CONTREDANSES, WALSES, ANGLAISES, TYROLIENNES, ALLEMANDES ET BOURRÉES
contredanses.
La Trduitz.
A la gaîté Joignant la liberté ,
Chacun , comme chez soi , N’a que ses goûts pour loi.
Chez moi L’étiquette jamais N’y troUYer^ d’aecès.
DeTant ses Arrêts
Nous Toyons le plaisir Fuir.
De Pbœbé , qu’il efface , Pbsbus prend-il la place L'amateur de la chasse Va courir les forêts ;
Mais bientôt, hors d’haleine , L’appétit le ramèoe Dans mon joyeux domaine Où l’aitend un vin frais.
Après dejeûner,
Jusqu’au dîner L’on se promène.
L’un Ta lire à part La Fontaine ou gentil Bernard.
Celui-ci veut TOir I/espoir •
De la moisson prochaine.
L’un joue au billard , L’autre Ta rimer à l’écart ;
Mais du dîner La cloche ra sonner.
A ce son argentin On quitte le jardin Soudain ;
Car, de chaque plaisir,
La table , sans mentir ,
£st le seul , entre nous,
Qui soit de tous Les goûts.
Après mainte saillie Qu’inspire la folie «
Une douce barmouie Nous ramène au salon.
Suivant sa fantaisie ^
L’un parle comédie ,
L’autre fait sa partie De wisk ou de bostoo.
Maint propos joyeux ,
De petits jeux Viennent distraire ; Tandis que Mondor Dans un coin paisiblement doit.
À certain signal ^
Danse du schall ,
Walse légère , Couronnent gaîment Un jour qui m’a paru charmant. . .
A ce projet
Trouvez-vous quelqu’attraii ?
Peut-on , par son secours ,
Embellir de ses joues Le cours ?
Parlez de bonne foi ,
Croyez-vous que chez moi On puisse réunir
£i bonlieur et plaisir? 717
(Du petit Courrier.)
La Zéphyr.
Zéphyrl D’un soupir Viens fleurir.
Embellir Nos gazons ,
Nos vallons ,
Nos coteaux.
Nos berceaux. • Sans toi ,
Sous la lui Des hivers ,
L’univers Va gémir, .
Va languir ,
Va périt- L’herbette Te guette , L'abeille S’éveilla La ruse Dispose Son sein Au larcin;
Aux
Flots
Des ruisseaux
Bends ^eurs bondir ^
Vagabonds ,
Reods aux fleurs Leurs Couleurs ,
Aux amours Les beaux jours.
ZépbjrI etc.
Viens I et TAurore Va rendre à Fiorâ Tous ses Attraits,
Aux forêts *
Leurs secrets.
Le chant ,
Si louchant De Toiseau Sous l’ormeau Va chasser ,
Disperser Les hibous ,
Les coucous. *
Bépbjri etc, 6C4
( Chanton <C Armand Gouffe. )
La Rosière.
Non , rien ne m’échappe , Hardiment je-frappe , J’aitaquc , je drape Vices et trarers.
Le sot hypocrite,
Dont l’aspeet mlirhe .
Cornue il le mérite
Est traité dans mes teis*
Je l’ai punie Celte manie Qui , du génie ,
Elise les élans.
Et l’insolébce De l’opulence Dans sa balance Pesant les talens.
Fripon qui spécule ,
Riche qui calcule.
Beauté qui circule ,
Verront leurs portraits.
Morale outragée ,
Faillite arrangée ,
Fourbe protégée,
Redoutex mes traitsi . .
Je t’ai pincée ,
Muse glacée.
Qui , du Lycée ,
Dicte les trarauz.
Et les bluettes De cent poètes ,
Dont les fleurettes Sont de froids parots.
La littérature ,
Hors de h nature ,
Marche à l’arenture ,
Tout est confondu.
La prose est lyrique ,
Le tragique épique , .
Le comique étique :
Mon siècle est perdu. i538.
{Hond$au du Poèt4 satirique.)
La Vaudreuil.
Par mon mérite Je plais si vite ,
Qu’en fait d’amour Chaque jour Oo me cite.
Pour dompter celles Qui sont rebelles.
Je suis vraiment Un amant Etonnant.
Avec adresse L’on peint sa tendresse ;
D'aimer sans cesse L’on fait la promesse r L’on daigne y croire.
