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reprendre, le lendemain, l’impitoyable jougdefer!.
Pourquoi cette proportion d’un jour de repos sur six jours de travail? [l nous est difficile de le voir, même après que les révélateurs ont parlé. Dieu seul, ayant crééle corps aussi bien que l’âme, connait infailliblement les besoins de l’un et de l’autre ; et seul il a pu fixer Les véritables limites de leurs forces. Ce que nous pouvons dire, c'est que les traditions de l’histoire confirment la convenance de cette proportion entre les jours de travail et les heures de repos. La loi mosaïque a été universellement acceptée. L'expérience des siècles a rendu hommage à la tradition. Sous tous les climats et à toutes les époques, six jours de fatigue ont suffi à l’homme pour gagner son pain quotidien sans compromettre les forces de son corps, et un Jour sur sept à suffi à l’homme pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû sans compromettre les besoins de l’âme. Un peu plus de travail corporel, ce serait trop; un peu moins de vie religieuse ne suffirait pas.
Oui,un peu moins de vie religieuse ne suffirait pas.
Les hommes ne vivent pas seulement de pain; ils vivent encore de doctrines et de vertus.
Lorsque, dans une nation, les nobles croyances
1, Dezobry, Rome au siècle d'Auguste, t. III, lettre XXI.
s’éteignent; lorsque le devoir, le dévouement, l’abnégation, l'esprit de sacrifice cessent d'être prêchés et pratiqués, malgré la prospérité matérielle, la décomposition n’est pas loin. Un peuple n’est pas simplement une juxtaposition d’indivi- dualités, ennemies les unes des autres ou indiffé-
rentes les unes aux autres; un peuple, c'est
d’abord une harmonie ou une hiérarchie d’intelligences et de cœurs; c’est plus que cela, c'est
l'union de plusieurs intelligences et de plusieurs
cœurs cherchant à se communiquer mutuellement plus de lumières et plus de vertus.
Il ne suffit pas, par conséquent, de sauvegarder les intérêts matériels de la société humaine,
en réglant les heures de travail et les heures de | repos, il faut encore salisfaire les besoins moraux;
et la loi du Sabbat imposant, outre l’abstention des
œuvres serviles, la culture et le développement du sentiment religieux, a rendu les plus grands
| services à la société. Instruire le peuple sur les
L grands problèmes de l’origine, de la nature, de la destinée de l'homme, l’entretenir de ses devoirs à
l'égard de Dieu, à l'égard du prochain, à l'égard de . soi-même, tout cela est d’une importance capitale,
et tout cela concourt au progrès et à la civilisa-
. tion plus encore que les conquêtes industrielles. Jésus a éminemment compris cette vérité, et il
‘atravaillé dans ce sens. Et sabbatis docebat, nous
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dit l'Évangile ; les jours de Sabbat, il passait sa journée à enseigner, traçant ainsi d'avance à ses disciples l'œuvre qu’ils devaient poursuivre. Un jour sur sept, les hommes ont à s'occuper de choses spirituelles, à penser à Dieu, à penser à leur âme, à fouiller dans leur conscience pour voir où ils en sont de la vie morale, à regarder en haut, du côté de l'idéal. Se contenter de donner du repos à son corps, le jour du dimanche, c’est insuffisant; s’absorber dans les lieux publics pour s'amuser et jouir, c'est aller directement contre l'esprit de la Loi. Le travail obstiné tue le corps, la jouissance désordonnée tue le corps et l'âme. Les femmes, disait déjà saint Augustin, au commencement du v° siècle, les femmes feraient encore mieux de filer la laine chez elles, les Jours de fêtes, que d'aller danser des danses impudiques en l'honneur des néoménies!. Le but du Sabbat étant essentiellement d'appliquer les pensées de l'homme aux choses divines, plus une occupation détourne l'homme de la pensée de Dieu, plus elle est condamnable; par conséquent ce qui corrompt l’homme, ce qui l’avilit, le vice, en un mot, c’est encore ce qui viole le plus le devoir dominical ; et la contemplation des choses divines, les aspirations au bien, l'assistance aux cérémonies du culte, c'est. ce qui répond le mieux à l'esprit de la Lot.