‹ La Civilisation au cinquième siècleChapitre 18 sur 25 · EN ITALIE · texte numérisé non relu

EN ITALIE

Documents inédits : De Ganymede et Ilelena. — De Dœdalo et Icaro. — Verba (Edipi. — Carmen de Joseph patriarcha. — Ex Vita sancti Donati. — Ex Statidis reipublicœ Florentinœ.

En traitant des écoles italiennes aux temps barbares, je ne me propose point d'épuiser une question si féconde : je tente seulement de résumer les faits connus, de mettre en œuvre plusieurs indices négligés, d'utiliser enfin un petit nombre de témoignages inédits, trop incomplets pour paraître sans le secours d'une courte dissertation qui les lie et les explique. Peut-être celte étude jettera-t-elle quelque lumière sur l'époque obscure où j'ai glané; et le peu de documents que je publie ensuite ne sera pas sans valeur, s'il y faut reconnaître les preuves d'une éducation de plusieurs siècles, qui

Ce qu'on se

propose

dans

ce travail.

arracha l'Italie à la barbarie, et la rendit capable de toutes les merveilles du moyen âge.

Tous les historiens conviennent que l'école ne finit point avec l'empire, et que la politique réparatrice de Théodoric mit sa gloire à sauver les études, comme à relever les cités. Au temps de Gassiodore, le trésor public dotait les chaires des grammairiens, des rhéteurs, des jurisconsultes que la jeunesse romaine entourait encore de ses applaudissements. Mais après la sanglante décadence qui mit fin à la domination des Goths, quand Rome prise et reprise eut essuyé les horreurs de quatre assauts, et qu'enfin parurent les Lombards, selon l'expression d'un contemporain, « comme un « glaive tiré du fourreau pour faucher les restes « du genre humain, » c'est alors, et dans le désordre des siècles suivants, que l'enseignement semble se taire, et toute science périr. En 680, les Pères du concile de Latran confessent « que nul d'entre « eux ne s'honore d'exceller dans l'éloquence pro- « fane : car la fureur de plusieurs peuples a désolé « ces provinces; et les serviteurs de Dieu, réduits « à vivre du travail de leurs mains, mènent des « jours remplis d'angoisses. » En même temps le pape Agathon déclare qu'on « ne trouve point à « Rome la science complète des Ecritures. » Pendant les cinq cents ans écoulés de saint Grégoire le Grand à Grégoire Vil, Muratori et Tiraboschi, ces deux critiques excellents, suivent à peine la trace

des écoles dans le petit nombre de textes qui s'y rapportent; et tout récemment M. Giesebrecht, en établissant la perpétuité des études laïques en Italie, cherche à prouver aussi l'impuissance de renseignement ecclésiastique (1). C'est au milieu de ces obscurités qu'il faut pénétrer, en examinant d'abord ce qui resta des écoles romaines; secondement, quelles institutions vinrent s'y ajouter par la sollicitude de l'Église; enfin, quelle mesure d'instruction se trouvait répandue, non parmi le clergé seulement, mais jusqu'aux derniers rangs du peuple, quand le génie italien éclata dans les chants de Dante et dans les fresques de Giotto.

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