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LA CIT. AU V* SIÈCLE

418 DîiS ÉCOLES KN JTAI.IE

Alferius, dignns judex testisque benigmis (i).

i.e lafin, Ld langue de l'Ëglise et de l'école était aussi celle du'^JSii'is. du palais, comprise et parlée, non par les jurisconsultes seulement, mais par le peuple entier des gens d'affaires. L'historien Âlbertino Mussato, au commencement du quatorzième siècle, écrit en vers le récit du siège de Padoue, et le dédie à la compagnie des notaires impériaux. « Souvent, dit-il, la compagnie palatine c< des notaires m'a pressé de célébrer dans un chant « métrique les maux que Can Grande fit à notre cité, « et qui, par un retour du destin, sont retombés sur « leur auteur. Vous demandez encore que le poëmc « n'ait rien de ce ton sublime qui sied à la tragédie; c< mais que le langage en soit tempéré et descende à ia c( portée du vulgaire, afin que si mes livres d'histoire, « écrits d'un style plus relevé, servent à rînslruclion « des savants, ces humbles vers, ouvrage d'une musc « plus indulgente, soient lus du grand nombre, et que « les notaires, les derniers des clercs, y trouvent leur « plaisir (2). » Là-dessus Mussato s'engage, non dans un chant rimé, chargé d'expressions barbares, mais dans un poëme en vers hexamètres, où m manquent

(l)Pecci, Sloria dei vescovi di Sioia; Chronicon cusauriefise, Bi^nà Miiratori S(;np^ H, pars % col. 10i5*

(2) Albertin. Mussatus, libri UI, de Obsidione Paduas : Ad notarionim pataTÎiimtifii palatinam societatom... « lUud quodcuinqoe sH metrum dob nltiim, non tragoedum, sed moUe et vulgi intéUectioni propinquum scmet eloquium, qao altins cdoctis nostra stylo altîori dcscnriret historia^ essetquc metricnm hoc demissuin sub camœna teniorc notariis et qu9)iisqae clericulis blan jinientmii. »

ni les réminiscences virgiliennes, ni les allusions mythologiques : c'étaient les délassements de la basoche de Padoue; c'était le niveau de l'éducation publique pour tous ceux qui, sans se vouer aux professions savantes, s'arrachaient au travail des mains. On s'étonne du prodigieux savoir que Dante avait. puisé aux leçons de Brunetto Latini, et dans les disputes philosophiqueg des religieux de Florence. Villani, destiné au commerce, et visitant Rome au jubilé de Tan 1300, y consumait ses veilles à lire Tite-Live, Salluste et Paul Orose, Virgile et Lucain. 11 est dit du peintre Cimabue, qu'ayant donné de bonne heure des marques d'une belle intelligence, il fut appliqué aux lettres, et fréquenta l'école ouverte par les frères prêcheurs à Sainte- Marie Nouvelle (1). Ainsi la poésie et la peinture ne sortirent pas toutes radieuses de je ne sais quelles ténèbres où l'on veut qu'elles aient trouvé leurs premières inspirations : elles grandirent dans l'étude et sous la discipline, elles se nourrirent des souvenirs de l'antiquité sacrée et profane; et si la Divine Comédie et les fresques d'Assise ravirent l'admiration des contemporains, c'est qu'ils y Irouvèrent autant de savoir que de génie.

Mais le peuple qui admirait ces beaux ouvrages, le ooeiie éuit peuple de Padoue, qui, par un vote public, décernait du peuple. à Mussalo la couronne de poète ; les gens des métiers de Florence, qui chargeaient Amolfo di Lapo de leur éle-

(1) Dante, Cpnmto, II, 13 ; Villani, lib. Yîll, 56 ; Vasari, Vitadi Cv mabne.

classique»»

ver une cathédrale a si belle qu'elle surpassât tous les « monuments de la main des hommes; » en un mot, la multitude, dont les plus grands génies ne sont après tout que les serviteurs, était-elle capable de les juger? Pendant que les premiers feux de la renaissance rayonnent au sommet de la société italienne, quelles lueurs en éclairent les derniers rangs? quelle instruction, quelles traditions littéraires circulent dans la foule, et entretiennent, chez des hommes voués aux fatigues du corpS; le goût des plaisirs de l'esprit?

