‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 37 sur 120 · FR PAT RE · texte numérisé non relu

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tout, est soumis à une Providence divine, c’est-a-. dire à une Sagesse et à une Bonté infinies, et. pour nous convaincre que la fatalité a perdu jus-. qu'au dernier lambeau de son ancien royaume, et que tout est bien rentré sous le sceptre de la Providence, Jésus nous affirme que même les cheveux

de notre tête ont 6té comptés, et il n'en tombera

pas un seul sans la permission du Père céleste.

Et sur quoi Jésus-Christ basa-t-il son affirmation? Il la basa sur la dignité de la personnalité humaine. « N'a-t-on pas un passereau pour « deux pièces de la plus petite monnaie? Néan- «€ moins il n’y en a pas un que Dieu oublie... Ne

.« craignez donc point, vous valez mieux que plu-

« sieurs passereaux!. » Il la basa sur l’omnis-

cience de Dieu : « Votre Père céleste qui voit, dans

« le secret, sait tout ce qu'il vous faut, avant « même que vous l’ayez demandé?. » Il la basa sur la bonté de Dieu : « Est-ce qu'un père peut « abandonner son enfant? Si vous, tout méchants « que vous êtes, vous savez donner de bonnes « choses à vos enfants, combien plus votre Père « qui est dans le ciel en donnera-t-il à ceux qui « lui en demandent. Qui d’entre vous, si son fils

« lui demande du pain lui donnera une pierre!

Saint LUC, XI 6 AT.

2, Saint Matth., vi, 8.

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ui d’entre vous, si son fils lui demande un oisson, lui donnera un serpent! »

D'ailleurs, regardez attentivement et vous verrez ans la race humaine les traces d’un gouverne-

faculté à sa place, qui dicte à chaque puissance son rôle et ses fonctions, qui réglemente tous les létails de la vie humaine et qui, malgré les égarements des passions, persiste à nous donner ses réceptes et à nous imposer ses ordres. Cette loi périeure que l’homme n'a point faite et quil nt obligatoire; c'est la loi naturelle et c’est le

souvernement de Dieu en chacun de nous.

Cette même loi règne dans les nations. Au-des-

s de toutes les prescriptions positives et de tous ès règlements administratifs, il y a la loi natu- ‘elle de justice, d'où toutes les autres lois dépendent t à laquelle toutes les autres lois se ramènent. Jette loi de justice dicte les devoirs des citoyens is-à-vis de l'autorité, comme les devoirs des toyens entre eux, et maintient dans un peuple l'harmonie et l'unité. Malgré les violations dont le est l’objet, malgré les crimes de tous les jours, la loi morale continue à briller et à s'imposer : c'est le gouvernement de Dieu dans les peuples.

» 1. Saint Matth., VII, 9, 10, 11.

Cetle même loi règne dans humanité et règle les rapports internationaux. Elle rattache tous les peuples entre eux par la double chaîne de la justice et de l'amour ;elle conduit tous les peuples au bien et par le bien au bonheur; elle favorise. la paix et dirige bon gré mal gré les sinistres catastrophes de chaque guerre, en rélablissant finalement l'équilibre et l'harmonie dans Phumanité : c’est la loi naturelle et c’estie gouvernement de Dieu dans le genre humain.

Les àmes, les peuples, l'humanité peuvent, au nom de la liberté, violer, fouler aux pieds, écrasermomentanémentcetteloi morale ; mais patience. La loi renaîtra de ses ruines et retrouvera sa suprématie; et les âmes ou les peuples qui ne voudront pas revenir sous son sceptre par le chemin du repentir seront contraints d'y revenir par le chemin du châtiment et de lexpiation.

L'ordre règne dans l'humanité, et c’est Dieu qui l'y maintient.

Non seulement l'ordre règne dans l’humanité, mais encore le progrès. Le progrès est la loi du monde des esprits comme il est la loi du monde des corps. S'il y a une ascension de la matière vers l’âme, il y a une ascension des âmes vers Dieu. N'allez pas voir dans l’histoire une tempête éternelle qui pousse les peuples les uns sur les autres, comme des vaisseaux désemparés. Non, non. Les

4 et nous ont vers une terre promise ; den erre promise, c’est le règne de Dieu. Le royaume Dieu approche, ainsi que le murmure sisouvent l'Évangile. H peut y avoir et il y a en effet des n oments d'arrêt; 1l peut yavoir, et il y a en effet des moments 1 recul, parce que la liberté humaine doit avoir sa part dans les événements Es Lerrestres, mais l'humanité est en marche ici-bas

vers une amélioration matérielle, intellectuelle et morale du plus grand nombre ; elle est en marche l-haut vers une fin cle La rédemption s'étend peu à peu dans les âmes et dans les peuples. ILest impossible que Dieu aitdonné au mondel’Évangile et Jésus-Christ,sans que les hommes deviennent sur laterre moins aveugles et moins immoraux, sans que les hommes deviennent dans une autre vie plus parfaits etplus heureux. Peu à peu notre globe et les forces matérielles seront domptés !; peu à peu notre terre sera Preanisée dans la justice et dans l'équité?; peu à peu Dieu règnera sur les esprits et sur les cœurs*. Le monde va vers la perfection et la beauté infinies, et il y aura un triomphe définitif du bien.

#4 1. Replele lerram, subjicile eam. Genèse I, 28. 2. Ut disponat orbem lerræ in justilia el æquitale. Sap., IX, 3. 3, Prædicabitur hoc Evangelium in universo orbi, in lestimonium omnibus gentibus. (Saint Matth., xx1v, 14.)

mal métaphysique ; il existe sous la forme de la À

L'intelligence et la bonté gouvernent l'univers. Le dernier mot des événements terrestres et des” événements humains appartient à l'amour. C’est

l'Évangile qui le dit.

Mais que vois-je? Le désordre est dans le monde. à côté de l’ordre; le mal est dans l'humanité à. côté du bien; l’ivraie a poussé dans le champ du 4 père de famille à côté du bon grain. Qu'est-ce que. cela veut dire? Pourquoi le mal existe-t-il ?Comment le mal a-t-il pu naître dans un monde et E dans un homme créés par Dieu? Comment le mal a-t-il pu se maintenir dans un monde et dans un homme gouvernés par Dieu? Où donc est la Providence? |

L'existence du mal est un fait qu'il est im- ; possible de nier. Le mal est partout et il revêl toutes sortes de formes. Il est dans la nature extérieure, il est dans l'humanité en. général, il est dans l’homme individuel. Il existe : sous la forme de l’imperfection pure et simple, :

et c'est ce qu'on peut appeler, avec Leibnitz, le

soutfrance, et c'est ce que la philosophie du moyen âge appelait le mal-châtiment!; il existe sous : la forme de péché, et c'est ce que la même philosophie appelait le mal-faute®?.

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