‹ La civilisation mussulmaneChapitre 3 sur 4 · Publié et traduit par MM. Dcvic et Van dcr Lith · texte numérisé non relu

Publié et traduit par MM. Dcvic et Van dcr Lith

d'importants travaux sur l'obliquité de l'écliptique et sur la précession des équinoxcs. Enfin nous possédons des cosmographies générales, embrassant plusieurs sciences physiques, et qui portent les noms de Dimashqî et de Qazwînî.

Les mathématiques furent poussées très loin chez les Arabes. Non seulement ils reçurent des Grecs et des Hindous l'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie et l'algèbre, mais encore ils développèrent et approfondirent ces sciences. Les travaux d'Al-Khârizmî ont servi de guide aux premiers savants d'Europe qui se sont occupés d'algèbre au xvi° siècle.

Les sciences physiques et chimiques, par contre, restèrent dans les limbes. En physique on ne peut guère signaler que quelques travaux sur l'optique. Un traité de la lumière a été publié il y a quelque temps dans le Journal de la Société orientale de Leipzig. Pour ce qui est de l'acoustique elle est entièrement négligée dans le volumineux traité d'Al-Fârâbî sur

la théorie musicale, ouvrage entièrement puisé, d'ailleurs, à des sources grecques. Quant à la chimie, en tant que science exacte, elle était inconnue des Musulmans ; toutefois, ils cultivèrent avidement l'alchimie ou Kimiâ (i) et la magie ou Simiâ, et ces deux sciences occultes furent le point de départ de la chimie. La médecine arabe, calquée sur celle des Grecs, fit sans doute quelques progrès, surtout dans l'art d'employer les simples. Un bon juge en ces matières, le docteur Leclerc, a signalé dans son Histoire des médecins arabes et dans sa traduction de la Tharmacopée d'Ibn el- Béïthar les points de vue nouveaux dont la thérapeutique est redevable aux Musulmans. Mais comme la religion s'opposait à la dis^ction, jamais les Musulmans ne

1. Dans une belle étude, M. Bcrthelot montre que les premiers essais d'alchimie remontent aux égyptiens et aux Grecs. Sur V .Alchimie che^^ les Musulmans, lire le chapitre que lui consacre Ibn Khaldoun dans ses Prolégomènes, trad. De Slane, t. III, p. 207 et suiv.

purent s'élever au-dessus de l'empirisme. Et pourtant, l'esprit d'observation se serait facilement développé chez eux. Je n'en veux pour témoin que ce passage où le médecin Abd el-Latif, ayant eu l'occasion d'étudier de près des cadavres abandonnés sur la voie publique en temps de ^este, nous apprend qu'il recueillit sur la figure des os, leurs jointures, leurs emboîtures, leurs proportions respectives et leurs positions, des lumières que les livres ne lui avaient, dit-il, jamais procurées. Puis il ajoute cette remarquable déclaration , digne de Pascal : <( Les preuves qui tombent sous les sens sont bien supérieures à celles qui ne sont fondées que sur l'autorité. En effet, quoique Galien ait apporté la plus scrupuleuse exactitude et le soin le plus attentif à tout ce qu'il a fait et à tout ce qu'il a rapporté, cependant le témoignage des sens mérite d'être cru préférablement au sien (i). »

La zoologie, la botanique et la minéra-

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