‹ La Clarté de vieChapitre 28 sur 43 · IM I.A CLARTÉ DK VIK · texte numérisé non relu

IM I.A CLARTÉ DK VIK

Leurs lèvres j)ûles, loules recroquevillées; Ils l'ont fait à leur guise : aveugle et sourd; Et, selon leur âme, ils l'ont fait abject et fou, O bel amour, o saint amour émerveillé!...

Beauté,

Ils t'ont fardée d'affronts que nul ne compte

Il n'est pas de cœur bas, d'âme sordide

Qui ne le juge avecque privante

Avec des mots !

Ils discutent de ta royauté,

De par l'insulte de leurs yeux avides;

Et c'est la honte...

Espoir !

Ton vert pennon levé mène les jeunes Avrils

Au cri des troupes neuves chantant par mille et mille,

Et les filles vêtues du vert reflet des feuilles

Vont, par l'ombre légère, au-devant de l'accueil :

Tout baiser se veut tien fût-il d'un soir néfaste.

Espoir perpétuel, astre de nos désastres : ^

Et tu mets de la joie dans le fond du cercueil... j

AU <;rk de i.'hkurk IIU

Amour,

Cause et fin, spleiideiii' des eurythmies.

Vertige des abîmes,

FN'ur simple aux doigts des filles blondes

Et virginal sourire d'endormie,

l'auteur indulgent du crime sublime,

Rythme du monde,

l^'n-re rose de la pûle nuirt

•lusticier comme elle, comme elle, fort

A IT'gal de l'Éternité féconde...

Heautk !

On tremble, pâle,

A révérer ta majesté égale : —

Car tout 1 espoir du double crépuscule

— Qu On surgisse vers l'aube, que, le soir, on suppute, ■

(lar tout l'amour cpii dans les nuits circule

De rêve en rêve, de cœur en cœur, de corps en corps,

Tout ri^spoii-, tout l'Amour s'en vont à toi, leur but;

l*lt 1 on te cherche, avide, dans la mort.

lâO I.A CLAHT^. DE VIK

Un peu plus loin :

Pousse la porte basse;

— Celle musique énerv'e avec ses traits de rire - Ne te retourne point —

— Qu une flûte jacasse, Qu'un violon soupire —

Écarte 1 ombre : c est une pauvre barde Qui tombe en plis de pourpre du linteau

— De tristes mains saignant ont tissé l'oripeau Et teint de sang humain ce rideau qui les garde

Chante! leur voix s'étouffe, avinée,

Leur bestialité hoquette à peine;

Leur table faite d un miroir cerclé d ébène

Reflète à leur dégoût de vivre

Le masque immonde et ruiné

De leur âme qu'ils ont voulu assassiner

Mais dont nulle honte encor ne les délivre..

AU GRi'. DR l.'llKlHi; 121

Pousse le vantail; l'aube est grise, Le vent s'éveille doucement; Guettons vers l'orient l'éternelle surprise Qui point au lirmanient.

Oublions, comme l'avenir :

La mort probe au pas sûr de son cheval d écume

Chevauche dans le crépuscule matinal ;

La vois-tu pas venir?

Aux mains, la torche résineuse qui fume

Et l'épée d'acier pAle ;

— Le vent porte du laige, j'aspire l amertume;

.l'entends le galop du clieval —

Les races devant elle, ainsi qu une herbe sèche

Flambent leur suprême énergie;

Et, comme un laboureur, elle féconde,

Les jachères folles de la vie

En poussant 1 incendie aux quatre vents du monde.

Sans doute elle moissonne et son grenier comblé

Nourrit le lendemain de la veille prodigue :

La Force et la Beauté des hiers sont comme un blé

Dont se rassasieront la Honte et la Fatigue;

122 i.A r:i.ART^ dp vif

Mais 1 litrhe parasite et la fétide flore Où le bon grain jeté s'étoufTc et s'étiole, Elle en nourrit le feu de l'éternelle aurore. Chantez! il en sera selon la parabole.

Et vous...

Que voyez-vous, là-bas ?

Est-ce d un reflet d'aube que vous êtes pâle

Que n ôtes-vous assis — - vous sentant las,

Las à fléchir les deux genoux,

Dans 1 herbe matinale — ?

Et, si vous rougissez,

Est-ce dun reflet d'aurore ?

Ou l'embarras

De quelque honte?...

Les ombres vont glisser au nord, tout d'or!

A mesure que le soleil montera...

— Il monte!

Al" ORK DR I.'hKURK \-''i

... Voici l'aube,

Hlanche cornine une chair de supplicié;

Prends donc et mange :

ii Aurore coule comme h; san«; du Crucilic!

Prends, bois et sois un ange.

N'a3-tu pas un message,

Pas une parole à redire,

Pas môme un mot d'espoir, d'amour, de joie?

Vois : l'Orient rougeoie

Et s'ouvre comme un livre immense où tu peux lire

De m ai fi est roi!

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