Et la victoire Va se bâter D’augmenter Votre gloire.
Faites aux belles Lettres nouvelle:
Il faut Plutôt Être lu Qu’entendu, poussant tout bas Des hélas ,
N’alJez pas , Amoureux Langoureux ,
* Chanter vos feux , Vos vœux;
Pour l’objet Qui voua plaît Fil. r l’amour parfait.
Loisqu'<;n risque Lcducüup« Suu>eui on ublieut lou:.
Par mon mvriie , êlc. ’ io5i.
• [Du Pire malgré lui.]
Lu IliiHiii.
l)c nos joure La ville et les bourgs Ne nous offrent que des artistes;
De nos jours, sans effort , ou peut En rcnconlrer plus qu’on n’en voit.
» Les copistes.
Les lampistes,
Les dentistes Sont artistes ;
Le fripier .
Le cordonnier Sont artistes de leur métier.
De nos jours , etc.
£tre acteur ,
Chanteur,
Sauteur Ou journaliste ,
C’est être artiste:
Faire un corps ,
Couper des cors ,
Donner du cor,
(i’osi l’être encol».
Dp nos jours , etc
L’En fantiiie.
Enlin , pour peu que l'on craigue De se croiit'f à Paris ,
On peut entrer à l'enseigne Des artistes réunis.
De 1)08 jours , etc. 670.
(Salomon de la rue de Chartres,)
La Maréchale.
Pourquoi *Cel air sévère ?
llussurez-vous , roa mère.
Le désir de vous plaire Est ma première loi.
Pour un procès bizarre ,
Pobert est éconduit ;
L’intérêt vous sépare ,
Mais l’amour nous unit- Pourquoi , etc.
Mais l’amour qu’on évite Sait toujours nous dompter ,
Et n’en va que plus vite Quand on veut l’arrêter.
Pourquoi , etc.
Blais comment faut-il faire ?
Je le dis en tremblant:
Ce qu’ordonne ma mère.
L’amour me le défeud.
Pourquoi , etc. 4C7.
[Des Chevilles du maître Adam.)
Dans la ville ,
Mon asile.
Amis, c’est le yaude>illc ,
Que Tbalîc- En folie Surnomma Vrai panorama.
Tout ii'est-ilpas de mon domaine ?
Momus, Thaüe et Melpomène ,
Les Bluses , le sacré vallon ,
Ihéniis, Plutus , même Apollon ?
* Que l’on cite
Le mérite
D'un sot auteur parasite.
Le poète ,
Qui le guette ,
Sans façon Le met en chanson.
Quand des vers Chacun a le travers,
QUand Glle et maman Font leur petit roman,
Jusques au marmot Qui dit son bon mot. . .
Témoin à l’écart ,
J’en pourrai bien rire, car
Dans la ville , etc. Cuô.
(flont/e d^Ducray-Diminil.)
La Villageoise.
Vive le merveilleux.
Le miraculeux ,
Les faits ronu^esquo)
Ah ! ioin de nous tnriout Ces plai-'irs sans goQ(
Qu’on a partout.
Il faut des incidens ,
Des accident ,
Des scènes burlesques ,
De ces traits iinpréfus »
Qu’on n’a point rus ,
Qu'on ne croit plus.
Te reux, à chaque pas,
Sans embarras D'ainnables surprises.
Des méprises Où l’art
Ait moins de part Que le hasard.
Cn bonheur éternel v.
Et tout naturel.
Est fade Et maussade r ti’ennui tient nous saisir,
On doit réteillcr le plaisir. i*5i
(Amour el Uytiiire.)
La Paris.
Quand on est mort , c’est |iour long-temps, Dit un tieil adage Fort sage :
Employons donc bien nos instant,
Et , contens ,
Narguons la faux du Temps.
De la tristesse Fuyons l’écueil ,
Évitons l’oell De l'austère sagesse.
De sa jeunesse Qui jouit bien ,
Dans sa vieillesse Xe regrettera rien.
Si tous les sots ,
Dent les sanglots , .
Mal à propos.
Ont éteint l’existence ,
Eedeven aient Ce qu’ils étaient ,
Dieu sait , je pense ,
Comme Us s’eri donneraient !
Quand on est mort-, etc. 456.
