‹ La cité mystique de DieuChapitre 49 sur 122 · PART. M, LIV. IV, CHAP. X · texte numérisé non relu

PART. M, LIV. IV, CHAP. X

tait pas nécessaire pour qu'on pût appeler la Reine du ciel Mère véritable, et Notre-Seigneur Jésus-Christ son propre Fils, et qu'on pût dire qu'il est né d'elle. En effet, ces suites du péché ou ces opérations de la nature n'étaient essentielles ni à la réalité de l'incarnation humaine de l'Enl'ant-Dieu, ni à son office de Rédempteur et de Maître, et tout ce que n'exigeait pas l'accomplissement de ces trois fins, et dont d'ailleurs l'exemption devait contribuer à la plus grande excellence de Jésus-Christ et de sa très-pure Mère, il ne faut l'admettre ni pour l'un ni pour l'autre. Quant aux miracles qui furent nécessaires pour cela, il n'y a pas lieu de les marchander, ni avec l'auteur de la nature et de la grâce, ni avec celle qui fut sa digne Mère, prévenue, ornée et toujours comblée de ses faveurs; caria droite du Tout -Puissant n'a cessé de l'enrichir en tout temps de grâces et de dons, et a mis en elle tout ce qu'une simple créature était capable de recevoir.

479. En conséquence, il ne dérogeait point à la qualité de mère véritable, que Marie, demeurant toujours vierge, fût vierge en concevant etenfantantpar l'opération du Saint- Esprit. Sans doute la nature eût pu perdre ce privilège sans lui faire commettre aucun péché; mais en ce cas la divine Mère eût été privée de la plus rare et de la plus insigne excellence; or, pour qu'il n'en fût point ainsi, pour que rien ne lui manquât, le pouvoir de son très-saint Fils lui accorda encore cette grâce exceptionnelle. L'Enfant- Dieu eût pu naître aussi avec cette tunique ou membrane qui enveloppe les autres enfants; mais cela n'était point nécessaire pour qu'il naquît comme fils de sa mère légitime; et c'est pourquoi il ne l'emporta point en sortant du sein virginal et maternel. Cet enfantement ne paya pas non plus à la nature les autres tributs humiliants auxquels est assujetti cejui de toutes les mères dans l'ordre com-

mun de la naissance. 11 n'était pas juste que le Verbe fait chair passât par les lois ordinaires des enfants d'Adam : au contraire, il devait résulter du mode miraculeux de sa naissance, qu'il fût privilégié et exempt de tout ce qui eût pu être matière de corruption ou d'une moindre pureté; ainsi il ne fallait-point que cette membrane ou secondine qui avait si intimement adhéré à son très-saint corps, et qui était une partie du sang et de la substance de sa mère, pût se corrompre hors du sein virginal ; il n'était point non plus convenable de la gai'der, ni qu'elle fût douée des qualités et des privilèges que cet adorable corps reçut, pour sortir de celui de sa très-pure Mère, en traversant son très-chaste sein, coaime je le dirai bientôt. Car le miracle dont aurait dû être l'objet cette membrane sacrée, si elle fût sortie de ce tabernacle vivant, pouvait bien mieux y être opéré en y restant , sans en sortir.

480. L'Enfant-Dieu naquit donc de la très-pure Mai'ie exempt de tous ces tributs. 11 en sortit glorieux et transfiguré ; cai' la Sagesse infinie disposa et ordonna que la gloire de l'âme Ircs-sainte rejaillît sur le corps du divin Enfant au moment de sa naissance, et qu'il participât des dons de gloire comme il arriva depuis sur le Thabor, en présence des trois apôtres (1). Ce prodige ne fut pourtant pas nécessaire pour traverser le très-clidste sein de la Mère, tout en le laissant intact dans son intégrité virginale; car Dieu eût pu, sans ces dons, opérer d'autres miracles, par lesquels l'enfant serait né en laissant sa mère toujours vierge, ainsi que le disent les saints docteurs, qui ne découvrirent point d'autre mystère dans celle nativité. Mais la volonté divine ordonna que la bienheureuse Mère vil la première fois son Fils, Homme-Dieu, glo-

(l)Matlh.,xvii,2.

