‹ La civilisation au cinquième siècle: Introduction à une histoire de la civilisation aux temps (volume 3)Chapitre 11 sur 16 · HOTES · texte numérisé non relu

HOTES

avec soin : alors ils aperçurent de loi" '^'^^^' "" *' ^^^ *^T . . , . ». 1 .... — 5. Des sacrilèges qui

arrivèrent jusqu a une place qui etr ^ 'i

. j. . 1 . r . . Des sacrifices qu'on fait

pavée d or et de pierres precieu' ^

maison, qui leur parut tour ^^^^*- " '' »^ «"^^^^^^ croyable beauté, et ils y ' • *>« culte rendu à Mercure ou a

deur. Alors celui qui '-'^ '^'''"^ ^ ^^^'^^'"^ ^^' '^^^^- " « palais et la deme* ./i?«t«res.- 11. Des fontaines où 1 on sai promis de lui ^.^b^'^^^^^^'' - *5. Des augures qu'on lire j» «..1 «or ,Ai'»a"x, du fumier des bœufs, ou de rélernud un lei spe*^ •.-" . • •« «v # . ■»

' L devins ou sorciers. — 15. Du feu sacre quon « meurer -.z^" , i^ . ,

A' r '^ ,/tiiit deux morceaux de bois, et quon nomme

• ^. ../''V De la cervelle des animaux. — 17. Des superstifi é*^^'^n^ attachées au foyer des maisons, et au commence- ^j^^iielque ouvrage. — 18, Des lieux sans maîtres qu'on ^rt>fl"MO sacrés. — 19. D'une prière que les gens de bonne *^ilcnt prière de Sainte-Marie. — 20. Des fêtes célébrées /•/looneur de Jupiter ou de Mercure. — 21. De Téclipse de I0e, ou Ton crie Yince luna. — 22. Des tempêtes, des cornes ^ des limaçons. — 23. Des sillons tracés autour des domaines (2). ^ S4. De la procession païenne qu'on nomme yrias^ et qui se fait avec des habits et des chaussures déchirés. — 25. De Tusage où Ton est de considérer tous les morts comme autant de saints. -*26. Du simulacre poudré de farine (5). — 27. Des simulacres qu'on fait avec des haillons. — 28. Du simulacre qu'on porte dans les champs. — 29. Des pieds et des mains do bois dont on se sert, à la manière des païens. — 50. De l'opinion où l'on est que certaines femmes commandent à la lune, et qu^elles peuvent arracher le cœur des hommes, ce qui est la croyance des idolâtres. »

(i) • Do sacris Mercurii vel Jovis, » C'est la traduction latine des noms deWodoiictaiiTlKu-.

(2) C'est probalilem.'nt le sillon qui servait à consacrer rh^ritagc.

(3) Je crois ivconnaître lo simulacre de Thiver, qu'on précipitait dans le Rhin au retour du printemps.

LEWRE DE PÉTRARQUE.

i.Ë CULTE DU KUa A COLOGNE AU QUINZIÈME SIÈCLE (i).

a Je venais de quitter Âix-la-Cbapelle, mais non sans m* être baigné dans les eaux qui passent pour avoir donné leur nom à cette ville, et qui sont lièdes comme celles de Baîa. Cologne me reçut dans ses murs, assise sur la rive gauche du Rhin, cité fameuse par sa situation, par son fleuve et par son peuple. C'est men^eille, sur une terre barbare, de trouver tant de civilisation, une ville si magnifique, chez les hommes tant de gravité, tant d'élégance chez les femmes! Il se trouva que j'arrivais la vigile de Saint-Jean-Baptiste, et déjà le soleil penchait vers son coucher. Aussitôt mes amis (car là aussi j'avais des amis que la renommée m'avait faits avant le mérite) m'emmenèrent, du lieu où j'étais descendu, au bord du fleuve, où ils me promettaient un curieux spectacle. On ne m'avait point trompé, car toute la rive était «ouverte de plusieurs rangs de femmes, troupe innombrable et charmante. Je demeurai comme ébloui. Grands dieux! quelle beauté, quels visages, quelles parures! Il y avait de quoi éprendre quiconque eût apporté un cœur libre d'amour. Je m'étais arrêté sur un point un peu élevé, d'où je pouvais considérer ce qui se passait. La foule était plus grande qu'on ne peut croire, et cependant sans désordre : toutes s'empressaient à l'envi, et beaucoup, le front couronné d'herbes odorantes, les manches retroussées derrière le coude, baignaient dans le courant leurs

