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où nous rencontrons Dieu, là notre âme peut et
» doit habiter. Le temple est la maison des âmes | . parce qu'il est la maison de Dieu.
Les Israélites avaient bâti un temple, afin d'y abriter l'arche d'alliance, les tables de la Loi, la
verge d'Aaron, la manne du désert, l'autel des
parfums, la table des pains de proposition, le. chandelier d’or, en un mot, tous les symboles î qui pouvaient leur rappeler la présence divine et. les bienfaits dont Jéhovah avait favorisé leurs. ancêtres. Ces signes commémoratifs, en frappant leur imagination, provoquaient leurs sentiments. de gratitude et d'amour. Ainsi en est-il pour nous, chrétiens. Nous devons bâtir des temples pour . y abriter non plus tous ces objets figuratifs dont était fier le peuple israélite, mais pour y abriter. nos mystères et nos sacrements. Le Dieu purs esprit, le Dieu créateur, le Dieu-Providence s’est Ë montré à nous sous les apparences humaines et sous l’auréole d’un martyr. Ce Dieu fait chair, ce « Dieu Rédempteur habite encore parmi nous. Vou-. lant étendre le bienfait de son incarnation et de sa
rédemption à tous les lieux et à tous les temps, « il s'est caché sous les voiles eucharistiques, après” s'être caché sous les voiles de La chair, et il nous“ a dit: Voici que je reste avec vous jusqu'à la COnsommation des siècles. I vit donc et il agit au milieu du genre humain, et notre devoir est den l'abriter. Comment l'abriterons-nous? Par quoi remplacerons-nous l'étable de Bethléhem? Com
Dieu à bâti le premier temple, quand il a tiré du
néant l'univers, parce qu'il s'est servi de la poussière des astres et de la poussière de notre globe, pour reproduire autant qu'il était possible l'image de la Divinité; et les hommes, à l’exemple de Dieu, ont essayé, en remuant la pierre, en assouplissant le marbre, en tordant le bronze, les hommes ont essayé de donner à leur conception de l'Étre suprème un vêtement impérissable.
Si le temple en général, c'est l’idée de Dieu exprimée avec de la pierre, le temple chrétien, cest l’idée du Dieu incarné et du Dieu Rédemteur; et l'Église gothique est la plus belle expression de cette idée. Voyez ces nefs spacieuses qui
s'allongent parallèlement au nombre de trois ou
de cinq, en creusant à droite et à gauche des
4 it supplémentaires, et en s’enfoncant là-bas
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dans les ombres d’une abside! Voyez ces piliers . gigantesques qui touchant à peine le sol montent, grimpent dans les airs, emportant notre pensée el notre admiration du côté du firmament; voyez
ces fenètres aériennes qui sont faites, non pas
pour regarder ce qui se passe sur la terre, mais ce qui se passe dans le ciel! Voyez ces voûtes qui semblent ne plus pouvoir s'arrêter dans leur élan vers Dieu! Quelle hauteur ! Quelle largeur! Quelle
Ë . profondeur! Quel est donc l’Étre, se demande-t-on
. en entrant dans ces temples, quel est donc l'Étre
qui habite cette maison? Quelle est son immensité, quelle est sa stature? ah! cet Être, c’est d’abord le Dieu infini et éternel : l’ampleur de l'édifice nous le révèle: c'est ensuite le Dieu incarné, toutes ces voûtes et toutes ces chapelles creusées en berceau nous le disent; c’est enfin Le Dieu Rédempteur : la disposition de tout l'édifice est une croix. Les vitraux versent des flots de lumière rouge, comme des flots de sang; les dalles résonnent creuses sous les pieds comme des pierres sépulcrales, et tous les détails du monument se dirigent vers le maïître-autel, qui est un trône en même temps qu'un tombeau.
C’est Ià, dans ce temple, que nous viendrons nous grouper, nous qui avons des croyances religieuses communes. Toutes les sociétés exigent un lieu de réunion, les sociétés religieuses aussi bien que les sociétés profanes. On a besoin de se réchauffer au contact les uns des autres, on a besoin
de se serrer sous les plis d'un même drapeau, on.
a besoin de chanter les mêmes hymnes et d'applaudir les mêmes paroles, on a besoin de se soutenir et de s’exciter mutuellement. Autrefois, au
retour d’une campagne heureuse contre les Bar-.
bares, toute la cité de Rome, poussée par le senti-
ment religieux, se réunissait sur la Voie Sacrée, ct,
au son des instruments de musique, on faisait. l'ascension du Capitole, et on se groupait autour.
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Me l'autel de Jupiter Capitolin. En agissant ainsi, “4 les païens obéissaient à un instinct naturel. Tous, . nous avons besoin de porter aux pieds du même autel nos craintes et nos espérances, nos tristesses É: et nos triomphes. de 1 Jésus n’est pas allé à l'encontre de cet instinct de la nature. Nous le voyons, dans l'Évangile, Ibrendre sa part des solennités du temple de Sion. À peine âgé de douze ans, il y vient avec Josephet Marie. Plus tard, pour lue fêtes de Pâques, pourles fêtes des CANTERON nous le rencontrons encore sur les routes qui conduisent de la Galilée à Jérusalem. Îl'aimait à venir à la maison de Dieu, non seulement quand elle était solitaire, mais encore quand la foule l’encombrait. Il venait y enseigner?, dit l'Évangile; il venait y prier en publie, et il En: a laissé ces grandes paroles : là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’ eux. Îl veut que nous nous groupions pour re aplir nos devoirs religieux; il veut que nous adorions, que nous priions, que nous espérions, que nous aimions sous les mêmes voûtes et sur les mêmes dalles.
Ainsi le temple a sa raison d'être, Jésus ne la à pas condamné. Jésus à renversé l'idée trop étroite
Saint Jean, 11, 13; vai, 2. (ue Sa
#2 # 2. int, Luc, xix, 475xx, L; xxi, 31. Ne.
260 LE CULTE RELIGIEUX be
que les Juifs étaient tentés d'en avoir; il a préconisé l'omniprésence de Dieu, et le droit que. l’on a de l’adorer partout; il a donné la suprématie au culte intérieur, à l'adoration en esprit plutôt. qu'à telle ou telle adoration locale. Mais, ceci sauvegardé, Jésus n'a point condamné Île temple. Loin de là. Il a voulu des lieux spécialement consacrés à la prière, il a voulu des symboles.
visibles des choses invisibles, et un lieu où les.
abriter; il a voulu un culte social et publie et un lieu de réunion, c'est-à-dire qu'il a voulu des temples. Non seulement il a autorisé l'existence des temples, mais il a protégé leur majesté et leur gloire contre les profanateurs. Un jour, à Jérusalem, — qui ne se souvient de ce magnifique trait? — il arma sa main d’un fouet vengeur, et, chassant devant lui les acheteurs et les vendeurs qui s’abritaient sous le portique de la maison de Dieu, il les foudroya de cette grande parole : Ma maison est une maison de prière, et vous en faites
te conte dudit db" p.222
une caverne de voleurs!