‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 38 sur 120 · Malum pœneæ · texte numérisé non relu

Malum pœneæ

2, Malum culpæ.

Le. Ha del a des laideurs en même em ps que des beautés; le mal y occupe une place aussi considérable que le bien, la mort une puce aussi considérable que la vie. Regardez! il y

des étoiles qui tombent et des astres en D ton iouy a, à côté de nous, des déserts affreux, des steppes désolées, des landes incultes, des marais fétides, des forêts impénétrables, des montagnes maudiles, des rochers, des neiges, des glaciers, des ronces et des épines, des plantes vénéneuses, des fleurs ‘empoisonnées, des reptiles venimeux, des animaux qui se dévorent les uns les autres, et qui cherchent à dévorer l’homme. [ci, le soleil brûle, ha. c'est le froid ; ici, une sécheresse absolue; là, des pluies le les pôles ont une ceinture de glace, l'équateur a une ceinture de feu. Les soleils s'éteignent dans le ciel; les fleurs se fanent

< sur la terre; les feuilles desséchées sont emportees par le vent; les cadavres des arbres jonchent le sol des forêts; les animaux succombent individuellement, et de espèces même disparaissent à Jamais. Et par moments, moments, hélas!

qui reviennent beaucoup trop souvent, nous voyons les torrents qui ravagent, les fleuves qui débordent, les volcans en éruption, les mers en tempêtes, les ouragans qui renversent tout, les incendies qui dévorent tout, des tremblements de

terre, des déluges, des catastrophes sans nom. Pourquoi tous ces désordres?

Mais le désordre est encore plus frappant dans lhumanité que dans le monde matériel. L'homme est la victime d'une foule de souffrances. Les maladies l’assaillent à son berceau, le poursuivent pendant son enfance, le guettent perpétuellement dans tout le cours de sa vie et finalement le font trébucher dans la tombe. Maladies physiques, maladies morales, infirmités, blessures, cris de douleur, sanglots, voilà le lot de chacun de nous. Et les peuples souffrent comme les individus. Les calamités s’abattent sur des races entières. La guerre déploie ses fureurs et ruine deux nations en même temps ; la famine étend ses ravages ; les incendies, les inondations, les naufrages, les maladies, les pestes, les fléaux engendrent des désespoirs, des épouvantes, des deuils. Le malheur et la mort se disputent nos villages et nos cités. Pourquoi donc souffrons-nous ainsi, et à quoi pense la providence de Dieu?

Ce n'est pas tout. À côté du mal physique, il y

a le mal moral; à côté de la souffrance, il y a le

péché. Contemplez les sociétés humaines et voyez les crimes qui s'y commettent. Comptez les blasphèmes, Îles mensonges, les calomnies, les violences, les orgies, les vols, les homicides ; complez, si vous le pouvez. Le mal est dans l'humanité,

le mal est dans chaque âme en particulier. Il y a | en chacun de nous, un vice originel qui nous

penche violemment du côté de la corruption, et, malgré notre bonne volonté, nous ne tardons pas à nous enfoncer dans les ornières du chemin, et, » une fois tombés, nous restons dans le mal. Le . mal règne dans la nature et dans l'humanité.

Jésus ne nie point ce grand fait. Il avoue le mal | sous toutes ses formes, et ilen prophétise les redoutables développements. « Du cœur humain, dit-il, sortent les mauvaises pensées, les adultères, Les fornications, les homicides, les vols, les avarices, les méchancetés, les mensonges, les impuretés,les jalousies,les blasphèmes,l’orgueil, la folie!. » Aïlleurs, il dit à ses disciples: « Je vous envoie dans le monde comme des brebis au milieu des loups... Défiez-vous des hommes, ils vous traineront devant les assemblées et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés à cause de moi devant les rois et devant les magistrats, afin de rendre témoignage à la face des nations... Le frère livrera son frère au bourreau et le père livrera son fils: les fils s’élèveront contre leurs pères et les mettront à mort. Et vous serez haïs de tous, à cause

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