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CHAPITRE II. — LA SCIENCE DE LA NATURE EN ITALIE

ciu qui l'accusa d'hérésie et de magie devant les inquisiteurs *. On en peut supposer autant pour un de ses contem porains, Giovannino Sanguinacci, de Padoue, attendu qu'il était novateur en médecine; celui-ci en fut quitte pour le bannissement. Enfin il ne faut pas oublier que la puissance des Dominicains comme inquisiteurs ne pouvait pas s'exercer aussi régulièrement en Italie que dans le nord; les tyrans aussi bien que les États libres mon traient parfois, au quatorzième siècle, un tel mépris pour tout le clergé que des crimes bien plus graves que celui de se livrer à l'étude de la nature restaient impunis 2. Mais lorsque au quinzième siècle l'antiquité prit une place si importante dans la vie, la brèche faite au système du moyen âge s'élargit bien vite; les éludes et les recherches profanes devinrent plus libres; seulement l'humanisme attirait à lui presque toutes les forces vives et faisait du tort à l'empirisme, appliqué aux sciences naturelles 3. De temps à autre l'inquisition se réveille; elle punit ou brûle des médecins comme blasphémateurs et nécromanciens, sans qu'il soit jamais possible de découvrir le véritable motif de la condamnation, Malgré tout cela, vers la fin du quinzième siècle, l'Italie, qui possédait Paolo Toscanelli, Luca Paccioli et Léonard de Vinci, occupait parmi tous les peuples de l'Europe le premier rang dans les mathématiques et dans les sciences natu-

* SCARDEONIUS, De urb. Patav. anliq. in Graevii Thesaur. ant. liai., t. VI, pars III, col. 227. Ab. mourut en 1513 pendant l'enquête; sa statue fut brûlée; sur Giov. Sang, voir col. 228 ss. — Comp. Eabricius, Bibl. Lot. ». v. Petrus de Apono. — Sprenger, dans Ersch. et Gruber, I, p. 33. Il traduit (1292-93) des écrits astrologiques d'Abraham ibn Esra, impr. en 1506. Comp. M. G., XVIII, p. 190.

8 Comp. plus bas, 6e part., chap. il

8 Voiries plaintes exagérées de Libri, II, p. 258 ss. Quelque regrettable qu'il soit que ce peuple si heureusement doué ne se soit pas appliqué davantage à l'histoire naturelle, nous croyons toute-

relies, et les savants de tous les pays, même Regiomontanus et Copernic \ se proclamaient ses disciples.

Ce qui prouve combien était général l'intérêt qui s'attachait à l'histoire naturelle, c'est le goût précoce des collections par lequel se dislingue l'Italie, c'est l'habitude des études comparées sur les plantes et les animaux. L'Italie se vante d'avoir créé les premiers jardins botaniques; mais sous ce rapport l'intérêt théorique a pu s'effacer devant le but pratique, et même la question de priorité peut être discutée a. Un fait infiniment plus important, c'est que des princes et de riches particuliers, en créant leurs jardins d'agrément, arrivèrent tout naturellement à réunir les espèces et les variétés de plantes les plus nombreuses et les plus rares. C'est ainsi qu'au quinzième siècle la description du magnifique jardin de la villa Carreggi appartenant aux Médicis, nous montre une sorte de jardin botanique 3 contenant d'innombrables espèces d'arbres et d'arbustes. C'est ainsi encore que nous voyons, au commencement du seizième siècle, une villa du cardinal Trivulce, dans la campagne romaine \ du côté de Tivoli, où se rencontrent des massifs de rosiers variés, des arbres de tout genre parmi lesquels toutes les espèces de vignes et un grand potager. Ici il s'agit

fois qu'il avait de plus grandes choses à faire, et qu'il les a faites en partie.

1 Sur les études de ce dernier en Italie, comparer les précieux renseignements que donne C. Malagola dans son livre sur Codrus Urceus (Bologna, 1878, cap. vu, p. 360-366).

3 Des Italiens créent aussi des jardins botaniques à l'étranger : Angelo de Florence, contemporain de Pétrarque, en fit un à Prague. Friedjung, Charles IV, p. 311, note 1.

3 Alexandri Braccii Descriptio horti Laurentii Med., imprimée comme annexe du n° 58 dans la Vie de Laurent, par Roscoe; se trouve aussi dans les pièces justificatives du Laurent de Fabroni.

4 Mondanarii villa, imprimé dans les Poemala aliqua insignia illustr. poetar. récent.

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