‹ La civilisation en Italie au temps de la RenaissanceChapitre 49 sur 153 · CHAPITRE PREMIER. — NIVELLEMENT DES CLASSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — NIVELLEMENT DES CLASSES

de ces choses afin que les lecteurs voient bien que la chevalerie est morte*. Aussi bien que de nos jours on proclame chevaliers même des morts, aussi bien on pourrait conférer ce titre à une figure de bois ou de pierre, que dis-je! à un bœuf. » — Les histoires que Sacchetti raconte à l'appui de sa thèse sont en effet on ne peut plus probantes ; il nous montre Bernabo Visconti donnant ce titre à l'individu sorti victorieux d'un duel de buveurs, en parant même le vaincu pour le consoler ; il nous fait voir des chevaliers allemands, avec leurs cimiers et leurs insignes, aux dépens desquels le peuple s'égaye, etc. Plus tard le Pogge4 se moque des innombrables chevaliers qui n'ont pas de cheval et qui ne savent pas manier une arme. Ceux qui voulaient faire valoir les prérogatives de leur ordre, par exemple, sortir à cheval avec des drapeaux, avaient fort à faire à Florence vis-à-vis du gouvernement et des moqueurs8.

En y regardant de plus près, on s'aperçoit que cette chevalerie d'un autre âge, indépendante de toute noblesse de naissance, n'est en partie qu'un appât offert à une ambition aussi ridicule que vaine, mais qu'elle a aussi un autre côté. En effet, les tournois subsistent toujours, et ceux qui veulent y prendre part doivent avoir nécessairement le rang de chevalier. Quant aux luttes en champ clos et aux joutes classiques, qui présentent parfois de grands dangers, ce sont des occasions

1 Che la cavalleria è morta.

s Pocgius, De nobilitate, fol. 27. Comp. aussi plus haut, t. I, p. 22 ss., outre les passages qui y sont cités. Silvius jEnéas (Hist. Fried., III, ed. Kollar, p. 294), blâme la prodigalité avec laquelle Frédéric confère le titre de chevalier.

3 Vasari, III, 49, et note, Vita di Dello. A Florence, la commune revendique le droit de faire des chevaliers. Sur les cérémonies qui accompagnaient la collation du titre de chevalier en 1378 et en 1389. voir Recmont, Laurent, II, p. 444 ss.

de montrer de la force et du courage, que les individus habitués à ces exercices ne veulent pas laisser échapper, quelle que soit d'ailleurs leur naissance

En vain Pétrarque avait-il flétri en ternies énergiques l'habitude des tournois comme une folie dangereuse; il ne convertit personne par son exclamation pathétique « On ne lit nulle part que Scipion ou César aient rompu des lances»! » C'est précisément à Florence que la chose devint tout à fait populaire; le bourgeois se mit à regarder les tournois, bien qu'ils eussent lieu sous une forme assez anodine, comme une sorte de plaisir régulier; Franco Sacchetti» nous a conservé la description

1 Senarega, De reb. Gen., dans Murât., XXIV. col. 525 Lors rt.,

une lettre à Jean ic, parle d'un jeu équestre de ses élèves (Anr POL., Epist., hb. XII, ep. 6) : Tu tamen a me solos fieri poetas aut

raconta dans e Commenta™ voir l'appendice n« 2), fol. 180 un comba smguher qui eut lieu entre deux solda I corL o combat suivi de mort d'homme, qui rappelle tout à f ai? «

œsœats pub,ics de

sPetrarca, Epist. senil., xi, 13, à Hugo, marquis d'Esté (il nP sag.t donc pas d'un fait arrivé à Florence.) Daw un autre oas-

setti qvoisei îdj les V ep. ;vd r"

setti, vol. I p. 272, 1« dec. 1343), il décrit l'horreur qu'il éorouva

Nap^s^Au rber/Un ?eVa'r danS Un tOUrnoi ^nltîSïï Naples. (Sur la réglementation des tournois à Naples, co.no dans Fra-

casseth traduction ita.: des lettres de Pétrarque, Flo'rencë 1864,

ournois T-iïi ^ 11 seleye contre les dangers, l'inutilité des

p 229 ^ 1,8 °CCaS10nnent- Délia famiglia, 0pp. volg. II,

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