‹ La cité mystique de DieuChapitre 79 sur 122 · PART. II, LIV. IV, CHAP, XX · texte numérisé non relu

PART. II, LIV. IV, CHAP, XX

divine Mère répondit : « 0 mon très -doux amour et Fils « de mes entrailles, si je pouvais partager votre sort au- « trement qu'en vous assistant de ma présence et de ma « compassion, et en subissant la mort avec vous, je serais « bien plus consolée ; car ma plus grande douleur sera « de vivre lorsque je vous verrai mourir. » Notre auguste Souveraine consacra plusieurs jours à ces saints exercices et à ces amoureux et tendres épanchements , jusqu'à ce que saint Joseph fut inspiré de fuir en Egypte, comme je .le dirai dans le chapitre suivant.

Instruction que me donna la trés-saiiite Vierge.

603. Ma fille, nous trouvez dans ce que vous venez d'écrire la leçon et l'exemple de la constance et de la générosité que vous devez tâcher d'avoir, toujours disposée à accepter avec égalité d'âme la prospérité et l'adversité , la douceur et l'amertume. 0 ma très-chère fille, que le cœur humain est faible et lâche pour supporter ce qui est pénible et contraire à ses inclinations terrestres! Comme il regimbe contre les afflictions ! X\ec quelle impatience il les reçoit ! Combien lui paraît intolérable tout ce qui s'oppose à ses goûts! Et comme il oublie que son Maître et son Seigneur a été le premier à souffrir, et qu'il a honoré et sanctifié en lui-même la souffrance (1) ! Qu'il est honteux et en même temps qu'il est téméraire pour les fidèles de l'abhorrer ainsi , après ce que mon très-saint Fils a enduré pour eux , puisqu'il y a eu plusieurs saints qui ont embrassé la croix avant qu'il y mourût, dans la seule vue

(i) IPctr., n, 21.

de ce que le Christ y devait souffrir, quoiqu'ils ne le vissent pas encore. Or, si ce défaut de conformité avec mon adorable Fils est si blâmable en tous les hommes , considérez, mabien-aimée, combien il le serait davantage en vous, qui témoignez tant d'ardeur pour acquérir l'amitié et la grâce du Très-Haut, pour mériter le titre de son épouse et de sa favorite, et pour être tout à lui comme lui tout à vous, et qui désirez aussi très-vivement d'être ma disciple , de m' avoir pour votre maîtresse , de me suivre et de m'imiter en fille fidèle. Vous ne devez pas faire consis-* ter tout cela en de simples aflections, ni répéter sans cesse : Seigneur, Seigneur (1); puis vous désoler et vous plaindre lorsqu'il faudra goûter le calice, porter la croix et passer par les afflictions où est éprouvée la sincérité d'un cœur épris d'amour.

60-i. Ce serait désavouer par les œuvres ce que vous protestez de faire par vos promesses, et sortir du chemin de la vie éternelle ; car vous ne sauriez suivre Jésus-Christ sans embrasser la croix (2), et sans vous y plaire ; vous ne me trouverez pas non plus par une autre voie. Si les créatures vous abandonnent, si la tentation vous menace, si la Iribulation vous accable et si les douleurs de la mort vous environnent (3), il n'y a pas là de quoi vous troubler ni vous abattre, et vous nous offenseriez grièvement , mon très-saint Fils et moi, si vous ne vous serviez point de sa puissante grâce pour vous défendre , et si vous la déshonoriez et la receviez en vain (i). En outre, vous donneriez lieu au démon de remporter sur vous un grand triomphe; car il se glorifierait beaucoup d'avoir troublé ou vaincu celle qu'il regarde comme la disciple de mon Seigneur Jésus-Christ et la mienne ; et si vous commenciez à défail-

(1) Mallh.,vn,21.— (2) Mnrc, vin, 34. — (3)l»s. xvii,5. — (4) Il Cor., VI, 1.

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