait à se croire indigne des aliments nécessaires à la vie. 11 lui semblait très-juste qu'elle seule en fût privée comme ne les méritant pas; et en faisant cette confession elle bénissait le Seigneur dans sa pauvreté, et se bornait à prier le Très-Haut de pourvoir aux besoins de son époux, qu'elle estimait seul digne de cette grâce, par sa sainteté et sa justice, et de lui donner le secours qu'il attendait de sa main libérale. Le Tout-Puissant n'oubliait pas ses pauvres dans leur détresse (2) : car en leur ménageant l'occasion d'augmenter leur mérite et de pratiquer les vertus, il leur accordait aussi leur nourriture au moment le plus opportun (3). C'est ce que sa divine Providence disposait par des voies différentes. Quelquefois elle inspirait à leurs voisins et à ceux qui les connaissaient la pensée de leur envoyer quelque honnête présent. Le plus souvent sainte Elisabeth leur faisait passer des provisions de sa maison; cai" après le séjour qu'y lit la Reine du ciel, la très-dévote cousine ne manqua jamais de les assister de temps en temps de quelques-uns de ses bienfaits, auxquels l'humble Marie répondait toujours en lui offrant des ouvrages de ses mains. Notre aimable Maîtresse usait aussi en certaines circonstances, si elle le jugeait convenable à la plus grande gloire du Seigneur, du pouvoir qu'elle avait sur toutes les créatures; ainsi elle

(1) Mattb., VI, 25. —(2) Ps. LXxiil, 22. — (3) Ibid , CXLIV, «6. T. III. 7

218 LA CITÉ MYSTIQnE.

ordonnait aux oiseaux de lui apporter des poissons ou des fruits, et ils lui obéissaient sur-le-champ; quelquefois même ils lui apportaient dans leur bec du pain qu'ils avaient pris à l'endroit désigné par le Très-Haut, et le bienheureux époux était maintes fois témoin de tout cela. 434. En d'autres circonstances, ils étaient aussi secourus d'une manière merveilleuse par le ministère des saints anges. Or, avant de raconter un des nombreux miracles qui arrivèrent par leur entremise à l'auguste Marie et à son époux, il faut admettre que la noblesse de cœur, la foi et la libéralité du saint étaient si grandes, que son âme ne put jamais être atteinte de la moindre apparence d'avarice ni de souci de l'avenir. Ainsi, bien qu'ils s'appUquassent tous deux au travail, ils ne demandaient jamais et ne voulaient même pas fixer le prix de leurs ouvrages; car les faisant non par intérêt, mais par obéissance, et pour exercer la charité envers ceux qui en avaient besoin, ils s'en rapportaient à eux pour la rénuméralion; et ce qu'ils en recevaient, ils l'acceptaient comme une aumône gratuite plutôt que comme le paiement d'un salaire. Telle était la sainteté et telle la perfection que saint Joseph apprenait à l'école du ciel, qu'il avait dans sa maison. Mais comme avec un pareil système il arrivait qu'on ne récompensait pas leur travail, ils étaient bien souvent réduits à un si grand dénûment, qu'ils n'avaient rien à manger à l'heure du repas, jusqu'à ce que Dieu y pourvut. Il advint donc un jour que l'heure ordinaire étant passée, ils se trouvèrent sans aucune nourriture; et pendant qu'ils prolongeaient très -tard leur oraison pour remercier le Seigncui*de celte affliction, en attendant qu'il ouvrit sa main toute-puissante (1), les saints anges leur préparèrent

(1) Ps. CXLIV, 17.

PAUT. Il, LtV. IV, CHAP. VI. 219

à manger, lenr couvrirent la table, et y mirent quelques fruits, du pain très -délicat et des poissons, outre une espèce de conserve d'un goût exquis et d'une vertu singulière. Bientôt ces esprits bienheureux appelèrent, les uns leur Reine, et les autres saint Joseph, qui, étant sortis de leur retraite, reconnurent le bienfait qu'ils recevaient du Ciel, et en rendirent, avec des larmes de joie et de ferveur, de vives actions de grâces au Très-Haut j puis ils mangèrent, et après le repas ils lui adressèrent de sublimes cantiques de louanges.