(CAflnson de Désaugien.]
La Trajan.
— Quel est donc ce fourbe , ce faquin , Qui prend ici le nom d’Arîequin?
— Mais vraiment , c’est moi.
— Se pourrail-îl ? Eh ! quoi ,
Vil imposteur, c’est toi?. . .
— C’est moi I
— Je ne sais qui retient mon courroux!.. •— Oh I je suis aussi Vaiilanl que vous ;
Je suis Arlequin;
C’est tout vous dire , enfin ;
J» puis entrer, je croî ,
Chez moi ?
— Tais-toi 1 Keliens tes pas ;
On n’entre pas. . ,
— Je réclame Ma femme I
— Sors de ce lieu ,
Siuon , morbleu î
Nous allons voir beau jeu ! io5a.
Que) est donc ce fourbe , ce faquin , etc.
(EUe et Lui.)
La Folle.
Vous qui tâtez les têles Des humains et des bêles, i Voilà nos têtes prêtes; ) (5** chaur.) Serviteur ,
Docteur.
111 uslre crànologue.
Je le dis sans prologue,
La fortune cl la vogue Vont suivre vos pas; l^es satans de ce monde ,
Les sots dont il abonde ,
Devant vous-, à la ronde .
31||^ont chapeau bas.
Vous qui (âiezies têtes Des humains el des bêtes ,
Voilà nos têtes prêtes^,
.Apprêtez vos bras. J 68î.
(Wj.)
(Chamon (TJrmand-Gouffc , Au docteur G»l!.)
La Lc'gère.
Qu’un poè^c Sauvent gu^ue
Certain
Festia
D’étiquellc ,
Moi je guette La guinguette l)e notre ami Bancelin.
A la source où s’enivrait Le grand , le diTin Homère ,
Maint aâteur boit de l’eau claire 1 J’aime mieux du vin clairet.
A leur maigreur on devine Les cnfans du blond Phœbus ; ün reconnaît à ma mine Un des enfans de Cornus!
Qu’un poète , etc. 5oi.
[Une Journée chet Bancelin.)
La Fursteniberg.
Lubiu a la préférence :
PoursuiveJ^
Et bravei Mon choix Et les lois \
Le ciel en prendra vengeance.
Que de maux pour vous je prévois!
Peut-être serez-vous mère.
^es enfans dans la misère,
"• Conxme vous haïs ,
Dans tous pays Seront des objets de mépris.
Je vois de pauvres enfans Intéressaos ,
Fort ioDOcens .
Maudire et leur mère Et leur père !. •
Ah 1 monsieur »
J’ai peur. . .
Mon cœur ,
Transi,
Saisi. .
Tremble* I
Vous me troublez! 684-
{D'Annette et Lubin.)
La Poule.
Montrons-nous , ma sœur ,
TeU’s que nous sommes;
Un air de candeur •
Et de la bonne humeur Séduisent toujours
Bien mieux les hommes Que les beaux discours Et les riches atours.
Ces messieurs s’ront plus indulgens ; Crois-moi , tes craintes sont frivoles :
Si i'nai pas de belles paroles ,
J'aurai du moins d’ bons senlimens.
Montrons nous , etc .
A la ville on n’a rien à soi ;
Faux charmes , faux airs , faux langage.
Si j’ai quelqu’s attraits en partage ,
J’ puis dire au moins qu’ils sont à mol.
Montrons-nous , etc. 698.
{Une Journée chei Banretîn.)
La Tracy ,
ou , On se livre au plaisir (d’Honoiinc ).
Proiégei t * Blènagcx CeU% bagatelle \
Nouvelle
Qu’elle échappe à la main D’un censeur par trop inliumain 1 Blessieurs, l’on voit voler souvent Au gré du vent Ces bouteilles Vermeilles ,
Qu'un enfant £0 soufDant Fait éclore facilement:
Elle.s durent plus d’un instant,
Quand rictl ue va les heurtant.
Protégez , etc. lôga.
{Des deux Porteurs.)
La Bagatelle.
Voltaire , en dépit De son esprit,
Lui-même aurait peine à comprendre Tout ce que de flatteur et de tendre Sans s’entendre L’on se dit.
L’éventail , les gants En l'air flottans ,
Fbnt des complimeos Pour moi cbarmani.