Tradiuons ^t d'abord je remarque chez les Italiens cette puissance de la tradition qui surprenait déjà Thislorien Otton de Freysingen, lorsqu'il décrivait l'entrée de l'empereur Frédéric l" en Lombardie. Les Allemands s'attendaient à trouver des alliés naturels parmi les Lombards, donl ils avaient entendu raconter l'origine germanique : ils s'étonnèrent de trouver « une race amollie par la douce ceur du ciel et la graisse de la terre, héritière de la « politesse et de la sagacité romaine, conservant l'éléa gancede la langue latine, l'urbanité des mœurs et la « sagesse même des Romains dans l'ordonnance et le « gouvernement des cités (1). » En pénétrant dans ces villes, qui ont gardé leurs vieilles murailles, on y trouve encore toutes vivantes, au douzième, au treizième siècle,

(1) otton de Freysingen, de Gestis Frideriei I, lib. IF, cap. i3 : c Verumtamen barbaricae deposito feritatis rancore... Terras aerisYe proprietate aliquid romanae mansuetudinis et sagacitatis trahentes... latini sermonis elegantiam, morumquc retinent urbanitatem. In civitatum quoque dispositione ac reipublicae consenratione antiquonim adhac Romanomm imitantur soleiiiam. »

les croyances poétiques des anciens. Padoue montre le tombeau d'Anlénor; le peuple de Milan ne permet pas qu'on renverse la statue d'Hercule; les femmes de Florence bercent leurs enfants en devisant de Troie, de Fiesole et de Rome, comme les pêcheurs de Messine renouvellent chaque année la procession de Saturne et de Rhéa. La description de Rome que je publie, les premières chroniques de Florence, de Pise, de Venise, de Milan, montrent tous ces vieux souvenirs s'attachant, se cramponnant, pour ainsi dire, comme le lierre, à chaque pierre des ruines.

Avec les fables du passé, on en conservait la langue; cbaou

1 !>• T i • n - - • 1 populaires

et, pendant que 1 idiome vulgaire fait irruption dans »'««• les chartes latines, on voit le latin se maintenir avec une incroyable persévérance dans les chants populaires. Je pourrais multiplier les exemples, citer les célèbres complaintes sur la destruction d'Aquilée, sur la mort de Charlemagne, sur la captivité de l'empereur Louis II; deux psaumes en l'honneur des villes de Vérone et de Milan, des chansons satiriques contre Rome, et beaucoup d'autres compositions profanes. Mais j'écarte tout ce qui peut rappeler le monastère ou l'école, et je m'arrête à des chants qu'on surprend, pour ainsi dire sur les lèvres mêmes du peuple. En 934, les gens de Modène veillaient sur leurs murailles, menacées par les incursions des Hongrois. Ces bourgeois et ces artisans, armés à la hâte pour la défense de leurs foyers, et qui voyaient de loin la flamme des incendies allumés par les barbares, s'animaient en répétant un hymne guer-

rier que nous avons encore, où nous trouvons une latinité correcte et toutes les réminiscences de la poésie classique :

. tu ^ui serras, armis ista mœnia, Noli dormire, quaeso, sed vigila !

Dlim Hector vigii extitit in Troia, Non eam cepit fraudulenta Grecia (1).

Plus tard, Gaufrid Malaterra insère dans sa Chronique de Sicile des chants composés pour les jours d'allégresse ou de douleur publique, et s'excuse de ses détestables vers latins âur la volonté du prince, qui l'engage à écrire dans un langage familier, intelligible pour tous (2). Vers le même temps, un chant de guerre célèbre la victoire remportée, en 1088, par les Pisans sur les Sarrasins. Ce chant rimé n'emprunte rien à la prosodie classique; oii y sent frémir l'enthousiasme contemporain; on y trouve encore T idiome et les souvenirs de l'antiquité. Si vous prenez l'auteur au mot, il

(i) ManHori, ÀntiquU., lU, 709.

(2) Gaufrid Malaterra, Proœmium ad chronicon : « Si autem de iocultiori patria quaestio fùerit, ipsa principis jussio ad hoe hortata est, ut plaoo sennone et facili ad inteUigendum, quo omnibus facilius quidquid diceretur patesceret, exararem. » Voici un chant de Gaufrid sur la oais- Btnce de Simon, second fils de Roger, quelque temps après la mort de son fils atné Jordan :

Pâtre orbo, Gravi morbo Sic sublato filio, Unde doleret Qnod careret Hseredilali gaudio; Ditat prole^ Quasi flore, ^uperua praavisio,

AUX TEUPS fiAUBARl!;S. 423

VOUS fera croire quil s'agissait de vider la querelle de Rome et de Garthage :

Inclytonim Pisanorum scriptunis historiam, Antîquorum Romanoruin renovo memoriam.

