LOI DE L'AMOUR
infinie, son amour pour les hommes, Ve aussi, | est éternel et infini!. Si l'amour humain fait des ; folies, l'amour divin fera des folies plus grandes core. Il éclatera non seulement dans des paroles d'une tendresse passionnée, mais dans des actes éblouissants qui s’appelleront, création, Providence, Incarnation, Rédemption. Jusqu'où Ja bonté divine n'a-t-elle pas poussé ses condescendances?
Dieu nous à créés, nous qui n'étions nécessaires
ni à son bonheur ni à sa perfection. En nous
créant, il nous à comb'és de bienfaits. Il nous a ?
donné un corps dont tous les sens sont en com- Le”
ient les spectacles variés de lanature, des oreilles
qui entendent ses harmonies, des mains qui
saisissent ses trésors, un corps qui subit et exprime toutes sortes d’impressions. Il nous a donné une raison pour comprendre et pour nous élever des vérités particulières jusqu'aux vérités absolues; il ous à donné un eéwur pour aimer tout ce qui est beau et tout ce qui est bon; une volonté libre pour choisir et agir. Il nous à donné une société pour n multiplier nos forces el nos joies dans les forces
et les joies de nos semblables: il nous à donné
univers visible où des millions de mondes
munication avec l'univers matériel; des veux qui
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déploient leurs splèndeurs, où des millions d'êtres
dépensent leur activité, en notre présence et pour.
notre avantage. Comment ne pas aimer un bienfaiteur si généreux?
Ce n’est pas tout. Le Dieu-Providence continue | el développe l'œuvre du Dieu-Créateur. Jésus se.
plait à nous montrer le Père céleste toujours.
présent et toujours agissant dans le monde créé -
par lui. Voyez le Père céleste tissant pour les lis
des robes plus somptueuses que les robes de Salo-
mon. Voyez-le préparant pour les oiseaux du ciel !
des moissons qui ne s'épuisent jamais. Voyez-le surtout plein d'une touchante sollicitude pour la
créature humaine, s'inquiétant de notre nourri- :
ture, de notre breuvage, de notre vêtement, dis- 9 (me ?
pensant la pluie et le soleil sur les justes et sur les injustes, énumérant les cheveux de notre tête, tenant compte d’un verre d’eau donné en son nom,
invitant à ses banquets tous les déshérités, fêtant
le retour des prodigues, en un mot, remplissant
tous les devoirs du Père le plus tendre vis-à-vis de :
ses enfants. Comment ne pas aimer une bonté si paternelle?
Pour nous prouver son amour et pour se faire.
aimer de nous, Dieu a fait quelque chose de plus,
d’après la doctrine chrétienne. Il s'est manifesté. aux hommes sous le voile de l'humanité. Nous le voyions mal, tant qu'il était Dieu, pur Esprit, :
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J'auréole éblouissante de sa gloire. Notre raison ne l'atteignait qu'avec peine. Obligés de traverser la région des phénomènes sensibles et le royaume des causes secondes avant d'arriver à la cause première, obligés d'aller d’abstractions en abstract ions, ou de revenir à chaque instant prendre pied dans la réalité finie pour étudier un à un les attrits de l'Étre divin, comment aurions-nous pu faire de Dieu notre amour? L'Infini n'était-il pas trop aut et trop loin? N’était-il pas trop incompréhenle? Et ses beautés, quelque réelles qu'elles fussent, n'étaient-elles pas trop éblouissantes pour pouvoir agir sur notre pauvre cœur?
Qu’ a fait Dieu? [l s’est incarné. Ses beautés invi ibles se sont révélées à nous sous les traits de Jésus. La Sagesse infinie, la Puissance suprème, la Sainteté parfaite ont éclaté dans les paroles et dans les actes d’un mortel, notre semblable.
Nous avons vu Dieu. Il est né dans une étable de Bethléem, il a grandi dans un atelier de Nazareth, il a vécu dans les montagnes de la Galilée ; et dans les plaines de la Judée, il s’est assis à nos banquets, il a pris part à nos fêtes, il a soulevé la poussière de nos chemins, il a respiré
air de notre terre, il a porté le fardeau de nos ines. Et toujours, dans ses douleurs, dans ses [ es, dans ses triomphes; et partout, à Jérusalem,
à Tibériade, à Nazareth, nous avons admiré la simplicité touchante de sa vie, le calme héroïque: de sa volonté, l’inépuisable générosité de son. cœur, sa sérénité au milieu des tempêtes, sa dou-. ceur devant les iniquités {riomphantes, sa souverainelté en face de la douleur et de la mort, un: homme enfin n'usant de ses trésors, de son intelligence, de sa force que pour faire le bien. C'était. une bonté infinie, ayant à son service une sagesse. infinie, une puissance infinie. Oui, nous avons vu. Dieu.
Nous avons entendu Dieu. ;
Il nous à parlé du haut de la sainte montagne, É sur les rivages du lac de Génésareth, sur le parvis et dans l’intérieur du temple de Jérusalem, dans. les synagogues de la Galilée, dans l'intimité du Cénacle et au grand air de la place publique, au.
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milieu des champs et sur les chemins, partout où.
l’occasion se présentait. Il nous a révélé les secrets.
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de la béatitude, le mépris de la vaine gloire. l'oubli de l'intérêt personnel, les douceurs de law charité, les allégresses du pardon, les voluptés de la souffrance, les gloires de la persécution, et nous à avons admiré la profondeur de sa doctrine, l'éléva-«
tion de ses pensées, la pénétration de sa parole." Oui, nous avons entendu Dieu.
Nous avons touché Dieu.
