‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 86 sur 120 · SAT · texte numérisé non relu

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sait-il dans ces réunions secrètes, dont les unes étaient reconnues par l'autorité civile et placées sous la protection des lois, etles autressimplement tolérées? On ne le sait pas au juste. Les initiés | recevaient peut- -ôtre des enseignements sur la cosmogonie, sur la morale, sur la politique, etce., refusés au vulgaire; mais il est hors de doute que F les mystères couvrirent souvent des infamies. Nous avons contre les mystères le témoignage de Platon. Dans son second livre de {4 République, le grand philosophe blâme cesinitiations qui avaient - la prétention de purifier des fautes et des injustices: el il se plaint de ce qu'on racontait les his- . toires les plus scandaleuses à tous ceux qui sacri-

fiaient un porc, c'est-à-dire à tous ceux qui se

faisaient initier aux mystères d'Éleusis!. | 1 Et le judaïsme, où en était-il au point de vue du culte? Le judaïsme n'avait aucune immoralité à se reprocher. Cependant, avec ses innombrables lois cérémonielles, il méritait, lui aussi, de mou- |

1. Ce jugement de Platon est d'autant plus remarquable que les mystères d'Eleusis étaient patronés par l'Etat athénien et placés très haut dans l'estime de l'opinion publique. Que devait- il donc se passer dans les autres mystères, moins en vue et moins surveillés ? Que se passait-il, par exemple, dans les mystères d’Isis ? L'histoire de Pauline, racontée par Joseph, nous le laisse deviner. Ce qu'il y a de certain, c’est que Tibère, qui n’était pourtant pas scrupuleux, donna l’ordre de crucifier les prêtres d'Isis, de détruire leur temple et de jeter dans le Tibre la statue de la déesse (Josèphe, Antiq. juives, XVII, 4).

rir. Sans doute on justifie l'institution de ces lois à leur origine. Moïse, s'adressant à un peuple grossier; ce peuple étant destiné à vivre au milieu d’autres peuples aussi grossiers que lui, et adonnés à des cultes idolâtriques plus insensés ct plus Sanguinaires les uns que les autres, il était nécessaire d'établir des sacrifices, des ablutions, des signes extérieurs, des observances minutieuses, enfin tout un rempart de rites pour garantir la nation élue contre la corruption générale. I fallait tenir en haleine les Juifs enclins à l’idolâtrie, les empêcher d’envier et de suivre les cérémonies idolâtriques, leur donner en aversion les pratiques superstilieuses de leurs voisins. Le grand législateur hébreu eut done mille fois raison d'instituer des lois cérémonielles et de multiplier ces lois.

Chose remarquable! Moïsen’imposa lessacrifices

au peuple juif qu'à partir du jour où le peuple juif

tomba dans l'idolâtrie en adorant le veau d'or: comme si ces sacrifices étaient institués uniquement pour éviter des sacrifices moins avouables!. Parce que les païens, voisins du peuple hébreu,

adoraient les béliers, les boucs, les bœufs, Moïse .

1. « Præcepla de sacrificiis non fuerunt data populo Hebr:eorum,

nisi postquam declinavit ad idolatriam, adorando vitulum con- “

flatilem; quasi hujusmodi sacrificia sint instituta ut populus ad

sacrificandum promptus hujusmodi sacrificia magis Deo quam

idolis offerret. » (Saint Thomas, 1*, 2%, q. 102, art. 3.)

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