I.A CROIX nu CJlKklN
LA CROIX DU CHEMIN
Apre et vainc à mon cœur s'imposa la souffrance.
Ah! cMîmme j'étais Join des jours de mon enfanc-e!
Comme j'avais marché longtemjpe, d'un pied certain,
Sans songer si le hut était (proche ou lointain,
N'ayant d'autre pensée au front, comme un homme ivre,
Que d'avancer iplus loin dans l'ivresee de vivre.
Comme j'aNiais jeté, prodigue voyageur.
Sans compter, follement, le trésor de mon cœur
Aux frivoles bonheure rencontrés sur ma route!
Et, maintenant, surgi devant mes pa^, le doute
De sa menace vasque et sombre m'entourait.
100 LA CLAIHK FONTAINK
l/lioninie qui niarehe seuil à travers la forêt,
(a jour d'été, Ûsaw la lumière éblouissante,
l 'ans le parfum léger (jui plane sur les sentes,
(^uand l'instant, la chanson, les gazons et les nids
Semblent, sous le baiser des brises, rajeunis,
S'arrête quelquefois, pris à ce charme tendre,
l']t dans un rêve heureux la nuit vient le soirprendre.
Songeur, il \Teut alors regagner son foyer,
]\Iais les ténèbres ont effacé le sentier
Que, d'un pas confiant, il suivait tout à l'heure.
Vers le repos paisible et clair de sa demeure
Il marche à travers l'ombre inquiet et liagai'd;
Et nul rayon sauveur n'arrive à son regand.
Ajlors l'instinict de son mallieur en lui s'éveille.
A tous 'le^ bruits confus il va, prêtant l'oreille,
De ses yeux agiiarucMs fouillant roljscnrité.
Parfois, dans les rameaux par le vent agités,
Il icroit entendre, au loin, une voix qui l'aippeille;
Puis la crainte à r{^jx)ir succède en sa prunelle.
Il avance, revient, ma relie dans tous les sens,
Avec le doute au cœuT sans cesse grandissant.
Dans ce bois sans issue et dans cotte ombre hostile,
Comme ses pas sont vains, «a fatigue inutile!