‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 30 sur 120 · TUE SRE PRET RE CUT PP ER RE EE TT · texte numérisé non relu

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. molécules plus où moins bien organisées, il est

que l'univers matériel, il à conscience de lui- ] même, et il est le maitre de sa destinée. Plus fort pou toutes les puissances de la nature, il résiste aux chocs désorganisateurs des forces physiques. : " homme est immortel parce qu'il est immaté- - riel. La mort pourra tomber sur notre corps, … s’acharner après lui, le défigurer, le décomposer, le réduire à quelques grains de poussière qui . tiendront dans le creux de la main d'un enfant;

- qu'elle est forcée de respecter, 1l y a une âme

et qu'ils sont égaux devant Dieu. Les uns ont plus de biens terrestres que les autres, plus de

beauté; mais, à déshérités, consolez-vous; vous . avez une âme; et, par cette Âme, vous êtes fils de Dieu autant que les autres, vous êtes de la même

be,

| que des corps. C'est un outrage à repousser. L'homme n'est pas seulement un assemblage de

» une âme aussi, et, par celte haute portion de lui- . même, il échappe à la composition. Plus grand

mais la mort aura beau faire. Il ÿ a une chose en … nous qui se dérobe à sa poursuite, qui échappe à ses coups; une chose qu'elle ne peut atteindre et

- enfin. C’est par l'âme que les hommes sont grands

fortune, plus d'honneurs, plus de santé, plus de

race que les rois de la terre, vous êtes les égaux de tous. Consolez-vous! Aux .yeux de Dieu, la beauté, la santé, les honneurs, les richesses, tout

ce qui est extérieur vaut peu de chose; et quand le soleil du monde à venir dévoilera les profon- deurs des consciences humaines pour les punir ou les récompenser, l'enfant du peuple.s'asseoira à côté des fils des rois et peut-être au-dessus de lui si, sous ses haillons, il à fait palpiter une âme plus pure et plus généreuse.

Outre la ressemblance de nature, nous avons :

avec Dieu une ressemblance d'opérations.

Dieu n’est point inactif. N'imaginez pas un être solitaire, relégué dans son ciel désert et silencieux, non. Le Dieu que nous adorons est un Dieu vivant, un Dieu qui pense et qui aime, ctqui est à lui-même l’objet de sa pensée et l'objet de son amour. Avant que les choses ne fussent. el depuis

l'éternité, la substance divine, océan sans rivage,

sentait en elle des flots de vie qui S'agitaient et qui débordaient. Depuis l'éternité, l'intelligence de Dieu était en pleine activité, son cœur en

immense effusion; et de ce double flot montant

S épanouissaient deux personnes admirables : le Verbe, génération consubstantielle du Père : VEsprit, lien, union, amour du Père et du Fils : pensée et amour infinis; pensée et amour éternels : preuves de l’activité-et de la fécondité sans bornes de l'essence divine.

L'homme, sous ce rapport encore, est à l'image de Dieu. Lui aussi, il est une personne vivante:

à connait et aime l'infini. Tant il est vrai que ‘âme est un miroir de la Divinité! L'homme con- - naît. Qu'il impose silence aux bruits extérieurs et au tumulte dessens, qu'il se renferme en lui-même F et qu'il plonge son regard dansle fond de son âme, . que verra-t-il? Qu'entendra-t-il? que sentira-t-il?

Il verra, il entendra, il sentira une parole intérieure, la pensée, nailre et germer dans son esprit, comme la fille de son intelligence, image dece Verbe que le Père céleste conçoit et porte

vement intérieur : l'amour, naître et germer dans - son cœur, image de cet amour, où se rencontrent . le Père et le Verbe. L'homme connaît et aime

semble poussé par une force infinie. L'intelligence O >

* aspire notre intelligence, mais à la vérité (o=. PE à ie vérité universelle, à pou en un

4 (bien Da. tel Dan CR a il aspire, comme à son objet propre, mais au bien infini et inépui- sable. Nous pouvons parcourir l'univers el nous

en Jui. I verra, il entendra, il sentira un mouve-

- comme Dieu; et, dans cette double opération, 11

et la volonté sont vraiment deux ailes que Dieu . a données à notre âme et qui nous soulèvent dans Le hauteurs habitées par la Divinité. Ce n'est pas à telle vérité créée, à telle vérité particulière à

arrêter sur chaque créature, avec l'espoir d'y apai-

ser notre faim et d'y étancher notre soif : au bout ! de quelques jours, nous touchons au Eu du ca-

lice, la coupe est épuisée ; et les lèvres de l’ affamé

et de l’altéré sont plus brülantes que jamais.

Notre âme, du haut de son désillusionnement,

des choses créées, en criant comme le poète :

Je promène mes yeux sur l'immense étendue, Et je dis : nulle part le bonheur ne m'attend.

Notre âme aspire plus haut et plus loin que le

monde. Elle parcourt tous les points de l'univers

visible, semblable à la colombe de l'arche, sans

rencontrer un lieu pour replier ses ailes, parce que,

grace à Dieu, elle voit l'infini, elle veut l'infini, et l'infini seul est capable de la combler.

Nous ressemblons encore à Dieu par notre rôle extérieur.

Outre la vie intime par laquelle Dieu se con- î naît ets’aime et dans laquelle il trouve la souve- F

raine béatitude et la souveraine perfection, Dieu a encore une vie extérieure. Un Jour, il est sorti

librement et généreusement de lui-même pour

s'occuper d'êtres autres que lui, et, depuis ce jour,

Dieu a des relations au dehors. 11 est devenu créateur, maître, roi, père de l'univers: et les -

peut Jeter un regard de tristesse sur l’immensité

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ages "de Fe Bible nous te At du hauts e son trône, donnant des lois au monde, le dirieant, le gouvernant et le conduisant sur des outes et par des impulsions vigoureuses vers la fin qu'il a fixée. Or, en créant l'homme, Dieu lui a encore donné cette prérogative : il l'a sacré roi de

l'univers. Voici ce que le livre sacré fait direà Dieu : Faisons l’homme... et quil commande à toute la terre!. Tout sur la terre a été fait avant l'homme et en vue de l'homme. C'est pour l'homme que le Créateur produit les plantes et ‘. les animaux; et à peine l'homme apparait-il, Dieu Jui livre la nature extérieure en héritage et lui confie la mission de s'en servir à son gré. Par droit de naissance, l'homme règne sur la créalion ; il règne sur elle par droit de conquête. Que a-t-il pas fait depuis qu'il est sur la terre? Bosuet, semblant prophétiser, au xvn° siècle, les merveilleuses découvertes de la science moderne, s'écriait déjà : « L'homme a presque changé Ta « face du monde; il a su dompter par l'esprit les 4 « animaux qui le surmontaient par la force; il a ; « su discipliner leur humeur brutale et contraindre “ « leur liberté indocile. Il a même fléchi par ( adresse les créatures inanimées. La terre n’a- 4 « t-elle pas été forcée par son industrie à lui donnre

1. Faciamus hominem.… et præsil piscibus, bestiis, etc. Genèse, 4 FaG: o TT:

tous les dons de la grâce s'ajoutaient pour l’homme « aux dons de la nature. L'homme était appelé à 4 voir Dieu face à face. Son esprit était transfiguré par une union surnaturelle avec l'esprit divin, son amour était transfiguré par une union surna- * turelle avec l'amour divin; et Dieu, déja notre : père, pour nous avoir donné la vie naturelle de-. venail notre père à un titre plus réel et plus pro- . fond, en nous communiquant quelque chose de sa propre vie. |

Carême,

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