‹ La civilisation au cinquième siècle: Introduction à une histoire de la civilisation aux tempsChapitre 8 sur 29 · LA CIT. AU V* SIÂCIE. II · texte numérisé non relu

LA CIT. AU V* SIÂCIE. II

tures des martyrs, et, s'il se peut, nous touchons leurs cendres de nos lèvres. Et quelques-uns voudraient qu'on négligeât le tombeau du Sauveur!

Nous ne prétendons point dire que nous ne portions pas en nous-mêmes le royaume de Dieu, ni qu'il n'y ait des saints dans d'autres contrées. Mais ici, où nous sommes venues les dernières de tous, nous avons trouvé les premiers de Tunivers,.. Tout ce qu'il y a de grand dans les Gaules accourt à Jérusalem. Le Breton, séparé du monde, tourne le dos au soleil couchant ^t veut visiter des lieux qu'il ne. connaissait ^ne par la f eponi^mée et par le témoignage des Écritures. Que djifal-je des Arméniens, des Perses^ des Éthiopiens, du Pont ej de la Cappadoce^ terres fertiles en moineç ' p|*es(juç à l'égal de l'Egypte, et de Ipi^s les essaims qu'envoie rOrient? Les langues ne s'accordent point, maiç Hjl^&IJt gion est une. Autant de natiçns, presque auj^nt ^ /îhœurs qui psalmodiept. Au milieu de Cjette f(çrveur, rien d'arrogant; personne ne fait gloire ^de sps jej^nçs, personne ne juge le prochain, dp peur d'être jug,^,p#r le Seigneur. ., , .

Oh ! quand viendra le temps ^ où uja cpurpier tput essoufflé nous apportera ce message, que n^tfe Marcelle vient d'aborder au rivage de la Palestine? Tous les chœurs des moines^ tous les essaims de vierges le répéteront. Et nous déjà^ nous avons hâte de courir audçv^nt d'elle, et sans attendre 1^ litièrC; nous pressons nos pas. Nous tiendrons donc 9es mains, nous verrons ses traits, à peine nous arrachera-t-on d'.\m

LES FEMMES CHBÉTJENNES. 115

embrassement si désiré. Yiendra-t-il donc le jour où il nous sera donné d'entrer ensemble dans le sépulcre du Sauveur, de pleurer dans le tombeau de notre Dieu, avec notre sœur, avec notre mère? Nous baiserons ensuite le bois de la croix, nous gravirons la montagne des Oliviers, accompagnant de Tâme, du désir, le Seigneur qui la monta... Nous irons à Nazareth, et, selon l'étymologie de son nom, nous verrons la fleur de la Galilée. Non loin de là se trouve Cana, où l'eau fut changée en vin . . . Puis, toujours en compagnie du Christ, après avoir passé par Silo, Béthel et les autres lieux où des églises s'élèvent comme les trophées des victoires du Seigneur, nous reviendrons à notre grotte de Bethléem; nous y chanterons toujours, nous pleurerons souvent, nous prierons sans cesse, et, blessées de la flèche du Sauveur, nous dirons ensemble : « J'ai trouvé «celui que cherchait mon âme, je le retiendrai, et je « ne le quitterai plus ! »

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