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rieux en son corps; et cela pour deux fins. L'une, pour qu'à la vue de cet objet divin, la très-prudente Vierge comprît avec quel profond respect elle devait traiter son Fils, Dieu et homme véritable; quoiqu'elle en eût déjà été instruite , le Seigneur voulut lui procurer par ce moyen, en quelque sorte expérimental, une nouvelle infusion de grâces, proportionnée à la connaissance qu'elle acquérait par ses propres yeux de l'excellence divine de son très-doux Fils, de sa majesté et de ses grandeurs. L'autre fin de ce prodige fut de récompenser la fidélité et la sainteté de l'auguste Mère, de sorte que ses yeux trèspurs et très-chastes, qui s'étaient fermés à tout ce qui était terrestre pour l'amour de son très-saint Fils, le vissent à l'instant même de sa naissance avec une si grande gloire, et obtinssent avec cette joie le prix de leur inviolable pureté,

481, L'évangéliste saint Luc rapporte (1) que la Mère Vierge, ayant enfanté son Fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche. 11 ne déclare point qui le lui mit entre les mains, récemment sorti de son sein virginal, parce que cela n'entrait point dans le plan de son récit. Mais les deux princes saint Michel et saint Gabriel furent chargés de cette mission; car comme ils assistaient au mystère sous une forme humaine et corporelle, à l'instant où le Verbe incarné, traversant par sa propre vertu le très-chaste sein de Marie, vint au monde, ils le reçurent entre leurs mains, à une distance convenable, et avec une vénération sans égale; et en la manière que le prêtre expose l'hostie sacrée aux adorations du peuple, ces deux ministres célestes présentèrent aux yeux de la bienheureuse Mère son Fils glorieux et resplendissant.

(i) Luc, II, 7.

Tout cela ne dura que quelques instants. Or au moment où les saints anges présentèrent l' Enfant-Dieu à sa Mère, le Fils et la Mère se regardèrent réciproquement, et dans ce regard elle blessa le cœur du très-doux Enfant, etfuten même temps ravie et transformée en lui(l). Et se trouvant entre les mains des deux princes célestes, le Roi de l'univers dit à sa divine Mère : « Ma Mère, devenez semblable « à moi; car je veux , en échange de l'être humain que « vous m'avez donné, vous en donner dès aujourd'hui, « par des grâces plus sublimes, un autre tout nouveau, « qui fasse, par une parfaite imitation , ressembler une « simple créature à moi qui suis Dieu et homme. » La très-prudente Mère répondit : Traheme post te, airremus in odorem unguentonim tuontm (2) : « Attirez-moi, Seigneur, et nous courrons après vous à l'odeur de vos paffums. » Ici furent accomplis plusieurs mystères des Cantiques ; et l'Enfant-Dieu et sa Mère Vierge se livrèrent aux autres divins colloques qui y sont rapportés, tels que ceux-ci : Mon bien- aimé est tout à moi, et je suis tout à lui, et ses regards se tournent vers moi. Vous êtes belle, ma bien-aimée, vos yeux sojit des yeux de colombe ; mon bienaimé, c'est vous qui êtes beau (3) ! Et tant d'autres, que, pour les citer, il faudrait étendre ce chapitre au delà des justes bornes.

482. En même temps que l'auguste Marie entendait ces paroles de la bouche de son bien-aimé Fils, les actes intérieurs de son âme très-sainte unie à la Divinité lui furent découverts, afin qu'elle devînt semblable à lui en les imitant. Ce fut là le plus grand bienfait que la très-fidèle et très-heureuse Mère reçut de son Fils homme et Dieu véritable; non-seulement parce qu'il le lui continua

(1) Cant., VII, iO; iv, ft. — (2) MiV/., i . .^. — (3)/6jrf., il, 1«, vu, I0;i,14cti5.

