Panéoyrique de S. Ionace et de S. F. Xavier
ApbE
RONSIEUR le vicomte Jean des Cars, com- | mandant le vaisseau Se//a del Mare, dans | , un voyage qu'il fit en Chine en 1848, visita lés Jésuites missionnaires. Il constatales vicesprofonds qui rongent les populations de ces vastes contrées et qui, à première vue, feraient désespérer d’une telle race.
€ Superstition stupide, immoralité repoussante, insensibilité barbare, voilà le fond abject que recouvre la civilisation si perfectionnée de la Chine. Et cette civilisation, loin de réformer ou de combattre un pareil état de choses, ne contribue qu’à le perpétuer ou à l’empirer. »
Et, cependant, est-il vrai qu'à ce mal il n’y ait aucun remède ? Dira-t-on que ce peuple, qui réunit tous les genres de corruption, soit décidément incurable ? Certes on serait tenté de le croire. Mais M. des Cars répond différemment.
« Eh bien ! ces mêmes Chinois convertis deviennent d’autres hommes, remplissent exactement et avec intelligence les devoirs de leur nouvelle religion : s'imposant des privations pour faire des aumônes, achetant souvent et adoptant des petites filles païennes qu’ils sauvent ainsi de la mort, et à qui ils prodiguent: des soins comme à leurs propres enfants; sacrifice d’autant plus grand pour les Chinois, que c’est un complet sacrifice d’amour-propre, etc. »
De tels changements sont des miracles. Que faut-il pour qu’ils se multiplient dans des proportions telles que la Chine elle-même se trouve peu-à-peu transformée ?
Citons encore :
« Dans ma conviction, l'avenir de la Chine est aux mains des missionnaires ; la morale seule manque aux Chinois pour être un
grand peuple. Or, qu’est la morale sans la religion? Ils possèdent tout le reste : énergie, intelligence, industrie, fertilité de territoire, et abondance de produits dont aucun pays d'Europe ne peut donner une idée, population nombreuse et animée d’un fort esprit de nationalité, abondance de mines d’or, d'argent et de cuivre. — Que leur manque-t-1l donc? Je le répète, la religion, qui en secouant la fange de vices, de crapule et de superstition qui abrutit ce peuple de 170,000,000 d’habitants, les relèvera en leur faisant connaître leur dignité d'hommes chrétiens. Oui, Tavenir de la Chine est entre les mains des missionnaires. Les mandarins euxmêmes le reconnaissent, et voilà pourquoi ils redoutent tellement le progrès de la foi. Les populations en ont l'instinct et voilà pourquoi elles accueillent avec tant de bienveillance et de joie ceux qui ne viennent pas en marchands et ennemis comme les Anglais, mais qui se présentent en amis des missionnaires, et par conséquent comme les appuis et les coopérateurs de l’œuvre d’où dépend leur régénération. »
Peut-être dans les desseins de la Providence, l'Asie, aussi bien quel’ Afrique et l'Océanie doit-elle un jour se relever de sa honteuse et séculaire dégradation. Que serait-ce si la France libre enfin des entraves qu'une secte odieuse lui impose aujourd'hui, secondant enfin les efforts héroïques des apôtres de la foi, venait joindre à leur dévouement et à leurs pacifiques bienfaits le prestige de la puissance et de la civilisation au service de la Croix (1)?