PART. 11, LIV. IV, CHAP. XX
lir dans les petites occasions, il vous perdrait dans les grandes. Confiez-vous donc , ma fille , en la protection du Très-Haut, et dans le soin que je prends de tout ce qui vous concerne. Pleine de cette foi, quand la tribulation vous visitera, répondez avec courage: « Le Seigneur est « ma lumière et mon salut, qui est-ce que je craindrai? Il « est mon défenseur, comment serai-je ébranlée (l)?J*ai « une Mère, une Maîtresse et une Reine qui me protégera « et veillera sur moi dans mon affliction. »
603. Tâchez par cette assurance de conserver la paix intérieure, et de ne me perdre point de vue, afin que vous imitiez mes œuvres et que vous suiviez mes traces. Pensez à la douleur dont les prophéties de Siméon me percèrent le cœur, et voyez quel calme je sus garder dans cette peine, sans me laisser ni agiter ni ébranler, quoique mon âme fût déchirée par le glaive. Tout ne me portait' qu'à glorifier et qu'à révérer la sagesse admirable du Très- Haut. Si elle acceptait les peines passagères avec un cœur joyeux et tranquille , la créature serait spirilualisée et élevée à une science divine, de sorte qu'elle ferait la plus grande estime des souffrances, et que bientôt elle trouverait la consolation et recueillerait le fruit du désenchantement et de la mortification des passions. Cette science s'apprend à l'école du Rédempteur, qui est cachée aux habitants de Babylone et aux partisans de la vanité (2). Je veux aussi que vous m'imitiez en la vénération que j'avais pour les prêtres et les ministres du Seigneur; car leur excellence et leur dignité sont bien plus grandes maintenant que le Verbe s'est uni à la nature humaine , et s'est fait Prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech (3). Écoutez leur doctrine et leurs instructions, comme émanant
(1) Ps. XXVI , 1. — (2) Matth., XI , 23. — (3) Ps. ai, 4.
de la Majesté divine, dont ils tiennent la place. Considérez quel pouvoir et quelle autorité elle leur donne dans l'Évangile en disant : Celui qui vous écoute, m'écoute ; et celui qui vous méprise, me méprise (1). Pratiquez ce qui est le plus saint, suivant qu'ils vous l'enseigneront; occupez -vous continuellement à méditer ce que mon très - saint Fils a souffert , et faites - le de telle sorte que vous preniez part à ses douleurs, que vous ayez de l'aversion et du dégoût pour les consolations terrestres, et que vous oubliiez tout ce qui est visible pour suivre l'auteur de la vie éternelle (2).