(i) F. Petrarcha, de Bebus familiaribus episiolx, lib. 1, ep. 4. Je n'ai pu m'^empécherde citer cette charmanic lettre de Pétrarque, encore qu'on y sente trop cette £aiiblesse de cœur qui fit le tourment de sa vie, mais qui fut eipiée par le repentir de sa vieillesBe.

mains blaDches et leurs bras, en échangeant je ne sais quels doux murmures que je ne comprenais point. Jamais peut-être je n'ai mieux éprouvé la vérité de ce vieux proverbe qui a Tassentiment de Cicéron : « Qu'au milieu d'hommes qui parlent une langue f inconnue, on est comme sourd et comme muet. » Une seule consolation me restait, c'était d'avoir des interprètes excellents. Car, avec tout le reste, il faut encore admirer ceci : qu'un tel climat nourrit des esprits inspirés des Muses. Si donc Juvénal admire que la Gaule éloquente ait formé des avocats bretons, Gallia causidicos docuit facunda Britannos,

il pourrait aussi admirer que la Germanie savante nourrisse des poëtes harmonieux,

Docta quod argutos aluit Germania vates...

c C'étaient ces compagnons qui, selon le besoin, me servaient d'oreilles pour entendre, ou de langues pour répondre. Je m'adressai donc à l'un d'eux, dans mon étonnement et mon ignorance de ce qui se passait, et je rinterrogeai par ces vers de Virgile :

Quid vult concursus ad amnem ?

Quidve petunt animae?

a On me répondit que c'était l'antique usage de la nation; que c'était la persuasion de tout le peuple et surtout des femmes, qu'avec l'ablution de ce jour le fleuve emmenait tous les maux qui menaçaient l'année, et qu'ensuite il n'arrivait plus rien que d'heureux : qu'ainsi, chaque année cette cérémonie lustrale était observée avec une infatigable fidélité, et le serait longtemps encore. Â quoi je répondis en souriant : a Trop heureux les peuples « du Rhin, puisqu'il emporte leurs misères! Jamais ni le Pô ni « le Tibre ne suffirent à balayer les nôtres. Grâce à votre fleuve, « vous envoyez aux Anglais les maux qui vous menacent. Volonf tiers, nous enverrions les nôtres aux peuples d'Afrique et d'Il- <( lyrie. Mais il parait que nos fleuves sont trop paresseux! » Et, comme il se faisait tard, nous nous retirâmes en riant. »

YNGLINGA SAGA.

TRADITIONS DE LA NATION SUÉDOISE, SES PREMIERS ÉTABLISSEMENTS ET SES PREMIÈRES LOIS (i).

« La terre qui est à Torient du Tanaïs fut anciennement appelée Asalaud ou encore Asaheim, c'est-à-dire la terre et la demeure des Ases; et la ville capitale du pays reçut le nom d'Asgard. Dans cette ville fut un prince nommé Odin : et il se faisait là de grands sacrifices, et c'était la coutume que douze chefs plus puissants que les autres prissent soin des immolations et rendissent la justice au peuple, d'où vient qu'on les appelait Diar et Drottnarj c'est-à-dire dieux ou seigneurs, et que tout le peuple leur rendait honneur et obéissance. Odin l'emportait sur tous les autres par ses voyages lointains et par la science de la guerre, car il avait soumis à ses lois beaucoup de pays et de royaumes. Il fut si heureux dans les combats, qu'il en revint toujours victorieux et chargé de butin ; c'est pourquoi ses compagnons d'armes restèrent persuadés que la victoire lui appartenait, quelque part qu'il combattit. Quand ses hommes allaient à la guerre ou s'engageaient dans quelque entreprise, ils avaient coutume de se faire bénir par l'imposition de ses mains, espérant ainsi un heureux succès en toutes choses. Bien plus : si quelques-uns d'entre eux se trouvaient en péril sur terre ou sur mer, ils invoquaient surle-champ le nom d'Odin, comptant sérieusement sur son secours et comme s'il était avec eux. Il visita plusieurs fois des contrées

(I) HeimsKringla, Historiae regum septentrionalium a Snorre Sturlesonidae conscriptse, quas illustravit Peringskiœld ; Stockholm, 1697, cap. 2, 3, 4, 5, 8.

si éloignées, qu'il lui fallut plusieurs années pour mettre fin à ses

voyages.

« Odin avait deux frères, Ve et Vilir. C'étaient eux qui gouvernaient en son absence. Il arriva qu'une fois Odin s'étant rendu dans un autre pays très-éloigné et son absence prolongée ayant fait désespérer de son retour chez les Ases, ses frères se partagèrent son héritage et son royaume, et tous deux prétendirent à la main de Frigga, son épouse. Hais, bientôt après, Odin de retour ramena son épouse dans la couche nuptiale.