43S. L'auguste Marie et son époux étaient fort accoutumés à beaucoup d'autres merveilles de celte nature; car comme ils étaient seuls, sans qu'il y eût dans leur maison des témoins à qui il fallût les cacher, le Seigneur en était très-libéral envers eux, qu'il avait établis les dispensateurs du plus grand prodige que son puissant bras eût jamais opéré. 11 faut ici remarquer que, quand je dis que notre divine Souveraine entonnait des cantiques de louanges, soit seule, soit avec saint Joseph, soit avec les anges, on doit toujours entendre qu'ils étaient nouveaux, comme ceux que firent Anne mère de Samuel, Moïse, Èzéchias et plusieui-s autres prophètes (1), après avoir reçu quelque grand bienfait de la main du Seigneur. Et si l'on eût écrit ceux que composa la Reine du ciel, on aurait pu en faire un gros volume qui aurait jeté le monde dans une admiration extraordinaire.

(1) 1 Rcg., n, 1 ; Deut., xxxil, 1; Exod., xv, 2; Isa., xil, XXXVill, 10.

Instruction que me donna notre divine Maîtresse.

436. Ma bien-aimée fille, je veux que la science du Seigneur se renouvelle sans cesse en vous et qu'elle devienne éloquente dans votre bouche, afin que vous connaissiez et que vous fassiez connaître aux mortels les dangereuses illusions où les plonge l'amour du mensonge, et les jugements erronés qu'il leui- fait porter sur les choses temporelles et sensibles (1). Qui est-ce parmi les hommes qui échappe à l'universelle fascination d'une cupidité sans bornes (2) ? Ils placent communément leur confiance en l'or et en leurs biens temporels (3), et ils consacrent à les accroître tous les efforts dont sont capables les forces humaines, de sorte qu'ils usent dans un vain labeur la vie et le temps qui leur ont été donnés pour mériter la félicité et le repos éternels. Et ils s'enfoncent dans le labyrinthe de cette activité inquiète, comme s'ils ne connaissaient point Dieu ni sa divine Providence; parce qu'ils oublient de lui demander ce qu'ils désirent, et que même ils ne le souhaitent pas d'une manière qui les porte à le lui demander, et à l'attendre de sa main libérale. Ainsi ils perdent tout, parce qu'ils cherchent tout avec une fausse prévoyance dans le mensonge et dans les illusions où ils se flattent de trouver la réalisation de leurs désirs terrestres ('i). Cette cupidité aveugle est la racine de tous les maux (5); car pour la punir, le Seigneur, indigné d'une telle perversité, permet que les mortels s'abandonnent à la servitude honteuse de l'avarice, et que leur entendement s'y obscurcisse (6) , que leur volonté s'y endur-

(1) Ps. IV, 3. — (2) Sap., IV , 12. - (3) Baruch., m ,17,18.— (4)Pfl. XLVill, 7. — (5)ITim., VI, 10. —(6) Ps. XLViii, 13.

PART. Il, LIV. IV, CHAP. VII. 221

cisse de plus en plus. Puis, pour aggraver le châtiment , le Très-Haut détourne d'eux ses regards comme d'objets odieux, et leur refuse sa protection paternelle : dernier malheur qui puisse arriver dans la vie humaine !