Mon chapeau leur rend Très poliment ,
A tout moment ,
Leurs complimcns »
Leurs seuliniens.
Voltaire , en dépit , etc. i a-a.
(Une Soirée de deux Prisonniers.)
La Camargo , ou Paris est au Pot,
Nous le poursuivrons ,
Noi^ l’assiégerons ,
Nous nous vengerons ,
Nous l’étranglerons ,
Nous l’écraserons.
Nous l’abîmerons,
Lt nous verrons après S’il lance ses traits.
Du courage J L’avantage
Sera pour nous aujourd’hui:
S’il insiste,
S'il persiste ,
Nous sommes ici Deux cents contre lui!
Nous le poursuivrons, etc. 672.
(Piron A Beaune.'j
L^^urque.
Oui , bon gré , malgré , Je conclurai C* rapatriage :
Et p’i’êlr’ que d’ tout Nol’ mariage S’ensuivra.
A c’ duel un festin Viendra nrett’ fin Sans plai’ ni bosse £1 nos deux Hargneux
Z’étant à la noce ,
Malgré z’eux Trinqu’ront ,
Chant’ront >
Saui’ront,
Dans’ront,
Riront.
Oui , bon gré , malgré , etc. 718.
{One Journée ckei Bancelin.)
VEté.
Aj>prorb’ donc un brin ,
Tu fais rmalio ,
T’as du bagout ,
Et pis v’ià tout.
Moi je t’apprendrai ,
J’ te montrerai
D’queu pied je m’ mouche :
Si tu tomb's un’ fois Sous mes cinq doigts ,
Je t’avertis ,
Je te prédis
Qu’ lu vas tout droit z’en paradis!
— A quoi bon tout ce bavardage ?
Ces sottis’s-là n’voni point aux faits.
Vous nVn diriez pas davantage ,
Quand vous plaideriez au palais...
Approch’ donc tin brin , etc. 1454.
(Tivoli )
La Rose.
A oici nos bouquets Déjà prêts;
Mais le son du cor Nous retient encor.
Est-il pour le cceur D’un chasseur Un jour aussi cher Que la Saint Hubert ?
C’est à son âge un tour de force Que dïlre toujours à l’affût.
On a brûlé vingt fois l’amorce Sans atteindre une fois le but.
Voici nos bouquets, etc. i i.>i (Juteux Chasseur.)
La Jeanne.
Tout offre une leçon Dans cette vie A la folie,
El partout la raison Sait tfomrr un sujet de leçon.
Le printemps fuit, Le jour finît, N’est-cc pas dire A l’amanl qui soupire :
Usfi d» temps £t du priaiemps ;
.«ries pl<iisirs ont les ailes du Temps.
Tout oflVe , etc. S45.
iFaudevilU des Deux Pères.)
La Monaco.
CVsi téméraire ,
(^est imprudent
l) essayer plus qu’ou ne peut faire:
En toute affaire , Premièrement ,
Il faut songer au dênoûment.
J t-tais pourtant bien résolue A terminer ici mes jours ;
Mais une puiss.mce absolue ,, Malgré moi , prolonge leur c< urs.
C’est téméraire, etc.
La Pastouielle.
Âu plaisir de la danse »
31esdames , livrez-vous.
Formons la contredanse En dépit des jaloux !...
— Votre conduite est belle.
Et voici du nouveau I Danser la pastourelle Sans votre pastoureau !
— Vous ne pouvez , je pen>e , Témoigner du courroux, Quaud nul de vous ne danse , Que nous dansions sans vous ?
Âu plaisir, etc.
La Sémillante (de Julien ).
Ton jardin anglais Est plein d’attraits ;
J’aime de ses bosquets La fraîcheur agréable.
(^et endroit charmant.
Me rappelant
Les jours de mon printemps .
Me ramène à vingt ans.
Bientôt je saurai m'in.truire De cet odieux secret.
Sur les maris nous allons rire':
Car c'est un sujet qui me plaît- Ton jardin anglais , etc. 9S3.
(Du voile d'dnglcicrre.)
Des Petits pâtés.
Le prix qu'on va se disputer.
Amis , sachons le remporter ; Qu'on puisse du moins une fois Vanter l’adresse du BeaunoisI
Ils auront leur bec jaune Messieurs les beaux esprits.
