‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 88 sur 120 · SE · texte numérisé non relu

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220 LE CULTE RELIGIEUX, | sacrifices ne devaient pas être offerts par un indi- vidu quelconque, mais seulement par les prêtres désignés; et, sans la crainte de voir les Israélites s’abandonner au culte des démons, Moïse, d’ après l'opinion autorisée du plus grand des théologiens, Moïse aurait restreint davantage le culte extérieur! : Quoi qu'il en soit, quand l'étoile de Bethléem

rayonna sur le monde, les lois cérémonielles; ombres des choses futures, durent s'évanouirs Elles avaient fait leur temps. Comme une écorce, trop épaisse finit par étouffer la circulation de I | sève dans un arbre, et empêche l'épanouissement: des rameaux et l’éclosion des feuilles vertes; ainsi . l’exubérance des rites externes finissait par étouf= fer le sentiment religieux dans l’âme du peuple hébreu. Le Juif était continuellement sous un joug de fer. Il ployait sous le fardeau des obser: vances légales, il suffisait à peine aux ablutions, aux sacrifices, aux prières qui lui étaient imposés. et son culte se changeait en véritable servitude. Bien des fois, dans le cours de sa longue carrière, Israël, écrasé par les chaînes des préceptes céré= moniels, et trainant d'un pied ensanglanté le bou

1. « Vetus lex in multis diminuit corporalem cultum, propten quod statuit quod non in omni loco sacrificia offerrentur,neque a quibuslibet, et multa hujusmodi statuit ad diminutionem exterioris cultus. Non oportebat tamen ita attenuare corporalemt cultum Dei, ut homines ad cultum dæmonum declinarent.»

(Saint Thomas, 1°, 2e, q. 101, art. 3., ad 3.) |

LE CULTE EN GÉNÉRAL

ntit défaillir. Entraîné par la pente de ses insincts idolâtriques, il tomba aux pieds d'affreuses doles, et s’oublia dans les faciles et avilissantes pratiques des païens. Qu'arrivait-il alors? Tout à oup, au sein du peuple en léthargie, une voix ribrait comme un coup de clairon : c'était la voix l’un prophète. Isaïe, Élie, Amos, Osée, Daniel ou lérémie prenaient la parole. Ils anathématisaient es adorateurs de Baal et d’Astarté; ils secouaient la royauté avilie, le sacerdoce dégradé, le peuple endormi, et ilsrelevaient le courage de leur nation, en lui faisant saluer de loin l'aurore d'une reliéion moins écrasante el plus spirituelle.

| Ces prophètes figuraient et PRÉparsIen Jésushrist.

Bus Christ a aboli l’ancien culte : Jésus-Christ

apporté un culte nouveau.

Rice second point de doctrine doit être sérieusement établi.

Beaucoup de rationalistes modernes veulent bien admirer en Jésus l'initiateur d’une morale relivieuse incomparable; mais ils refusent de reconître en lui le fondateur d’un nouveau culte.

Ils ne veulent pas admettre que le Christ nous ait ni posé des symboles et des rites. fut rien de pate

ot d’une loi impitoyable, bien des fois Israël se

N\aree

nouvelle forme religieuse. Les récits évangéliques en parlent avec une abondance et une précision qui excluent le moindre doute. Deux rites principaux sont inaugurés par Jésus : le rite du baptème et le rite de l'Eucharistie.

Sur le seuil même de l'Évangile, nous rencon- Lrons un personnage étrange : le bapliste. Cet homme ne porlant qu'un vêtement de poil de.

chameau et une ceinture de cuir autour des reins, ne se nourrissant que de sauterelles et de ci sauvage, mais portant sur son front les derniers: reflets du prophétisme ancien unis aux premni ci reflets d'un soleil nouveau, cet homme attirait au désert toute la population de la Judée et ébranlaits tous les cœurs aux accents de son éloquence.

Or Jean-Baptiste, aux plus beaux moments de sa glorieuse popularité, a rendu un magnifique témoignage au baptème de Jésus. Moi, dit-il je baptise dans l'eau. Mais celui qui vient après

mot, qui est plus puissant que moi, dont je n& suis pas digne de délier les chaussures, celui-là baphsera dans l'esprit et dans le feu.

Plus tard, Jésus parle en termes non moins enthousiastes du baptême qu'il est appelé à donner. Il nous en prêche la nécessité, il nous en vante la grandeur; il le glorifie comme une partie

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