CHIEN QUI HURLE
a ALPHONSE BEAUREGAKD.
Bien qu'il soit déjà tard, on veille Chez l'habitant du Chemin-Rond, Car la mère, la bonne vieiiWe, L'ange-gardien de la maison,
Depuis quelques jours est souffrante.
Elle est très chétive et, ce eoir, Malgré la tempête grondante, Le vicaire est venu la voir.
Pendant quo la malade, lasse.
A l'air d'un instant sommeiller, Près du lit, on cause h voix basse Afin de ne pas l'éveiller.
Et la même sombre pensée Tourmente le^'^ fronts inquiets, A travers la bise glacée, Sur la route, le chien hurlait'.
Dans la malheureuRe demeure Chacun s'est signé gravement, Et l'on comprit que c'était l'heure De se désoler, c^r souvent.
La mère qui sait les présages Et les expliquait sans effort, L'a dit dans s-on grave langage :
" Chien qui hurle eet signe de mort."
PEU D'éRABLE W
EPLUCHETTES
a Mt4-e A. MIREAULT, noteire,
Montréal.
Ce soir, à la fête chez les Bninelle, Pour éplucher le blé-d'Inde nouveau, Les couples bruyants ne font pas défaut. Et tant pis pour eux, et tant pis pour elles, Ceux et celles qui chez eux somt restés; On n'est pas des gens qui gardent rancune: Les jeunes, les vieux, les blondes, les brunes, Tout le rang Péningue était imité.
Alons ! ]es giar« et Jes fililettes, Faites voler les éplnchettes.
Que ron se hâte et que Fon bouge !
Si vous trouvez un épi rouge, Celle ou celui que vous aimez, Vous l'embrasserez.
Holà! les jeunesses, dans la corvée,
Pigez, sans compter, dans les blonds monceaux !
Et trêve aux amoure ! des gailants farauds,
Ou tantôt, après la tâche ajchevée.
Des beaux discoureurs vou^ aurez l'affront;
On pincera quelque gigue joyeuse
Et Véplucheur avec son éplucheuse
Les plus vaillants, seuls, boiront, danseront.
FEU d'Érable *1
AHons ! les gars et les fillettes, Faites voler les épluchettes.
Que l'on se hâte et que Ton bouge!
Si vous trouvez un épi rouge, Celle ou celui que vous aimez.
Vous l'embrasserez.
Le plus vaillant, c'est le père Liboire.
Boulé! Hein !. .les vieux sont toujours les vieux!
Le bonhomme encor a du poil aux yeux!
Bt de l'eau diu puits, il vous en fait boire !
Le travail fini, faut pas s'ennuyer.
Du rhum attaquez gaîment les bouteilles...
La santé de Liboire et de sa vieille,
Les braves qui vont danser les premiers!
Allonfi! 'les gars et les fillettes, Faites voler les épluchettes.
Que l'ou se hâte et que l'on bouge!
Si vous trouvez un épi rouj^e, Celle ou celui que vous aimez.
Vous l'enibrasserez.
FEU d'Érable «
SOIR CHAMPETRE
fl Mtre J. E. LADOUCEUR, avocat,
au barreau de Joliette.
Au clocher qu'à travers les branches on peut voir, La oloclie, au loin, sonnait pour d'angelois du soir. Des gars, lau teint hâlé, sur les guérêts de sable, Salivaient les bœufs lourds qui re'venaient vers l'étable. On entendait parfois les clochettes tinter Des vaches qu'un enfant ramène au clos brouter. Sur les chemins herbeux le griillon qui maraude Jetait son cri perçant dans la poussière chaude. Et, sur la majesté tranquille des grands champs Le soleil apaisait ses rayons lentement.
LA CLAIRE FOXTAINE
Sur le ])erron do bois l'aïeul à blanche tête Accueillait souriant, fiers de la tâche faite, Les fils robustes qui rentraient à la maison, Songeant peut-être <iue très loin sous l'horizon, Professant ^pour le sol le mêane cudte austère. Les enfants de ses fils Jahourent d'autres terres Et forment, par ce soir imiposant et serein, Une chaîne d'amour aux croisements sans fin; Car, suivant du gramVpère aimé l'exemple sage, Sa famille a si bien agrandi l'héritage Que les jeunesses des hameaux aivoisinants Ont nommé ce canton : " Le rang des habitante, . Et que cet humble nom que tout vi'llageois aime Du labeur le plus noble est devenu remblême.
H^i'^-jj.u^^
CUJM,
FEU d'Érable ^"^