Quand ils sauront que Beaunc A remporté le prix î
D'avoir le prix , je pense Qu'il est un bon moyeu :
£inpoiions-le d'avance ,
\ous ne craindrons plut rien.
Le prix , etc. 719.
{Piroii à Beaune.) I
La Sabotière.
Aux jeux , que l'on se livre 1 Allons , gai , mes amis 1 Qu’on danse , qi^on s'enivre!
Ce soir tout est permis.
Mais moi, dont le plomb tant de fois Frappa le gibier, qui m’évite ,
Je vais aller au fond du bob (juetter le lièvre en tapinois.
Pan . pan , il sort du gîte ,
Pan , pan , il court bien fort .
Pan , pan , je cours plus vite ,
Pan , pan , le voilà mort. 6S6.
FaudeviUe du vieux Chasseur.
De l’Amoureux de quinze ans.
Fêtons Bacchus, Amour, Nuit cl ^r.
Tout devient emuyeux Sans CCS dieux :
Aimons objet charmant Ardemment ;
Buvons frais et souvent.
De Bcaune ou de Mâcon Quand je vois plein flacon ,
Je dis : bon !
Une poînle de vin l’end un homme divin.
Fêlons, etc. lüi».
{Ronde de Guichard.)
Des Drapeaux.
Quel bonheur Doux et flatteur
^ . I Justine !
Tour celm qu aime ( ,
I Pauune !
Quel bonheur Doux et flatteur D'avoir sa main et son cceurl
Laquelle l'emportera ?
Moi je crois que c’est Justine:
L’étranger la choisira;
Non, il choisira Pauline...
C'est Justine !
C’est Pauline !
Quel bonheur, etc. iaS6.
{Du PrÎT.)
Du Diable à quatre.
Du matin au soir et contre tous , Sans relâche ,
Il faut que je me fâche.
Tour à-tour mes gens et mon époux A plaisir excitent mon courroux.
Elle par son insolence Et son faux air de douceur ,
Lui, par son ton d’arrogance.
Lui , par son souris moqueur :
Lui , par sa froideur hors de saison ,
En silence
Souflre qu’on m’offense.
Enflo , voyez-vous, dans ma maison « Personne que moi n’a de raison.
{D'Honorine.}
La Cosaque.
En gais lurons ,
Sans façons ,
Nous forçons L’asile
Du Vaudeville.
Nous le jurons ,
Gais lurons ,
Nous saurons
Usurper tous ses lions flous.
Lx gaît£.
Par quelque noir stratagème , S’emparer de ses étals,
C’est bien là la gaîté même ,
Ou je ne m’y connais pas.
Tors.
En gais lurons . Mc. 1C04.
La Chasse.
On peut nommer la vie une chasse.
Dont le bonheur est sans cesse le but ;
L’un se fatigue à suivre la trace,
L’autre l’attend et le guette à l’affût.
L’ambition , le plaisir , la richesse ,
De grand malin réveillent en sursaut :
Puis , vers le soir, on poursuit la sagesse .
Qui met souvent les chasseurs en défaut.
On peut nommer , etc. S-
{Méléagre champenois.)
La Bertrand.
Quand on sert avec succès Gaimeftt sa belle et son prinre ,
Et qu’importe la province ,
N’esl-on pas toujours français?
Les Champenois sont soumis.
Doux , complaisans pour leurs femmes, (’royant aux vertus des dames ,
— Ils sont bien de leur pays.
Quand on sert , etc. io2*u
La Montagnarde.
Le ciel est sans nuage , Kepreuons le voyage ;
Nous pouvons , sans orage .
Voir du chemin La (in.
Que mon ame e$l t'mue. . .
Venez , venez ici. . .
— Ah 1 quelle douce vue !
Comment , c'en est aussi 1
Le ciel est sans niiagc , etc. I779- {La Voit'crt du frère Philippe.)
La Nina.
\ous arrivez sur le terrain ,
I)e vous battre comme il vous larde Vite , vous vous mettez en garde.
Le combat s’engage soudain;
Vous l’altaqucz , pan , pan , Mais , solide au poste ,
11 riposte ,
Se défend , sur vous , pan , Je vous ai cru presque mort un instant. Mais aussitôt, vlan , vlan ,
Vif comme la poudt e £t la foudre ,
Vous le touchez , vlan , vlan, (i'esl fait de lui , le voilà sur le flanc 1 (Chacun , frappé d'étonnement, Admire et chante votre gloire;
Ltjfin , après cctic victoire.