Il a posé ses doigts sur nos oreilles fermées et
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d LA LOI DE L'AMOUR 205 sur nos yeux malades, il nous a pris par la main, il nous à fait reposer sur sa poitrine avec le disciple bien-aimé; et nos maux vaincus et nos douleurs apaisées et la mort souvent terrassée ont proclamé la toute-puissance du contact de Jésus. Comment les hommes n'aimeraient-ils pas un Dieu aussi rapproché d'eux? Ce n’est pas pour se cacher que la Divinité a dissimulé ses splendeurs sous des vêtements humains; c’est uniquement pour tempérer l'éclat de sa gloire et la proportionner à la faiblesse de nos yeux. Quand Jésus parle, c'est Dieu qui parle, quand Jésus agit, c’est
Dieu qui agit; mais ce Dieu nous souriant à travers une physionomie humaine n'en est que plus séduisant pour nous, parce que nous le comprenons mieux.
__ Pour nous prouver son amour et pour se faire
tage. L'humanité de Jésus, malgré toutes ses grâces, a un côté effrayant pour notre pelitesse. Jésus est un thaumaturge, il commande aux tempèles et il se fait obéir de la mort; Jésus est un prophète, il devine les secrets de la conscience el il lit dans les obscurités de l'avenir. À ces divers titres, Jésus nous en impose, et nous tient à une distance respectueuse. Que fera-t-1l encore pour | ménager notre faiblesse et encourager notre amour? Il lui reste une ressource, c'est de devenir
‘aimer de nous, Dieu s’est encore rapproché davan-
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un homme de douleurs. Au fond du cœur humain. pétri à l'image du cœur de Dieu, le Créateur a! mis la bonté : ce sentiment qui fait que nous no penchons vers un être, non point parce qu'il est beau, mais parce qu'il est misérable. Dieu, pour être aimé de nous, à fait appel à ce sentiment den la bonté, L'humanité se partage en deux Camps : ; les heureux et les malheureux. Dieu, s’ incorporatti} à l'humanité, prendra place dans le camp des malheureux, et il triomphera par la pitié des” dernières résistances de notre cœur. Après s eus paré de loutes les grâces de la beauté humaine, ilse. parera de toutes les beautés du malheur, se disan(il
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à lui-même et nous disant à nous tous : « Tant que. « J'étaisle Dieu, Espritpur, vous nem'aimiez point!"
.« Tant que j'étais Le Dieu incarné, vousne m 'aimiez «
« point encore! Eh bien! je deviendrai un Dieu « malheureux! Moi, le Roi du ciel, Jj'enfoncerai, «sur mon front une couronne d’'épines, je me, « ferai clouer par les pieds et par les mains sur «un gibet d'infamie, j'expirerai au milieu d’atroces « douleurs; et quiconque aura un cœur d'homme | «ne pourra passer devant le Crucifié sans être. | « ému de pitié. » L Aussi, qu’est-il arrivé? Ces condescendances de la Divinilé ont transformé les sentiments de l’homme. Depuis Jésus, l'amour des hommes pour Dieu est devenu une possibilité et une réalité. |
LA LOI DE L'AMOUR 207 Les barrières qui séparaient le fini de l’Infini ont été renversées. Non seulement notre esprit à pu monter par l'échelle du raisonnement et des causes secondes jusquà la Cause première, mais encore le cœur humain, naguère séparé de Dieu par un abime infranchissable, abiîime sur les bords
duquel se dressait le fantôme de la peur, le cœur humain a osé s'approcher de Dieu, et lui parler d'amour. Mendiants de la rue et rois sur le trône,
jeunes gens à l'aube de la vie et vieillards au déclin de l’âge, épouses et mères, jeunes filles et aïeules, tous les rangs, tous les âges, toutes les conditions ont recruté des amants et des amantes de Dieu. L'amour divin a plané sur tous les autres amours pour les épurer et les exaller. On a aimé
Dieu jusqu'au martyre et jusqu'à la mort. On à foulé aux pieds les richesses, les plaisirs, les honueurs, les tendresses les plus légitimes et les tendresses les plus voluptueuses pour courir après les enivrements d’un amour immatériel.Les mères, à sublime folie, ont oublié leurs enfants, les pères ont oublié leurs filles, les fiancés ont oublié leurs fiancées, pour se souvenir qu'il y avait un Dieu à aimer; ou plutôt l'amour divin et l'amour humain ont entrelacé leurs fleurs, ont mèlé leurs parfums. pour se donner l’un à l’autre une force jusque-là ignorée. Les mères n'ont pas été jalouses, quand l'amour de Dieu a germé dans le cœur de
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AU RE LES LOIS RELIGIEUSES leurs fils à côté de l'amour filial. Le fiancé n’a pas été jaloux quand l'amour de Dieu a détourné.
quelques-uns des battements de cœur de sa fiancée. Monique à aimé Dieu et Augustin; Polyeucte a: aimé Dieu et Pauline; et ces deux amours, au lieu. de se contrarier ou de s’affaiblir, se sont fortifiés . lun par l'autre, comme deux foyers, en unissant leurs flammes, multiplient leur ardeur et leur impéluosité. Alors le genre humain a connu un.
amour et une volupté qu'il ne connaissait pas au-. paravant. 1 Maintenant il est facile de comprendre pour-. quoi aimer Dieu, c'est la grande loi évangélique. | L'amour de Dieu livre à l'Etre souverainement parfait la domination sur la personne humaine | toute entière; l'amour de Dieu donne au cœur.
humain un aliment infini et éternel; l'amour de
Dieu a tranfiguré l'humanité.
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