(( Odin conduisit son armée contre les Vanes. Mais ceux-ci étaient sur leurs gardes : ils défendirent leur pays, et la vfctoire resta en suspens. Chacun des deux peuples ravagea les terres de l'autre, et ils se firent beaucoup de mal. A la fin, las de la guerre des deux côtés, ils tinrent une assemblée solennelle, où ils conclurent la paix en se donnant mutuellement des otages. Les Vanes donnèrent pour otages à Odin deux de leurs hommes les plus puissants, Niordh le riche et son fils Freyr. De leur côté, les Àses donnèrent un des leurs, nommé Hœner, qu'ils regardaient comme destiné à devenir chef, à cause de la beauté et de la majesté de sa personne ; ils lui avaient adjoint un nain appelé Mimir, le plus sage d'entre eux. Les Vanes, en retour, avaient livré Quasîr, le plus éloquent des leurs. Mais à peine Hœner fut-il arrivé au jteys des Vanes, ipi'il devint leur chef, et Mîmir l'assistait de ses conseils. Or, quand Hœner tenait rassemblée pour rendre la justice ou pour expédier d'autres affaires, et qu'en l'absence de Mimur il avait à résoudre des questions difficiles, c'était sa coutume de dire : « Que d'autres en jugent. » C'est pourquoi les Vanes, pensant que dans cet échange d'otages ils avaient été trompés par les Ases, prirent Mimir, lui coupèrent la tête, et la renvoyèrent aux siens. Odin reçut la tête, l'embauma d'aromates et fit par ses enchantements qu'elle s'entretint avec lui et lui révéla beaucoup de mystères. 11 préposa Niordh et Freyr aux sacrifices des dieux et ils furent appelés dieux chez les Ases. Niordh avait une fille nommée Freya, qui fut prêtresse : ce fut aussi la première qui

enseigna aux Ases Tart magique appelé Seid, trè8-pratiqué chez les Vanes, Au t^ps où' Niordh. habitait au pays des Yanes, iJl avait épousé, selon leurs lois, sa propre soeur, qui lui avait donné ces deux enfants Freyr et Freya. Mais chez les Ases le mariage était défendu entre des personi^ies si. proches par le sang^

« A partir du point où le soleil se lève en été, jusqu'à celui où le soleil se couche en hiver, s'étend une longue chaîne de montagnes très-hautes, qui sépare le royauflie dOiSuède de tous les autres. Au midi, et non loin de ces montagnes, est le pays des Turcs : c'était là qu'Odin possédait un grand territoire. En ce temps, les généraux des Romains parcouraient la terre et mettaient sous leurs lois tous les peuples, d'où vint que plusieurs chefs abandonnèrent leurs possessions. Or, comme Odin était tré^habile dans la divination et dans toute sorte de connaissances, il prévit que sa postérité régnerait dans le Nord. C'est pourquoi, laissant à ses frères Ve et ViUr 1^ gouvernement d^ sa ville d'As* gard, lui-même s'éloigna avec le reste des dieux et un grand nombre d'hommes, et se dirigea d'abord du côté de l'occident, vers le royaume de Garderikie ; puis il tourna au midi v^s la terre des Saxons.. Odin soumit donc plusieurs royaumes en Saxe, et, comme il avait plusieurs fils, il les y établit pour défendre la terre conquise. Ensuite il se choisit une demeure vers le nord, au bord de la mer, en un lieu appelé aujourd'hui Odensé, dans l'ile de Fionie. De, là, il envoya Gefione du côté du septentrion, au delà du détroit, pour y chercher de nouvelles terres. Chemin faisant, elle alla trouver Gylfo, roi de Suède^ qui lui donna un champ de terre labourable. Puis, arrivant au pays des Géants, elle eut de l'un d'eux quatre fils, qu'elle changea en bœufs« Elle les mit à la charrue, détacha tout le ebsmp et l'entraîna dans la mer du côté de l'occident, où elle s'arrêta près de l'île d'Odin; et tout son soin fut de cultiver cette terre, qui est appelée mûntenant Sélande. Skiold, fils d'Odin, devint l'époux de Gefione, et s'établit avec elle dans la ville de Lethra. Au même endroit de la Suède d'où le champ fut détaché, se trouve aujourd'hui un lac

sinueux appelé Hoelar, et les golfes du lac répondent parfaitement aux caps de Sëlande. Sur cette aventure, Bragi T Ancien a composé le chant suivant :