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dès ce jour jusqu'à la fin de sa vie, mais parce qu'il lui servit d'un exemplaire vivant sur lequel elle modela la sienne avec toute la ressemblance qui était possible entre une simple créature et le Verbe incarné. Aussitôt notre divine Souveraine reconnut et sentit la présence de la ti-ès-sainte Trinité, et elle ouït la voix du Père éternel , qui disait : Celui-ci est mon Fils hien-aimé en qui je me plais uniquement (1). Et la très-prudente Marie, toute divinisée par des mystères si sublimes, répondit: «Père éternel, « Dieu infini, Seigneur et Créature de l'univers, donnez- « moi de nouveau votre bénédiction, afin qu'avec elle je « reçoive entre mes bras le Désiré de toutes les nations (2); « et apprenez à lu lidèle esclave de votre divine volonté à « s'acquitter malgré son indignité de l'office de mère. » A l'instant elle entendit une voix qui lui disait : « Rece- « vez votre Fils unique, imitez-le et allaitez-le; et sachez « que vous devez me le sacrifier quand je vous le deman- « derai. Nourrissez-le comme mère, et honorez-le comme « votre Dieu véritable. » L'auguste Mère répondit : « Voici « l'ouvrage de vos divines mains, ornez-moi de votie « grâce, afin que votre Fils et mon Dieu m'agrée pour « sa servante ; que , fortifiée par votre grand pouvoir , « j'aie le bonheur de lui rendre mon service agréable, « et que je ne commette point une témérité, si, humble « créature, je porte entre mes mains et je nourris de « mon propre lait mon Seigneur et mon Créateur. »

483. Après ces entretiens si remplis de mystères célestes, l'Enfant-Dieu suspendit le miracle, ou plutôt continua de nouveau celui qui ôtait à son très-saint corps les dons de gloire, en les arrêtant dans son âme; de sorte qu'il se montra tout à coup en son être naturel et passible. Sa

(1) Malth , XVII , 5. — (2) Agge., ri , 8.

très-pure Mère le vitdans cet état, et l'adorant en l'humble posture où elle était avec une très-profonde révérence, elle le reçut des mains des saints anges. Et quand elle l'eut entre les siennes, elle lui dit : a Mon très-doux amour, « lumière de mes yeux, être de mon àme ! soyez le bien- « venu dans ce monde, Soleil de justice (1), pour bannir tt les ténèbres du péché et de la mort (2). Dieu véritable a de Dieu véritable, rachetez vos serviteurs (3), et faites « que toute chair voie Celui qui lui apporte le salut (4). « Acceptez votre servante à votre service, et suppléez à « mon insuffisance. Rendez-moi, mon très-cher Fils, telle « que vous voulez que je sois envers vous. » Ensuite la très-prudente Mère offrit son Fils unique au Père éternel, et lui dit : « Suprême Créateur de l'univers, voici l'autel, « et voici le sacrifice agréable à vos yeux (5). Regardez « maintenant le genre humain avec miséricorde; et quoi- « que nous méritions votre indignation , il est temps de « l'apaiser en vue de votre Fils et du mien. Que désormais « la justice se repose, et que votre miséricorde se magnifie; « puisque c'est pour cela que le Verbe divin s'est revêtu « de la ressemblance de la chair du péché (6), et qu'il est « devenu frère des mortels et des pécheurs (7) . A ce titre « je les reconnais pour mes enfants (8) , et je prie pour « eux du plus profond de mon cœur. Vous m'avez faite, « Seigneur tout-puissant. Mère de voti-e Fils unique, sans « que je l'aie mérité, car cette dignité est au-dessus de « tous les mérites des créatures; mais je dois en partie « aux hommes l'occasion qu'ils ont donnée à mon bonce heur incomparable, puisque c'est pour eux que je suis « Mère du Verbe fait homme passible, et Rédempteur de

