‹ La civilisation en Italie au temps de la RenaissanceChapitre 135 sur 153 · CHAP. V. — AFFAIBLISSEMENT DE LA FOI EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CHAP. V. — AFFAIBLISSEMENT DE LA FOI EN GÉNÉRAL

nativement de l'extrême énergie à l'extrême abattement, de la certitude au doute et à la superstition, on voit naître ici, dans un cercle ' d'esprits d'élite, l'idée que le monde visible a été créé par le Dieu d'amour, qu'il est une reproduction du modèle préexistant en lui, et qu'il recevra toujours de son créateur le mouvement et la vie. L'âme de l'individu peut d'abord, au moyen de la connaissance de Dieu, faire entrer l'Être infini dans le cercle étroit qu'elle embrasse, et ensuite s'étendre elle-même indéfiniment grâce à l'amour divin : tel est le vrai bonheur sur la terre.

Ici les souvenirs des tendances mystiques du moyen âge viennent se mêler aux doctrines de PLiton et à des idées essentiellement modernes. C'est peut-être ce concours d'idées qui a fait mûrir un fruit merveilleux, cette connaissance du monde el de l'homme qui suffirait à elle seule pour expliquer le rôle immense que la Renaissance de l'Italie a joué dans l'histoire de notre civilisation.

i si Pulci dans son Morgante est sérieux quelque part quand il parle

de choses religieuses, c'est dans le ch. xvi, str 6 : ce discours déiste de la belle païenne Antea est peut-être l'expression la plus netle des opinions qui avaient cours parmi les compagnons de Laurent. Les discours du démon Astaroth (cites plus haut, p 272, note 1) en forment en quelque sorte le complément.

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