On vous ramène triomphant.
La Hcnii.
Le bal , le bal Est tout en France ,
Chacun d^use , danse , danse :
Que ça Unisse bien uu mal ,
Tout commence Par un bal.
Souvent au premier coup d’archet Mainte aflaire en dansant se traite ,
Et l’on glisse plus d'un piacet ,
'l'ont en faisant le moulinet.
Quand l'un est mis en retraite , Peockmt qu’il fait un chassé ^
Un autre fait la pirouette ,
Kl puis, crac. .. il est placé.
Le bal . le bal , etc. i S3o.
W ALSES.
Walse du Pauvre diable.
Comme le vin rajeunit la vieillesse 1
Moi, quand j’en bois7jc u’ai que dix-buit ans...
Je jure ici de vous aimer sans cesse. . .
Jlon cœur répond à ces doux sentimens.
De nos erreurs, c’est le tableau fidèle,* *
A ces désirs , tremblant de succomber.
Lorsque là-bas l'innocence chancelle.
Ici l’argus est tout prêt à tomber.
(!omme, etc. 719.
[Des Avant postes du maréchal de Saxe.)
La Psyché.
Jambe au tour.
Piquante tournure ,
De l'amour ,
Riante figure ,
En naissant, l'aimable nature .
Pour charmer Sembla me former.
Esprit , agaçant sourire ,
J’ai tout pour si-duirc,
Et , sous mon enjpire ,
Je liens tous les cœurs.
La plus ingénue Fessent à ma vue Des feux encbaiitcurs :
Moti coup d’œil sur une belle Est une étincelle.
Qui soudain décèle Sa timide ardeur.
Bientôt j'ai la pomme , La belle me nomme Son heureux vainqueur.
Jambe au tour, etc.
La Berceuse.
— Berce , berce , bonne grand’mèr Berce, berce ton pauvre enfant J — Tableau charmant !
Ah 1 de celte cbaiimière L’aspect touchant Plairait même au méchant.
— Ah ! puisse un jour le ciel prospère Te d'Uiner un bonheur consunt !. ■ ■ lierre , berce , bonne grundUncre y Berce, berce ion pauvre enfant I
iOui , sou bonheur.
X’esl poiui une chimère:
J'accomplirai le reve de (on cœur!
— Ah ! sois plus riche que ton père !
^fais comme lui sois bienfaisant !. . .
Berce , berce , bonne grand’mère ,
Berce , berce ton pauvre enfant! 668.
{De la Chaumière moscovite.)
La Saxonne.
Va . ne crains pas que les plaisirs parfaits. Doivent toujours habiter les Palais;
L'ennui souvent Vient désoler un grand.
Dans sa chaumière , un petit Toujours lit fi).
D’une aimahfe liberté La médiocrité jNous assure l'usage.
Le nécessaire est ma loi.
Tu l'auras avec moi ;
C'est le trésor du sage. 146*1.
{Le yéretsaire et le Superflu.)
(i) Ces seot vers peuvent se réduire eu un <^uafro</< de dix syllabes.
La Viennoise.
J’éprouve comme vous Un instant de tristesse ,
Quand d’un plaisir si doux L'heure Unit pour nous;
Mais ce regret , qui m'agite et m’oppresse , S4ltdoucit par l'espoir De bientôt vous revoir. 1076,
{Bou<juet du Bot.)
La Hongroise.
Cher Léirus , sous leur cruel empire , Aussi long temps je n’ai pu demeurer ; Le cœur chagrin, il me fallait sourire , Fille de roi n’a pas droit de pleurer. 1076 (Tliil/aull , comte de Champagne.)
La Waise russe (sauteuse.)
Un moment ,
Cher amant,
Que l'anrour Ait son tour. .
Arrêtez ,
Écoutez La raison.
— Non , non.
— Vous partez .
Vous quittez Sans retour Ce séjour En ce jour.
J’en mourrai , j’en répond — Non, non.
L’amour fait trop de plaisir Pour nous faire mourir.
Un moment ,
Cher amant , elc.
Walse du Havre.
