DES SUPERSTITIONS ET DES PRATIQUES PAÏENNES RÉPANDUES CHEZ LES FRANCS
Dressé au concile de Leplines, 743 (1).
A la suite du capitulaire de Carloman, portant publication du concile de Leptines, on lit le document qui suit, et dans lequel il faut reconnaître un certain nombre de rubriques, répondant sans doute à autant de chapitres perdus, où Ton avait traité des superstitions contemporaines. Ce fragment si court n'en est pas moins un des monuments les plus instructifs du paganisme germanique. On y voit des temples encore debout, des idoles avec leurs prêtres et leurs prêtresses, plusieurs sortes d'augures et de sacrifices, des processions en Thonneur des anciens dieux, des fêtes célébrées sur les tombeaux, enfin les mêmes institutions, les mêmes pompes que chez les peuples les plus polis de Tantiquité. Si cependant les fêles de Wodan et de Thor ont perdu de leur splendeur, si les simulacres, par exemple, ne sont plus que des mannequins en haillons, il faut se souvenir qu'on est au milieu du huitième siècle, et qu'il y a plus de deux cents ans que Chiidebert et Clotaire ont ordonné la destruction de tout ce qui rappelait Tancienne idolâtrie.
• 1. Du sacrilège qui se commet auprès des sépultures. — 2. Du sacrilège qui se commet à Toccasion des morts, c'est-à-dire des complaintes funèbres qu'on appelle dadsisas(i). — 3. Des pra-
(!) Indiculus superstitionum et paganiarum ad concilium Liptinense.
(2) « De sacrUegio super defunctos, id est dadsisas. » M. Grimm propose de donner à ce mot le sens de chants funèbres.