f Gefione, riche en or, — oileva au roi Gylfo — la terre qui devait ac- « croître le Danemark. — Elle Tarracha d'un élan si fort, — qu'autour des « hœufs attelés — la mer rejaillissait conune une pluie impétueuse. — Et, € pendant que les taureaux marchaient tirant ce poids énorme, — ils porf taient sur leurs fironts huit blanches étoiles. »

f Odin connut donc que la terre était bonne du côté de l'orient dans le royaume de Gylfo ; et s'y étant rendu, il conclut un traité avec le roi; car celui-ci comprit qu'il avait peu de force pour résister aux Ases. En effet, Odin et Gylfo ayant lutté en toute sorte de sortilèges et d'enchantements, les Ases furent toujours les plus forts. Odin fixa son séjour au bord du lac Mœlar, au lieu qu'on appelle Fancienne Sigtuna ; où, ayant élevé un temple magnifique il rétablit les sacrifices selon la coutume des Ases. Il devint maître de tout le pays autour de Sigtuna, et assigna des résidences et des demeures à chacun des sacrificateurs. Niordh s'établit à Noatun; Freyr, à Upsal; Heimdall, à Himmeibœrg; Thor, à Trudvanger; Balder, à Bredablik; et tous reçurent d'Odin des terres cultivables.

a Odin remit en vigueur pour son pays les anciennes lois des Ases. Il y était ordonné que la dépouille des morts serait livrée aux flammes, où Ton jetterait aussi leurs richesses. Odin ajouta qu'autant on brûlerait de richesses sur le bûcher, autant le mort en emporterait dans la Valhalla. Ceux qui, de leur vivant, avaient enfoui des trésors en terre, devaient en jouir aussi dans l'autre vie. Il y avait ordre de jeter dans la mer les cendres des bûchers ou de les couvrir de terre amoncelée. On devait élever aux chefs et aux princes des tertres funéraires, afin de les rappeler à la mémoire de la postérité. Aux hommes vaillants et qui s'étaient distingués de la foule par de grandes épreuves, on devait ériger des pierres monumentales, et cette coutume se conserva long-

temps chez les nalioiis qui suivirent. Odin voulut encore qu'il y eût un premier sacrifice aux premières brumes pour obtenir d'heureuses moissons ; un second au milieu de Thiver, pour les autres biens de la terre, et une troisième fête au commencement de l'été : c'était le sacrifice de la victoire. Par toute la Suède, chaque tête payait une pièce d'argent à Odin, qui, en retour, se chargeait de défendre le territoire, de repousser Tennemi et de veiller aux sacrifices de l'année. »

4» ?IOTES

Vffl L4 JlSTinCATfON DE GUDRUNA,

oc L*érRErTE de l'eaC E0CILL4&TE CHEZ LES SCAKDIHATES i),

Godrana, la veuve de Sigurd, devenue Tépouse d'Atli (d'Attila), est accusée d'infidëliié par une esclave appelée Herkia. Gudrana demande Tépreuve du feu.

c Convoque mes frères, dit-elle, avec leurs guerriers cuirassés; c que je sois entourée de tous ceux qui me tiennent de près par « le sang.

« Fais venir du pays des Saxons qui habitent au midi, Thomnie a puissant, celui qui sait consacrer par des paroles la chaudière « bouillante. » — Sept cents hommes sont entrés dans la salle avant que Vépouse du roi ne plongeât la main dans la chaudière.

« Je ne vois point Gunar, dit-elle ; je n'appelle point à mon 4 secours Hogni... Je ne reverrai plus mes deux frères. Je pense f que répée d'Uogni vengerait une si grande injure ; maintenant « je suis réduite à me défendre moi-même. »

Aussitôt elle plongea sa main blanche jusqu'au fond, et elle en tira les cailloux verdoyants. « Maintenant, soyez témoins, « guerriers, que je suis déclarée innocente, selon les rites sacrés, « si fort que bouille cette chaudière. »

Alors Attila rit dans son cœur, en voyant Gudruna lever ses mains intactes. « J'ordonne maintenant, dit-il, que Tesclaye (t Herkia s'approche de la chaudière, elle qui a porté contre Gu- (( druna le témoignage du crime. »

« Nul n'a vu chose digne de pitié, s'il n'a vu comment les mains d'Herkia furent brûlées. On emmena la jeune fille, on la noya dans le marais fangeux. Ainsi Gudruna eut satisfaction de ses injures. »

(i) EddaSmmundar, II, Gudrunar quida en Thridia.

Page 1