437. 11 est vrai que personne ne peut se dérober à la vue du Seigneur (1); mais quand les transgresseurs et les ennemis de sa loi provoquent sa colère, il en éloigne de telle sorte ses regards favorables et les attentions de sa providence, qu'il les laisse tomber sous la tyrannie de leurs propres désirs (2). Dès lors ils n'éprouvent plus les effets de la sollicitude paternelle avec laquelle Dieu s'occupe de ceux qui mettent toute leur confiance en lui. Ceux qui la mettent en leur propre habileté et dans les trésors qu'ils palpent et qu'ils comptent, recueillent le fruit de ce qu'ils espéraient (3). Mais autant lôtre divin et son pouvoir infini sont distants de la bassesse et de l'impuissance des mortels, autant les effets de la cupidité humaine sont éloignés de ceux de la providence du Très-Haut , qui se constitue l'appui et le protecteur des humbles qui se confient en lui; car sa divine Majesté les regarde avec amour et les caresse, elle se plaît avec eux, elle les porte dans son sein, elle est attentive à tous leurs désirs et à toutes leui-s peines (4). Nous étions, mon saint époux Joseph et moi, fort pauvres, et nous nous trouvions souvent dans des nécessités pressantes; aucune néanmoins ne put introduire dans nos cœurs le poison de l'avarice et de la cupidité. Nous ne cherchions que la gloire du Très-Haut, nous abandonnant pour le reste aux soins de son très-fidèle amour. Et il se complut singulièrement dans cet abandon, comme vous venez de l'apprendre et de l'écrire, puisqu'il secourait notre pauvreté de tant de diverses manières,

(1) Ps. rxxxvai, 6, etc. — (2) Ibid., lxxx, il. —(3) Ibid., XLViil, 6. — (4) Ibid., XVII, 21 ; XXXII; xc, 15.

jusqu'à commander aux esprits angéliques qui forment sa cour, de pourvoir à nos besoins et de préparer nos repas.

438. Je ne veux pas dire par là que les hommes doivent se laisser aller à l'oisiveté et à la négligence; au contraire, il est juste qu'ils travaillent tous, et l'inaction est aussi un vice fort blâmable. Mais il faut éviter l'excès dans le repos comme dans les affaires : la créature ne doit pas mettre sa confiance en sa propre industrie (1), il ne faut pas que celle-ci étouile ni empêche l'amour divin (2); on doit se contenter du nécessaire (3), et être persuadé que la providence du Créateur ne manquera pas d'y pourvoir; que s'il tarde quelquefois d'envoyer son secours, on ne doit ni s'affliger ni se décourager (4). Celui qui est dans l'abondance ne doit pas non plus compter sur elle (o), et se livrer à l'oisiveté, oubliant qu'il est homme sujet à la peine du travail (6). Ainsi il faut attribuer à Dieu l'abondance aussi bien que la pauvreté (7), pour en user saintement et à la gloire du Créateur et Conservateur de l'univers. Si les hommes se conduisaient par cette science, l'assistance du Soigneur, qui est le Père véritable, ne manquerait à aucun, et la misère ne serait pas au pauvre ni la prospérité au riche une pierre d'achoppement et de scandale. Quant à vous, ma fille, je veux que vous mettiez cette doctrine en pratique ; et, bien qu'en vous l'enseignant je l'enseigne à tous, vous devez particulièrement l'inculquer à vos inférieures, afin qu'elles ne se troublent ni ne se découragent dans les privations qu'elles endureront, et qu'elles ne se livrent pas à des inquiétudes désordonnées pour leur nourriture et leur vèteuieiit (8),

(1) Ps. XLvm, 7. — (2) Luc, vin, 14. — (3) Prov., xxx, 8. — (4) Ecclca., II, It. — (5) Ibid., xxxi, 8. — (G) Job, v, 7. — (7) Ecclcs., XI, 14. —(8) Matlh., vi, 23.

PART. Il, LIV. IV, CHAP. VU. 223

mais, au contraire, qu'elles se confient dans le Très-Haut et s'abandonnent à sa providence; car si elles repondent à son amour, je les assure que ce dont elles auront besoin ne leur manquera jamais. Recommandez -leur aussi de s'entretenir toujours de choses saintes et célestes (1), qui soient à la louange et à la gloire du Seigneur, selon la doctrine de ses docteurs, de ses Écritures et des saints livres, de sorte que leur conversation soit dans le ciel (2) avec le Tout-Puissant, avec moi, qui suis leur Mère et leur Supérieure, et avec les esprits angéliques, qu'elles doivent imiter en l'amour.

Page 1