‹ La Clarté de vieChapitre 8 sur 43 · A VENDANGE PROCHE · texte numérisé non relu

A VENDANGE PROCHE

Sieds-loi là, si lu es lasse;

La cave est moins fraîche, il semble,

Et calme comme une église;

Au cadre cintré de la porte basse,

Le demi-sourire de Septembre

Joue, triste et gai, dans la brise

A travers les feuilles qui tremblent ;

Le relent des cuves grise...

Au dehors, car la vigne est rousse.

Le lutinet sonne aux bondes;

Et d'antiques ceps aux grappes douces

Tordent leurs bras fabuleux

Sous le poids des vendanges fécondes;

Et la belle Loire est bleue;

Et les feuilles tournent, en ronde...

CHANSONS A !.'< MBKE 30

Quelle sera notre vendange, A nous pour qui l'air est du vin?

Nous, pour qui des vestiges d'anges Firent tous les chemins divins ? Où est la cave et la crypte Pour y celer notre printemps, Où l'ondjre éternelle l'abrite De l'aile des rêves chantants ?

Je ne sais, mais je crois que la sève des âges

Qui chante au cellier des aïeux,

Que la voix des vieilles pages

Que tu tournes d'un doigt pieux,

Dans leur rôve haut et sage

Disaient notre rêve joyeux.

Je ne sais, mais l'Espoir m'a pris

De sa poigne vive et rude

Et mené, grave et surpris.

Au seuil de la certitude.

Et l'Amour riait sur le seuil

Et, cueillant une grappe au linteau,

II m'a donné le baiser d'aceucil Et me couvrit de son manteau.

Debout, près de toi, je songe

Que les heures vont et viennent.

Que ma gloire à moi, c'est mon songe,

Que ta gloire est d'être mienne;

Mais pour qui sera donc l'ivresse

Quand tomberont au pressoir

Ta claire fleur de jeunesse

Et l'orgueil de mon espoir ?

Qui dira l'heure attardée,

Et la lune dans le verger ?

Je t'ai si longtemps regardée,

Je ne sais si tes yeux ont changé...

CHANSONS A l'oMBRF 41

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