11 s'agit pourtant d'une croisade; il s'agit de venger l'Espagne, Tltalie, la Provence, insultées par les flottes mahométanes. Le Christ lui-môme pousse les navires de^ chrétiens; l'archange saint Michel sonne la trompette devant eux; et saint Pierre, la croix à la main, marche à leur tête. Le combat s'engage ; mais, quand Hugues Yisconti, le plus valeureux et le plus beau des Pisans, tombe dans la mélée^ le poète, épuisant toutes les. Jlouanges pour honorer le jeune martyr , ne trouve rien de plus touchant que de le comparer à Godrus, mort pour son peuple. U est vrai que la pensée chréli^ne reprend l'avantage, et qu elle éclate enfin dans une strophe pleine de mélancolie^ de tendresse et d* espoir :

Sic infernuft spoliatur et Sathan destrnitur, Cum Jésus redemptor mundi spoate sua moiitur; Pro cujus amore, care, et cujus servitio, , Martyr pulëher, rutilabis venturd judicio (i ).

Nous retrouvons aux sources de la poésie populaire la même confusion du sacré et du profane qu'on a tant reprochée aux poêles italiens; mais nous reconnaissons aussi ce besoin du beau, cet admirable sentiment de l'art qui faisait chanter ces peuples dans la langue des

(1) Edélestand du Méril, Po^ieii papulaim latines, t. U, p. 239.

anciens, jusqu'à ce que le dialecte vulgaire, façonné lentement^ fût devenu capable de satisfaire l'oreille et d'immortaliser la pensée.

ûn^pj]Jjî»»»t Des populations si bien préparées trouvaient d'ailleurs une instruction plus complète qu'on ne pense dans les pratiques de la vie religieuse et de la vie civile. Sans parler des enseignements de l'Évangile, et de ces leçons que les sages du paganisme auraient enviées au dernier des enfants chrétiens ; sans parler des inspirations d'un culte qui mettait tous les arts au service des ignorants, des pauvres et des petits, l'Église conservait aussi la langue latine; elle la faisait vivre par la prière et par la prédication. On priait en latin, et, bien que dès le dixième siècle le pape Grégoire Y soit loué d'avoir catéchisé les peuples en langue vulgaire (1), on continua de prêcher en latin jusqu'au temps où l'idiome du peuple, sanctifié sur les lèvres de saint François d'Assise et de saint Antoine de Padoue, resta maître de la chaire, ^prii^"*"* D'un autre côté, la constitution des communes ita- "ïiun^°^ lionnes, en. appelant les plus obscurs des citoyens à

italiennes. ,, .,,,.,... .

1 exercice de tous les droits, les invitait en même temps au partage de toutes les lumières. C'est encore la remarque d'Otton de Freysingen. « Les Lombards, dit-il, c( ne dédaignent pas de porter à toutes les dignités les « jeunes ouvriers de la dernière condition, et jusqu'aux « gens des plus vils métiers, tous ceux qu'ailleurs on

(1) Docius francigenn vulgari et voce lalinn

^(^ocuit populos elo(|ui(| tripUçi.

« repousse comme des lépreux, qu'on écarte des études (c honnêtes et des arts libéraux (1). » Assurément les textes manquent pour établir une statistique complète de l'instruction primaire et secondaire chez ces peuples souverains de Lombardie et de Toscane. Je me borne à quelques faits qui laissent voir jusqu'à quel point le réveil des libertés assurait l'affranchissement des intelligences.

Une description de Milan, rédigée ^en 1288 par le frère prêcheur Bonvesino, porte le nombre des habitants à deux cent mille, et compte quatre-vingts maîtres d'école, sans y comprendre les religieux, qui élevaient certainement une partie de la jeunesse (2). A Florence, l'historien Dino Compagni rapporte qu'en 1301, quand Charles de Valois entra, en qualité de pacificateur, sur le territoire toscan, a les prieurs convoquèrent le conseil des soixante-douze métiers, grands et petits, qui tous avaient leurs consuls, et qu'on leur demanda l'avis de leqrs corporations. » Tous répondirent par écrit qu'il fallait ouvrir les portes de la ville au prince, et l'honorer comme un seigneur de noble sang. Les boulangers seuls opinèrent « qu'on ne lui accordât ni l'entrée ni les honneurs, attendu qu'il venait pour la ruine de la cité. » Les gens des plus humbles métiers écrivaient donc, et du moins les notables

(1) Otto Frisigen., Il, 13 : « Inferioris conditionis juvenes Tel quoslibet contemptibilium etiam mechanicarum artium opifices, quos caeterae gentes ab honestioribus et liberioribus studiis tanquam pestem propellunt, ad militiae cingulum vel dignitatum gradus assumere non dedignantur. >

(2) Galvaneus Flsimma, Manipulus florum, cap. 336.

