INTRODUCTION XIII
ment pratiques, et surent habilement se servir
de la religion pour l'intérêt de l’État. Croyants, incroyants ou sceptiques, leurs hommes d’État ne se mirent jamais en opposition directe avec la religion de leur pays; jamais surtout ils ne la persécutèrent, et ils en tirèrent toujours le meilleur parti possible. C’est une leçon dont il nous faudrait profiter. Est-ce que nos politiciens actuels, députés, ministres ou magistrats, qui se
disent sceptiques ou libres-penseurs, ne pour- :
raient point être un peu plus habiles et un peu plus pratiques ? Ne pourraient-ils point regarder la religion de la majorité du pays comme une force utilisable ; et, s'ils ne veulent pas servir
le catholicisme, ne pourraient-ils pas du moins
se servir de ui, c’est-à-dire mettre à profit, à
l'intérieur, l'esprit de paix et de dévouement des
âmes catholiques, et, à l'extérieur, l’esprit de }, 1
prosélytisme des missionnaires et des Sœurs de
charité ? Est-ce trop exiger d'eux que de leur demander cela ? |
C’est tout de même une chose difficile à comprendre que la puissance et la durée des croyances paiennes. Comment des hommes instruits et civilisés ont-ils pu prendre au sérieux les légendes
souvent ridicules qu'on se plaisait à raconter
Lait un amas d'erreurs, de superstitions, d’impuretés, de cruautés, qu’il était urgent de balayer. Le christianisme accomplit cette tâche lente-
d'Hésiode et d'Homère furent remplacées par la
furent remplacées par quelques grandes lois, et souventinconvenantes cérémonies extérieures
urent remplacées par un culte simple et noble. 11 y eut une religion nouvelle.
K Dhnssophes, même au n° siècle après Jésus-Christ.
d’imprécation etaux divinations ! ? Il est évident ‘te point de vue ne la civilisation
antique ne nur pas durer, ie était
ppuvée sur un culte aussi misérable. Ce culte
ment mais sûrement. Les théogonies fantastiques
nettes, précises et raisonnables ; les multiples 4
1, La correspondance de Marc-Aurèle nous révèle la vivacité ersistante des croyances païennes, auprès des lettrés et, Se PA.
héodicée si haute et si pure de l'Évangile ; les” nombreuses prescriptions seréférantaux devoirs es hommes vis-à-vis de telle ou telle divinité, :