‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 60 sur 120 · ITA LOT /DE LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

ITA LOT /DE LA PRIÈRE

un être qui est mou pour le travail etlâche devant le péril; nous avons à imposer la tempérance à | l un être insatiable dans ses appétits. 11 y a en nous l'esprit et la bête qui luttent perpétuellement. La lutte se prolonge toute la vie, et nous savons par expérience que la victoire n’est pas toujours du côté de l'esprit. Je ne fais pas le bien que | j'aime et je fais le mal que je hais, a dit le poète, 0 en traduisant une pensée de saint Paul. Ce cri est 1 le cri de toutes les âmes, après quelques années de combats sans succès. :

Encore si nous n'avions à lutter que contre

nous- -même, mais nous sommes entourés d'enne- mis. Aucun chemin n’en est exempt, celui de la vertu moins qu'un autre, dit le P. Lacordaire, parce qu’il mène plus haut et plus loin. Où sontils ces ennemis ? Ils sont partout. Quand viendrontils? Demain, tout à l’heure, peut-être. De quel côté? De tous les côtés. [ls sont partout : au-dessus Me nos têtes, au dedans de nous, à notre droite, à notre gauche, devant et derrière nous. Parfois 0 nous marchons tranquilles dans la voie du bien, convaincus que nous alteindrons la fin de notre journée sans le moindre orage, quand tout à coup une idée mauvaise traverse, comme un éclair, la nuit de notre esprit, et un abîme s'ouvre à nos pieds. Que s'est-il done passé? L'ange du mal dr nous à touchés de son aile. Et si l’ange du mal Fe

ét

nous épargne ses contacts impurs, autour de nous, le monde se charge de mettre à l'épreuve notre

force et nos faiblesses. Le monde est mauvais, nous le savons; les vices y règnent et y abondent; l’or-

gueil, l'injustice, la luxure, toutes les abomina-

tions s'y étalent non seulement dans des doctrines

corruptrices, mais surlout dans des exemples. Le

monde, c’est le mal vivant, organisé, triomphant ;

et nous sommes obligés de vivre dans le monde. Quoi d'étonnant que nous soyons entraînés par Île torrent, ballotés par la tempête, et brûlés par la foudre ! Comment voulez-vous que la lueur vacillante de notre conscience ne soit pas éteinte au

milieu des vents furieux qui soufflent de toutes parts? Comment voulez-vous que notre pauvre

petite liberté ne soit pas écrasée au milieu de toutes les fatalités qui l’enserrent? Hélas! nos forces morales ne sont pas à la hauteur de nos besoins.

Ainsi, c'est un fait constaté. L'homme par luimême ne peut suffire à ses propres besoins ; ni à

ses besoins matériels ni à ses besoins intellec-. tuels, ni à ses besoins moraux. Ni les forces de. son corps, ni les forces de son esprit, ni les.

forces de sa volonté ne sont en proportion avec le but qu'il doit atteindre, et partout et toujours

il est dépassé et vaineu. Pourquoi cela? Parce que Dieu veut intervenir dans sa vie. L'homme doitil donc, sentant son impuissance, croiser ses deux

Là LA LOI DE LA PRIÈRE bras ï attendre D divine qui lui pro- ; | curera les biens nécessaires à sa vie? Non, certes. L'effiort e est un devoir, la lutte est une obligation, n HIS, à côté de l'effort et de la lutte, la del ‘4 | € rétienne nous impose la Prière. L'homme doit faire ce qu'il peut et demander ce qu'il ne peut pas! : telle est la loi. Ayant conscience de ses besoins, ayant conscience de son Impuissance relative, il peut et il doit s'adresser à quelqu'un de plus puissant que lui; il peut et il doit parler à Dieu. |

hs Mais est-il raisonnable de s'adresser à Dieu? Dieu pourra-t-il, Dieu voudra-t-il nous exaucer? l On à chanté en Allemagne, au commencement | xix° siècle une chanson où l’on disait : «Malé- « diction à Dieu, l'aveugle et le sourd, à qui nous « avons jusqu'ici accordé notre confiance, en qui « nous avons vainement espéré. Il nous a trompés, « il s’est ri de nous, il s'est moqué de nos pen- 6es.» Ces affreuses paroles seraient-elles vraies ? 4 ciel est-il fermé au-dessus de nos têtes? Nos

co

ières Doties se briser contre un mur

nous de qui nous entend, qui cat à u os useres?

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