(1) Maiach., iv, 2. — (2) Isa,, ix , 2. - (3) Ps. xxxill, 22. — (4) Isa., XL, S ; LU , 10. — (5) Maiach., ui , 4. — (6) Rom., vill , ;t. -(7) PhU., II, 7. — (8)Cant., viu

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a tous. Je ne leur refuserai ni mon amour, ni mes soins « pour leur procurer le salut. Agréez, Dieu éternel, mes « désirs et mes prières pour tout ce qui regarde votre bon « plaisir et votre sainte volonté. »

484. La Mère de miséricorde s'adressa aussi à tous les mortels en ces termes : « Que les affligés se consolent, que « ceux qui sont tombés se relèvent , que les craintifs se « rassurent, que les morts ressuscitent, que les justes et « les saints se réjouissent, que les esprits célestes goûtent « une nouvelle joie, que les prophètes et les patriarches « des limbes se raniment, et que toutes les générations « louent et glorifient le Seigneur qui a renouvelé ses « merveilles. Venez, pauvres, venez; approchez -vous, « petits, sans crainte, car j'ai dans mes bras Celui qui « s'appelle Lion changé en un doux Agneau , le puissant « devenu faible, et l'invincible vaincu. Venez à la vie, « cherchez votre remède, approchez-vous du repos éter- « nel, puisque je le tiens pour tous; il se donnera gra- « tuitement à vous, et je le communiquerai sans envie. « 0 enfants des hommes, hàtez-vous, n'ayez point le cœur « appesanti ! Et vous, le doux lien de mon âme, permettez « que je vous demande ce baiser désiré de toutes les créa- « tures (1). » A l'instant la bienheureuse Mère fit de sa divine et très-chaste bouche de tendres et amoureuses caresses àrEnfant-Dieu, qui les attendait comme son fils véritable. Et le gardant dans ses bras, elle servit d'autel et de sanctuaire où les dix mille anges adorèrent sous la forme humaine leurCréateur fait homme. Or, comme la très-sainte Trinité assistait d'une manière spéciale à la naissance du Verbe incarné, le ciel se trouva en quelque sorte privé de

(1) lsa.,LXl, 1-3; IX, 2; XXI, 8; XVI, 1 ; LV, 1. Matth,, XI, 5. Ps. xcv, H ; Lxxi, 17; IV, 3. Eccli.,xxxvi, 6. Luc, iv, 18. Sap., VII, 13. Gant., i, 1.

ses habitants, parce que tous les citoyens de cette cité invisible se rendirent en l'heureuse grotte de Bethléem, pour y adorer leur Créateur sous son costume étranger et nouveau (l). Et les saints anges entonnèrent à sa louange ce cantique jusqu'alors inouï : Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibiis bonœ volu7itatis (2) ; et ils le redirent avec une très-douce et très-agréable harmonie , ravis des nouvelles merveilles qu'ils voyaient se réaliser, et de la prudence, de la grâce, de l'humilité et de la beauté extraordinaires d'une jeune fille de quinze ans, digne dépositaire et dispensatrice de tant de sublimes mystères.

485. 11 était temps que notre très-prudente Souveraine appelât son très-fidèle époux Joseph, qui était, ainsi que je l'ai dit, plongé dans une extase divine où lui furent révélés tous les mystères de l'enfantement sacré qui furent célébrés en cette nuit. En effet, il était convenable qu'il vît et touchât par les sens corporels le Verbe fait chair, qu'il lui offrît son culte et ses adorations plus tôt qu'aucun autre des mortels, puisqu'il était le seul choisi entre tous pour être le dispensateur fidèle d'un mystère si sublime. Il sortit de celte extase sur un acte de la volonté de sa divine épouse; et, revenu à lui-même, le premier objet qu'il aperçut, ce fut l' Enfant-Dieu dans les bras de sa Mère Vierge appuyé sur son sein et sur son visage sacrés. C'est là qu'il l'adora avec la plus profonde humilité, ému jusqu'aux larmes. Il lui baisa les pieds avec une nouvelle joie et avec une admiration telle, qu'elle lui eût arraché la vie si une vertu céleste ne la lui eût conservée; il eût au moins perdu l'usage de ses sens, si Dieu n'eût voulu qu'il pût s'en servir dans celte occasion. Apres que sainlJoseph eut adoré l'Enfant, la très-prudente Mère demanda à son

(1) Philip., II , 1. —(2) Luc, II, 14.

