HISTORIQUE
La claudication intermittente nest pas à proprement
parler une maladie : c’est un syndrome que l’on peut voir
se manifester dans tous les membres et tous les organes.
D’après ces localisations multiples et d’après l’histologie,
l'expression d'insuffisance intermittente serait plus exacte, si Charcot, rapprochant en ce cas la pathologie de l’homme de celle du cheval, n’avait fait prévaloir ce terme de claudication. |
C’est, en effet, chez le cheval que la claudication fut étudiée pour la première fois et ce sont des expériences pratiquées sur cet animal. qui ont permis d'étudier à fond ce syndrome et de lui assigner une place bien nette en pathologie.
= L’honneur de la pemière étude revient à Bouley jeune ;
elle date de 1831 et contient une description très détaillée
de la boiterie du cheval.
Cette description fut reprise et confirmée par Gurlt (1838), Herwig (1843) et surtout le PT Goubault, d’Alfort en 1846. - En 1859, Charcot, éclairé par ces divers travaux, étudia de plus près certains symptômes qu’accusaient quelques
malades et que l’on avait attribués jusqu'alors à de soi-
disant rhumatismes ou à des troubles vaso-moteurs ou paraplégiques mal définis.
Et il publia ainsi une observation où l’étiologie, les symptômes, l’évolution étaient identiques à la boïiterie du cheval et il décerna à ce nouveau chapitre de pathologie le nom de claudication intermittente par artérite des membres inférieurs.
Depuis il en observa d’autres cas que l’on retrouve avec d’autres encore dans les thèses de Magrez (1822), Bourgeois (1827). Sottas, dans sa thèse (Paris, 1894), publiée sous l'inspiration du Pr Déjerine, en donne une description sommaire. |
En 1889, 1890, 1898, le Pr Grasset, dans ses leçons de cli-
nique médicale, venait émettre des hypothèses qui éclairèrent la question. | |
Il n’apporta aucune observation, mais il a montrécomment l’artério-sclérose, se localisant sur un organe, y déterminait à un premier stade de la claudication intermittente ; ceci est vrai, surtout pour la moelle épinière, où on aura, en second stade, de la sclérose pyramidale avec paraplégie spasmodique.
La question en était là, quand, en 1906, dans la Revue Neurologique, le Pr Déjerine publia trois observations de claudication intermittente de la moelle épinière. Le tableau symptomatique général était le même que dans tous les cas observés jusqu'ici. Mais, où la question prend son intérêt, c’est qu'aucun de ces malades ne présentait dans sa crise de claudication les troubles toujours rencontrés dans le syndrome de Charcot : cyanose de la peau,
abolition des battements. artériels, etc. : le Pr Déjerine
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ne constata aucun trouble trophique, les artères avaient un pouls normal, il ne pouvait donc songer à une claudication de Charcot. Mais, comme il trouva des réflexes exagérés, des troubles vésicaux, il posa le diagnostic de claudication intermittente d’origine spinale et il donna son nom à ce nouveau chapitre de la claudication intermittente.
Un mois après, le Pr Grasset venait confirmer les théories du Pr Déjerine et achever de mettre la question au point. Il a passé en revue les accidents de la claudication intermittente dans tous les organes et a de plus émis l’hypothèse qu’à côté de la claudication de la moelle antérieure, à laquelle se rattachaient les observations du Pr Déjerine, il devait exister un autre syndrome, celui de la claudication intermittente de la moelle postérieure.
En l’espace de six mois, nous avons relevé spontanément
quatre observations du syndrome du Pr Déjerine ; c’est
dire que ce syndrome n’est pas très rare.