‹ La civilisation en Italie au temps de la RenaissanceChapitre 18 sur 153 · CHAPITRE IV. — DÉCOUVERTE DE L'HOMME, ETC · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DÉCOUVERTE DE L'HOMME, ETC

ces intermèdes. On vit là des luttes de guerriers romains qui agitaient en cadence leurs armes antiques au son des instruments; des danses aux flambeaux exécutées par des nègres; une danse d'hommes sauvages avec des cornes d'abondance d'où jaillissait du feu liquide; ils formaient le ballet d'une pantomime qui représentait la délivrance d'une jeune fille menacée par un dragon. Puis il y eut des danses de fous portant le costume de polichinelle, qui se battaient à coups de vessies de porc, etc. A la cour de Ferrarc, chaque comédie avait invariablement son ballet {moresca) l. Dans quelles conditions la représentation des Ménechmes de Plaute a-t-elle eu lieu dans cette ville (en 1491, à l'occasion du premier mariage d'Alphonse avec Anne Sforza)? Étaitce une pantomime accompagnée de musique plutôt qu'un drame? Ce sont des questions difficiles à résoudre ». En tout cas, les parties intercalées étaient plus considérables que la pièce elle-même; on y voyait un chœur de jeunes

1 Diario Ferrarcse, dans Murât., XXIV, col. 404. D'autres passades sur le théâtre à la cour de Ferrare se trouvent col. 278, 279, 282 à 285, 361, 380, 381, 393, 397. On voit par là qu'on représentait de préférence les pièces de Plaute, que ces représentalions duraient souvent jusqu'à trois heures du matin, el qu'elles avaient lieu parfois en plein air. Sans doute ces ballets étaient composés sans esprit, et n'avaient nul rapport avec les personnes présentes ni avec l'événement qui devait être célébré; aussi Isabelle de Gonzague, qui regrettait d'être séparée de son mari et de son enfant, et qui d'ailleurs ne voyait pas de bon œil le mariage de son frère avec Lucrèce, pouvait-elle à bon droit se plaindre de fa » froideur » de cette noce et des fêtes dont elle fut I occasion.

2 Strozzii, Poetœ, fol. 232, dans le livre IV de X'Eolosticka de Tito Sirozza. Voici ces Yen :

T.cco superveniens rerum argumenta retexit Mimus et ad populum verba diserta refert. Tum similes habitu formaque et voce Menoechml Dulcibus oblectant lumiaa nostra modis.

Les Ménechmes furent aussi joués à Ferrare en 1486, et les frais de 1 représentation s'élevèrent à plus de 1,000 ducats. Mur.., XXIV, 278.

4i LA DÉCOUVERTE DU MONDE ET DE L'HOMME.

gens, couverts de festons de lierre, danser au son d'un orchestre bruyant et exécuter des figures savantes; ensuite apparaissait Apollon, qui frappait du plectre les cordes de sa lyre et chantait un hymne en l'honneur cle la maison d'Esté; puis venait, comme un intermède dans l'intermède, une scène de genre rustique ou farce, après laquelle la mythologie, représentée par Vénus, Bacchus et leur suite, reprenait possession de la scène; ce nouveau divertissement était la pantomime de Paris sur le mont Ida. Alors seulement venait la seconde moitié de la fable d'Amphitryon, avec une allusion transparente à la naissance future d'un Hercule issu de la maison d'Esté. A une représentation antérieure de la même pièce, représentation qui avait eu lieu dans la cour du palais (1487), les spectateurs avaient eu constamment sous les yeux « un paradis avec des étoiles et d'autres corps célestes », c'est-à-dire une illumination accompagnée peut-être de feux d'artifice, qui avait certainement absorbé la meilleure partie de leur attention. Il valait évidemment mieux que ces accessoires fussent l'élément unique de la représentation, ce qui arrivait parfois dans d'autres cours. A propos des fêtes, nous parlerons des représentations solennelles qui avaient lieu chez le cardinal Pietro Riario, chez les Bentivogli à Bologne, etc.

La pompe de la mise en scène, passée à l'état d'habitude, fut surtout funeste à la tragédie originale en Italie. « A Venise », écrit Francesco Sans-ovino vers

1 Franc. Sansovino, Veneùa, fol. 16». Voici ce passage, d'après l'original : Si sono anco spesso recitate dette tragdie con grandi ajjparecchi, composte da poeti antkki o da modernx. file q%gli per {a> fama degli apparati, concorrevano te genti estere et ciro,nvicm<e per vederle et udtrle. Ma hoggi le /este depanicolari si/amofra ,paremli ET ESSENDOSi LA CITTA REGOLA'f A PER SE MED£S1>IA »A CERXI im, f y QUA, SI PAS-

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