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Fils la permission de s'asseoir (car elle était restée jusqu'alors à genoux); et le saint lui donnant les langes qu'ils avaient apportés, elle l'en enveloppa (i) avec une vénération , une dévotion et une sollicitude incomparables. Lorsqu'il fut ainsi emmaillotté, la bienheureuse Vierge, avec une sagesse divine, le coucha dans la crèche, comme le dit l'évangéliste saint Luc, en mettant un peu de paille et de foin sur une pierre, pour placer plus commodément le Verbe incarné dans le premier lit qu'il eut sur la terre hors des bras de sa Mère. Bientôt un bœuf accourut (par la volonté divine) en toute hâte des champs voisins; il entra dans la grotte et se joignit au petit âne qui avait porté notre auguste Reine. Et elle leur commanda d'adorer et de reconnaître leur Créateur avec le respect que pouvaient témoigner des êtres irraisonnables. Les humbles animaux obéirent au commandement de leur Maîtresse ; ils se prosternèrent devant l'Enfant; ils le réchauffèrent de leur haleine, et lui rendirent le service que les hommes lui avaient refusé. Ainsi Dieu fait homme fut enveloppé de langes et couché dans la crèche entre deux animaux ; c'est alors que fut accomplie miraculeusement la prophétie conçue en ces termes : Le bœuf connut Celui à qui il appartenait , et l'àne la crèche de son Maître ; mais Israël ne le connut point, et son peuple était saiis intelligence (2).

histniction que je reçus de la bienheureuse Vierge.

486. Ma fille, si les mortels avaient le cœur dégagé et le jugement sain pour considérer dignement ce grand mys-

(1) Luc, II, 7. — (2) Isa., I, 3.

tère de piété que le Très-Haut a opéré en leur faveur, le souvenir qu'ils en auraient suffirait pour les faire entrer dans le chemin de la vie et les porter à l'amour de leur Créateur et de leur Rédempteur. Car si les hommes, qui sont capables de raison , en usaient avec la dignité et la liberté convenables, qui d'entre eux serait assez insensible et assez endurci pour ne pas s'attendrir à la vue de son Dieu fait homme et humilié au point de naître pauvre , méprisé, inconnu, dans une crèche, entre des bêtes brutes, sans autre secours bumain que celui d'une Mère pauvre, et rebuté par la folie et l'arrogance du monde? Avec la connaissance d'une si haute sagesse et d'un mystère si sublime, qui pousserait la témérité jusqu'à aimer la vanité et jusqu'à se Uvrer à l'orgueil, que le Créateur du ciel et de la terre abhorre et condamne par son exemple? On ne pourrait non plus avoir horreur de l'humilité, de la pauvreté, du dénûment, que le Seigneur lui-même a aimés et choisis afin d'enseigner le véritable moyen d'acquérir la vie éternelle. 11 y en a fort peu qui s'arrêtent à méditer cette vérité et cet exemple; et à cause d'une si noire ingratitude, il y en a également peu qui obtiennent le fruit des mystères les plus augustes.

487. Mais si mon très-saint Fils s'est montré si bon et si libéral envers vous en vous éclairant de la connaissance de tant de faveurs admirables qu'il a accordées au genre humain, vous devez, ma très-chère fille, bien considérer vos obligations, et peser comment et combien vous devez agir par la lumière que vous recevez. Or, pour vous faire correspondre à ce devoir, je vous exhorte de nouveau à oublier tout ce qui est terrestre, à le perdre de vue , à ne désirer et à n'accepter du monde que ce qui peut vous en éloigner et vous cacher à ses habitants; afin qu'ayant le cœur libre cl débarrassé de toutes les alfcctions terrestres , vous vous

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