‹ La Clarté de vieChapitre 27 sur 43 · CHANSON DE L'HEURE TRISTE · texte numérisé non relu

CHANSON DE L'HEURE TRISTE

Chante, la pauvre joie des foules,

Hurle et crie et couvre les voix

De ceux qui tombent et de ceux qu'on foule,

Chante, hurle et crie, ô la pauvre joie!

Telle, en ta sauvage gaîté triste, Qu'on suit, comme des spasmes d'angoisse, Tes hoquets d'insulte au doux Dieu Christ — Et l'herbe meurt que ton lourd pied froisse

N'a-t-il plu un peu de rose espérance De tant d'aurores et de tant d'Avrils ? Sera-t-il ainsi jusqu'au soir immense Et le dernier jour blasphémera-t-il?

AU GRÉ DE l'hEVRI: HT

Pleurs et sang à grossir des fleuves!

Tout fut donc futile et vain, de la sorte? Les heures s'en iront comme des veuves, Amoui", et la Haine sera donc plus forte?

Au moins, de la voix (jui nous lut donnée, Redisons l'Amour et l'Espoir et la Foi, Pour dormir nos rêves pardonnes Sous la jeune terre qui fleurit et verdoie...

L Espoir est vil dans ces âmes tristes :

L'or terne,

D'immondes gloires.

Avec la haine de ce qui résiste,

Le besoin de sang pauvre utile ;i (]>•< vii loires

— Et l'œil inquiet que cerne

La veille vaine de l'avenir noir...

A.MOUR, ô pauvre amour!

Les baisers laissent de la bour aux j«)iie«;.

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