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d'entre eux étaient en mesure de rédiger des conclusions (1).

On Mais ce qui étonne davantage et ce qu'on ne peut

*e pw« en nier, c'est que les délibérations de ceç orageuses républiques, les débats passionnés à l'issue desquels on chassait les Gibelins ou Ton rasait les maisons des Guelfes, c'est que les conseils en plein air, où la multitude frémissait sous la parole des orateurs, se tenaient en latin. On en trouve plusieurs preuves; mais je n'en connais pas de plus frappante qu'un traité composé au treizième siècle, et probablement à Bologne, sous le titre d'Ocutus pastoralig, pascens officia (2). Ce titre pompeux n'annonce « qu'une instruction simple et lu- « cide en faveur des laïques illettrés, où l'on se proà pose d'éclairer leur conduite et de former leur lance gage quand ils sont appelés au gouvernetnent des « affaires publiques. » Après avoir traité du principe de l'autorité, des devoirs qu'elle impose, des moyens qu'elle emploie^ l'auteur touche eiiGn à éë pouvoir de la parole qui est le maître des assemblées populaires. Il veut que l'orateur de son temps, comme dé celui de Cicéron ou de Quintilien, soit honnête dans les mœurs, ingénieux dans l'invention, sobre et orné dans le style, en sorte qu'il sache y garder la mesure et la grâce. Il

(1) Dino Compagnie lib. H. « Richiesero adimque il consiglio générale délia parte guelfa e delli 1*2 mestieri d'arti, i quali avean tutti consoli, e imposero loro che ciascuno consigliasse per iscrittura se alla sua arte piacea che messer Carlo de Valos fosse lasciato Tenire io Firenze corne paciaro, » etc.

(2) Apud Muratori, AnliquUates, IV, 93.

ne lui permet pas de paraître au balcon du palais communal et de haranguer la foule, avant que son discours, savamment médité, n'ait trois fois senti la lime. Et, se défiant enfin de son disciple, il lui propose vingt modèles dé discours, comme autant de lieux communs pour toutes lei^ grandes solennités de la vie politique : oraison du pddestàt entrant en charge et sortant de charge, éloges d'un podestat mort dans l'exercice de ses fonctions, réponise à des ambassadeurs qui proposent une alliance, harangues pour la guerrô et contre la guerre. Ces discours sont écrits en latin, non pour servit* de texte à une amplification en langue vulgaire, mais pour être appris et récités eh latin, sons peine de perdre les jairnemerits où l'auteur a mis tout son art et toute sa complaisance; je veux dire ces périodes nombreuses dont le doigt et l'oreille ont marqué la cadence, ces chutes pareilles lamenéeâ de loin, ce choix d'expressions poétiques et ces hémistiches de \irgile enchâssés dans la prose du treizième siècle, domme des chapiteaux corinthiens dans la maçonnerie d'un beffroi. Voici la requête d'une troupe de naufragés, dépouillés par les habitants de la côte, et réclamant justice pour euX; sépulture pour leurs morts. Dans le récit de leur naufrage nous avons toute la tempête accoutumée des poètes, des demi-vers, des vers entiers :

« Yisum est in fretum totum descendere cœlum. a Praebebant fulmina lucem. Dant saltus fluctus in a concava tecta carinaa. Pars magna virorum falo

« est fîincta sno, gurgite pressa profundo : Intumua lata cadavera stantium in litlore maris, esca relicta ce feris. »

Ces sortes de beautés ne se traduisent point, et il faut conclure que les discours de VOculm pastoralk durent être prononcés textuellement devant un auditoire capable de les comprendre, de goûter les bons endroits, de les applaudir. Le peuple de Florence se lassait si peu des harangues latines, qu'il fallut un règlement exprès pour limiter à quatre le nombre de ceux qui pr^idraienl la parole sur chaque question. Ce sont les termes d'un statut inédit de 1284. Ce règlement, où les démocraties modernes pourraient trouver des leçons de sagesse et de vigueur, nous fait assister aux conseils de la république florentine dans ces courtes années d'apogée qui, pour elle comme pour toutes les grandeurs humaines, précèdent de si près le commencement de la décadence (1).