Je pars;
Déjà de toutes parts La nuit sur nos remparts Étend son ombre Sombre. .
Chez vous
Dormez , époux jaloux ; Dormez , luieui's , pour votis La patrouille Se mouille.
Au bal
Court un original ,
Qui d’un faux pas fatal Bedoutanl l'iufortune , S’éclabousse. . . cl se plaint D’un réverbère éteint ,
Qui comptait sur la hine.
Ün luron ,
Que rinslinct gouverne ,
A défaut de sa raison ,
Va frappant à chaque taverne , Les prenant pour sa maison.
J’examine Celte mine .
Qu'eulumîne Uii rouge bord ;
Quand au posu* .
Qui l’accoslc , it riposte :
Verse encor.
Je rois
Keveuir un bourgeois ,
Qui , charmé de sa roix ,
Sort gaîment du parterre ;
11 chante , et plus content qu'un dieu Il écorche avec feu Un air de Boyeldieu.
Plus loin ,
Près du discret cousin .
£n modeste sapin Rentre la financière ,
Quand sa couturière Sort de Tivoli Dans le galant wisiki Que prêla son mari.
A mes yeux s’ouvre une fenêtre .
Que lorgnait un amateur;
Mais je crois le reconnaître ,
Jül ce n’est pas un voleur.
'Je m’efface y Pour qu’on fas?e Volte-face À l’instaul;
[A voix basse.)
Car la belle «
Peu cruelle .
Était celle Du sergent.
Jugeant
lin cbefinlelligent ,
Que rien n’était urgent Quand la ville £st tranquille ,
Je rentre , et voici , général ,
Le récit littéral Qu’eo fait le caporal.^
(One y ait de corps de garde.'
lia Walse de Cythère.
Quand la rose •
Demi close Nous propose Le plaisir ,
C’est folie Dans la vie Que l’envie De le fuir.
Moraliste sévère ,
Qui singes le Caton ,
Prés d’une douairière
Va prêcher la raison: ^
Mais près d'une rillelte ,
El jolie et jeunette ,
Aimable épicurien ,
Va chercher le vrai bien.
Quand la rose , etc. 1700.
Walse des Montagnes Russes.
En ce séjour Je veux Gxer ma cour)
Et tous les jours Y voir nouveaux atours!
Je prétend!» que chaque belle Vienne y disputer le prix .
Dût cette mode nouvelle Faire enrager nos maris.
Et que par air On vienne cet hiver
Comme au concert ,
Ou comme aux Philibert- Je veux qu’à la Sibérie ,
Empruntant ses witchouras,
La beauté, plus aguerrie,
Ici brave les frimais.
Eu vain nos monts Sc couvrent de glaçons :
C’est le bon ton ,
Qu’importe lu saison.
Je veux même qu’on déchire Garniture et falbala :
Qu’esl-ce au fait qu’un cachemire?
C’est milord qui le paîra.
Ainsi je veux ,
De mes sujets nombreux .
Ainsi je veux Contenter tous les vœux.
TOl'TES LES FEUME.«.
Quel ^our heureux!
Notre reine en ces lieux.
Quel jour heui*cux!
Va combler tous nos vœux. jSg
WaJse des Arts,
J*%i parcouru le monde enlier.
J£t pour mieox oublier Je pense ,
Mon offense ,
En Tojageant, je m’instruisis,
El Ton serait surpris De toirt ce que j’appris!
Cher les Russes j’allai d’abord :
* Là , j’appris sans effort ,
A danser la Cosaque.
Quittant ce pays sans retour , Vienne fut mon séjour, h'Allemande eut son tour.
Pésiranl m’instruire toujours , Dans l’Espagne j’accours.
A là nouvelle attaque , *
Mon zèle aussi devient nouveau, El dans mon vertigo.
J’appris le Fandango,
Aux arts livrant toujours assaut.
De l’Espagne, d’un saut En France Je m'iance ;
r.ii, le savoir est d’un grand prix.
Aussi bientôt j'appris La Sauteuse à Paris.
J'aiquis soudain, en vérité,
Par ma légèreté ,
Tout l’air d’une française ;
El. voulant toujours profiter, Pour mieux les imiter,
Je m'eu laissai conter.
