Saint Jean, chap. iv
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Cherchons à pénétrer la véritable pensée du Christ ;
| voyons jusqu'où il faut pousser le spiritualisme
de sa doctrine, en rapprochant les paroles adressées à la Samaritaine des autres paroles évangéliques, et en tenant compte de l’attilude et des actes du divin Maitre.
D'abord, ce que Jésus à évidemment condamné, c'est l’exclusivisme du temple juif et le matérialisme du temple païen.
Qu'était-ce que le temple juif? Chez les juifs il n'y avait qu'un seul sanctuaire pour toute la nation. Les sacrifices ne pouvaient pas être offerts au premier endroit venu, et le culte n’était pas à la merci des individus ni des chefs de famille, ni des chefs de tribus. Les villes ne possédaient pas un lieu spécial pour adorer, prier et sacrifier: les villages et les foyers non plus. Toutétait centralisé au même point. Jéhovah ne reconnaissait qu'un autel. Les adorations, les prières, les expiations,
les actions de grâces devaient passer par cet autel unique pour arriver Jusqu'à Dieu; de même que les grâces, les pardons, les faveurs, les munificences célestes devaient passer par cet autel . unique pour se répandre sur les membres disper- » sés du peuple fidèle.
Ce lieu unique fut d’abord le tabernacle : temple « portatif, dans lequel les Israélites, voyageurs en marche vers la terre promise, célébrèrent mo-
me entanément les cérémonies de leur culte. Celte - tente était longue de trente coudées, haute et large ; de dix. Elle se divisait en deux parties : La première partie, dans laquelle on entrait d’abord, s'appelait : lesaint, et contenait le chandelier d'or, Ja table aux pains de proposition et l'autel des parfums. La seconde partie, séparée de la première par un grand voile, s'appelait : le Saint des saints. C'est là qu'était l'arche d'alliance, et c'est là que bientôt on déposa les tables de la Loi, la verge d'Aaron, et quelques débris de la manne.
Ce tabernacle fut dressé pour la première fois au pied du mont Sinaï, le premier jour du premier mois de la seconde année après la sortie d'Egypte. Puis, lorsque le peuple se remit en. marche, le tabernacle fut replié, et il parcourut 4 avec Israël toutes les étapes du grand désert. Quand on s'arrêtait, le tabernacle était placé au milieu du camp, environné des tentes des lévites, et plus loin des tentes des différentes tribus, selon le rang qui leur était assigné. Les Juifs regardaient le tabernacle comme le foyer et le centre de leur #4 vie nationale, et toujours, durant les périodes voyageuses ou militantes de leur existence, le tabernacle occupa la place d'honneur. C'ésti is qu'on venait offrir les prières, les vœux, les sacrifices.. Ià, et jamais ailleurs. La loi le défendait.
Lorsque le peuple juif eut enfin une demeure
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permanente, un territoire assuré, on résolut de remplacer le tabernacle par un temple. C'est David qui conçut ce projet. Arrivé au comble de la gloire, ayant étendu au loin les frontières de son royaume ct triomphé de tous ses ennemis, le Roi- Prophète voulut couronner la grandeur de son règne et ajouter un dernier fleuron à son diadème, en bâtissant un temple magnifique au Dieu d'Israël. La mort ne lui permit pas de mettre son dessein à exécution, et celte entreprise, suffisante pour illustrer un règne, passa aux mains de son fils Salomon, qui la réalisa. L'ambition de Salomon fut que le temple n'eut pas son pareil dans l’univers. Il choisit pour emplacement le mont Moria, Île point le plus élevé de la ville de Jérusalem, et on se mit à l'œuvre. Qui sait tous les ouvriers qui travaillèrent à cet édifice !? Qui sait tous les cèdres qui descendirent du Liban? Qui sait tout l'or qui vint de l'Arabie? Après de longues années de labeurs, le monde vit une incomparable merveille!
Ce temple subit bien des malheurs. Il fut pillé sous Roboam, par Sésac, roi d'Égypte; il fut fermé par l'impie Achaz; il fut consacré aux idoles par Manassés ; enfin, 600 ans avant Jésus-
Christ, il fut ruiné entièrement par Nabuchodo-
nosor.