StaTUTUM FlORENTINUM ANNl MCGLXXXIV.

« In nomine Domini Nostri Jesu Christi. Hec sunt a ordinamenta domini potestatis et conamunis Florence tie, compilata, edicta et facta ad honorem et rêve-

(i) Archivio délie Riformagioni, prowisioni, A, 1. 1, foL iî2 et 13. Un chercherait inutilement ce statut dans les Statuta populi et communis Florentiœ, 5 vol. m-A^, publiés à Florence (sous la date de Fribourg), en 4787. On ny trouve qu^une compilation, par ordre de matières, où la rédaction primitive des textes disparaît souvent.

« rentiam omnipoteritis Dei et beatissime Virginis c< Marie matris ejusdera, et B. Johannis Baptiste, ac (( révérende saiicte Reparate, sub quorum Tocabulo ce Florentia civitas gubernatur, et ad honorem et exal- (( tationem sacrosancte Romane Ecclesie, ac etiam ad « honorem et fortifîcatiorfem regiminis magnifici mi- « litis domini Gilioli de Maccharesis, Potestatis civitatis c< et communis Florentie, et ad pacificum et quietum ce statum civitatis et districtus ejusdem^ valitura toto c< tempore regiminis ipsius domini Potestatis.

c< ... Item statutum et ordinatum est quod omnes et c< singuli de concilio generali et congregatione, et quic< libet alii qui ad aliquid concilium de mandato Potes- « tatis aut alicujus de sua familia fuerint convocati, ve- « nire et esse debeant ad ipsum consilium, antequam c< dictus dominus Polestas aut alius in loco ipsius suret rexit ad proponendum inter eosde consilio, sub pena ce sold. II f. p. pro quolibet eorum ; nec de ipso consi- « lio discedere debeat aliquis eorum sine licentia do- « mini Potestatis vel alterius proponentis ante reforc( mationem lectam, sub pena et banno V sold. f. p. a pro quolibet, nisi recessit propter necessitatem corce poris, et qui proplerea recessit incontinenti redire et debeat, sub dicta pena et banno, salvo capitulo consti- « tuto quod est sub rubrica : Quod consiliarii commucc nisvadantad consilium, etc.

ce Item, quod nuUus présumât consulere etarrengarc « super aliquo quod non sit principaliter propositum c< per dominum Potestutem, autaliquem alium loco

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c< sui. Et qui contra fecerit^ in sold. LX punialur et c< plus et minus, ad yoluntaicm domini Potestatis; et a quidquid dictum et consultum fuit extra proposition a nem, non valeat nec feneat.

c< Item, qnod nulius existens in aliquo consilio surce gère debeat ad arrengandum^ donec prior arrengator ce finierit dictum suum et ire inceperit ad sedem suam, a sub pena et banno sold. X f. p.

« Item, quod nuUus audeat stare in pedibus in loco c< ubi congregatur aliquod consilium commuais Flo- « rentie et sedere debeat, postquam dominas Potestas a aut aliquis loco ipsius fuerit in dicte loco consilii, a nec surgere nisi causa consulendi vel alteriûs necesu sitatis; et contra faciens in soldes Lf.p» puniatur, ce nisi surgeret causa faciendi honorem alicui.

« Item, quod nulius audeat aut prsesumat turbare, a aut inquietare, sive impedire aliquem arrengantem « seu consulentem in aliquo consilio super aliqua procc positione facta per dominum Potestatem,.aut aliquem c< alium loco sui. Contra faciens vice qualibet puniatur ce in sold. LX f. p. et plus et miaus, ad voluntatem docc mini Potestatis, inspecta qualitate impedimçinti et c< turbatoris.

« Item, quod nulius audeat aut présumât surgere in ce aliquo consilio, aut aliquid dicere aut consulere, nisi ce in loco tenentis consilium; et qui contra fecerit in c« sold. XX f. p. vice qualibet puniatur, et plus ad «. voluntatem Potestatis, qnod locupi babeat in arren«ce gando.

AUX TKMPS BARBARES. 431

c< Item, quod aliquis non arrenget aiit consulat in « consilio generali aut congregatione aut aliquo eorum, « super aliqiia propositione ultra quam IV consiliarii, ce absque parabola et Hcentia dicti domini Potestatis, c( sub pena XX sold. f. p. et plus arbitrio domini Po- « testatis.

