‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 110 sur 120 · CHAPITRE XII L'HOMME DU CULTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII L'HOMME DU CULTE

Faut-il des prêtres ou des hommes spécialement choisis pour présider aux cérémonies du culte ?

Il est difficile d'admettre un culte extérieur et public, des temples, des fêtes, sans admettre en même temps des ministres attitrés du culte. Toutes les religions antiques eurent un sacerdoce. Les Gaulois avaient leurs Druides, qui concentraient dansleursmains un pouvoir à peu près sans limites,

et qui possédaient le dépôt exclusif de toute doc- »

trine, tant sacrée que profane. Les Romains étaient encore plus riches en ministres sacrés; ils avaient des Flamines, des Curions, des Saliens, des Luperques, des Augures, des Aruspices, enfin des corporations sacerdotales de toutes nuances, qui se distribuaient ou se disputaient les hautes fonctions religieuses. Les Juifs avaient une tribu tout entière, la tribu de Lévi, vouée au service du temple, sans compter les prêtres proprement dits et surtout le grand-prêtre, qui résumait dans sa personne le peuple entier : peuple sacerdotal.

Quelle est la doctrine de Jésus au sujet du sa-

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| cerdoce ? Qu'en a-t-il pensé et qu’en a-t-ildit ? A-t- 112 détruit le sacerdoce antique pour créer un sacer- | doce nouveau? A-t-il posé devant nous un nouvel 4

| idéal du prètre ?

En lisant l'Évangile, nous sommes frappés par | l'attitude de Jésus-Christ vis-à-vis des prêtres de 4% sa nalion, et par l'attitude des prêtres vis-à-vis de Jésus-Christ. Citons les différents traits qui nous | manifestent cette attitude étrange. | Nous rencontrons d’abord un acte de déférence À de la part de Jésus vis-à-vis du sacerdoce mosaïque. En descendant de la montagne, nous dit le premier Évangile, un lépreux vint au-devant de Jésus. Celui-ci (sans tenir compte de la prescription lé- | | gale qui défendait de porter la main sur un lépreux % toucha le malade en lui disant : « Je le veux, sois … guéri. » La lépre disparut, et Jésus ajouta : « Garde- toi bien de parler de ceci à personne, mais va fe

… montrer aux prêtres, et offre à Dieu le don preserit L par Moïse, afin que cela leur serve de témoi-

gnagel. » 148 Nous remarquons, dans ce fait, d’abord la défé- rence de Jésus vis-à-vis du sacerdoce antique, et ensuite, le souci qu'il avait, dès le début de sa

vie apostolique, de prouver aux prêtres Juifs la

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