« Item^ quod nulla persona debeat accédera ad stanc< gam sive bancum domini Potesiatis, ipso domino Poc< testatevel alio loco sui ibi existente^ causa consilinm a Taciendi, ex quo ad consilium fuerit bis pulsatum, « nisi causa alicujus negotii communis florentine ac^ c( cesserit, aut aliquid dicere voluerrt pro ulilitate (^)ma munis; et qui contra feceril puniatur in sold. V. f. p.

« Item, quod nullus in aliquo consilio vel congregac( tione, facto vel facta de mandato domini Potestatis « yel alicujus de sua familia, debeat vel présumât dicere c< aliqua verba injuriosa conlra aliquem in ipso consi*cc lio vel congregatione existentem. Nec aliquam rixarm c< seu mesclantiam cum aliquo vel aliquibus ibi facere^ ce nec aliquem vel aliquos ibi existantes percutera yel c( olTendere modo aliquo vel ingenio; et qui contra fé- «cent puniatur pena dupli quam puniretur si alibi a dixisset vel fecisset predicta, vel aliquid pradicto^ c< rum, et plus et minus ad volunt^tem domini Polesta^ a ùsy inspecta qualitato personarum et facti (1)l. n |

(1) Un autre statut de 1285 (ibid., p. 17) mentionne bmani^ defo* ter : « Facto et cdebrato scmtinio ad pissides et balloctas... LVf ekéMiiff consiUariis et capitodinibas ponentibus balloctas in jûttide aUx) ubî 9fn^ tnm est SK ; iili Tero quibos predicta dispHcnenint, ponenfes baHoctàlPiu pisside mbea in quo «criptoni est vos^ foenuit lainpniiodo V.'t ; ^ > -

A mon sens, le statut de Florence, avec raustérilé de son langage, nous apprend plus que YOculus pmtoraUs du rhéteur de Bologne. Aux dispositions sévères et judicieuses qu'on y trouve, on reconnaît bien un pays où l'éloquence gouverne, où il faut contenir les emportements oratoires, où le législateur sait déjà tout le pouvoir et tout le danger de la discussrîon. On sent qu'on n'a pas affaire à un peuple enfant, mais à des générations mûries par une longue éducation, et l'on ne regrette plus d'avoir péniblement cherché les vestiges des écoles itaKennes, si le moment arrive où, avec de grands poètes, on en voit sortir de grands ci-» toyens.

On a dit que la lumière ne s'éteignit point aux plus mauvais temps du moyen âge, mais qu'elle se déplaça; et que, du septième au onzième siècle, l'astre des lettres, couché sur l'Italie, se levait sur l'Irlande, l'Angleterre et l'Allemagne. Je puis ajouter maintenant que l'Italie eut une de ces nuits lumineuses où les dernières clartés du soir se prolongent jusqu'aux premières blancheurs du matin. D'un côté, le souvenir des écoles impériales se perpétue dans l'enseignement laïque, qui subordonne la grammaire et la rhétorique à l'étude dès lois, qui entretient chez les Italiens la passion du droit, et qui fonde, pour cette science toute laïque, la puissante université de Bologne. D'un autre côté, la tradition des premiers siècles chrétiens se conserve dans l'enseignement ecclésiastique : les lettres y trouvent asile à condition de servir la foi, de développer la

vocation ihéologique des Italiens, et de leur assurer la palme de la philosophie scolastique. Nous avons vu l'instruction descendre du clergé et des corporations savantes jusque dans la multitude. Ce peuple, encore tout pénétré de l'antiquité, n'en peut oublier ni la gloire, ni les fables, ni la langue. On le prêche, on le harangue en iatin : les fils des marchands lisent Salluste et Virgile, et dans les conseils de Florence les gens de métiers votenl par écrit. C'étaient ces populations qui méritaient, qui commandaient les miracles de l'art naissant. La mythologie avait fait jaillir d'un coup de pied de Pégase la fontaine poétique d'Hippocrène : elle exprimait ainsi l'aimable facilité du génie grec, qui avait pour ainsi dire ses sources à fleur de terre. Celles du génie moderne étaient à d'autres profondeurs; et, pour creuser jusqu'à elles, il n'avait pas fallu moins de dix siècles d'efforts : la Providence a traité les nations chrétiennes d'une manière plus sévère, et à mon sens plus honorable, en voulant que pour elles l'inspiration fût le prix du travail.

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