A Londres , le sort me conduit i Le vrai beau me séduit,
Et j’y danse YAnglaise ,
Si bien qu’un milord très galant S’écrie en me voyant :
« GoddemI c’était charmant ! -»
Je n’ai perdu, je le prétends,
Ni mes pas . ni mon temps Dans ce voyage Sage.î
Et lorsque fidèle au bon goût ,
On sait danser partout ,
Selon moi , l’on sait loU(,
* {Féerie des arts.)
Walse deFrontiu mari garçon.
Séjour D’amour Et de folie ,
Ce charmant pays , Aux yeux éblouis , Offre un nouveau paradis, Des jours ,
Trop courts .
L’éclat varie ;
Car pour embellir Le icmp% qui va fuir , Chaque instant est un plaisir.
Chez vous l’aurore , Qui vient d’éclore , Déjà colore Vos légers rideaux :
Une soubrette ,
J eune et discrète .
Soudain apprête Négligés nouveaux.
Il fait beau ,
Et dans son Land.iu ,
Pour déjeJiner , on vole à Bagatelle.
Vos forêts
Ne sont rien auprès , •
C’est à P.iris que la campagne est belle. Au retour,
Voyez tour à tour Ce séjour
Où votre œil admire. . .
De Golcondc ou de Cachemire Los tributs ,
Ou les fins tissus.
Partout Le goOt
Vous accompagne. . .
Mais j'entends sonner L’heure du dîner.
Que vos allrails vont orner.
Festin
Divin , *
Dont le Champagne Double les douceurs ,
Quand l'amour d’aillcui-s Avec vous fait les honneurs.
Dans nos spectacles ,
Que de miracles ;
Là. . . sans obstacles ,
, Vous entrez. . . déjà. . .
Chacun s’écrie :
Qu’elle est jolie !. . .
Et l’on oublie Martin ou Talma.
Le jour fuit.
L’amour vous conduit ;
C’est à minuit Que le plaisir commence.
AVaisedu Barl)icf de Séville.
Oui , du bal J'entends le signal ,
Lf ÿ.,ioi'bel nous invite à la dense Dans ces lieux ,
P De ce couple heureux.
Que vos jeuî Admirent la grâce. . .
£u walsant ,
] i passe et repasse ,
Oubliant
Le )our renaissant.
A ces Portraits
Rendez les armes. . .
Déjà vous verriez Les cœurs à vos pieds ,
£t si vous y paraissiez. . .
Paris,
Surpris ,
Malgré les charmes Qui s’y trouvent tous ,
N’aurait entre nous Uien de plus joli que vous iS5C-
VValse d’une Visite à Bedlam.
Quel charme heureux! quelle grâce légère Semble animer ses yeux , déjà si doux !
Daigne un instant écouter ma prière ;
C’est ton amant qui tombe à tes genoux- Tra la , la , la, la, la , la , la, la , la , laire ,
Tra la , la, la , la , la , la , la , la , la- i6ââ-
. Walse des Comédiens.
De chaque jour je fais ma vie entière ,
Travail plaisir, tout arrive en son lieu .
Et je fournis doucement ma carrière ,
Sans y penser et comme il plaît à dieu.
L’appétit franc et la face vermeille ,
Le corps d’à-plomh , l’esprit libre et content .
Avec l’aurore , en chantant , je m’éveille *,
Le jour Cnit, je m’endors en chantant.
Privé d’un œil , avec i^aulre , san.s gêne ,
Je me conduis , et je crois , sauf erreur ,
Qu’un œil de plus, mon ciier, et moins de peine , N’ajoutent pas une chance au bonheur.
Y voir trop clair est moins gai qu’on ne pense : Et bien des gens , sans doute , aimeraient mieux Être ici-bas aveugles de naissance ,
Que de trop voir ce qui frappe leurs yeux.
Je suis à tout et jamais je ne boude ,
Je me présente aux plus pesans fardeaux ■.
Au cabaret je lève mieux le coude ,
Lorsqu’au basar fai bien courbé le dos.
Riche du peu que mon travail accroche ,
De mon argent , quand j'ai réglé l’emploi,
Je trouve encor du reste dans ma poche Pour consoler un plus pauvre que moi.
De chaque jour je fais ma vîe entière ,
Travail , loisir, tout arrive en son lieu ,
El je fournis doucement ma carrière ,
Sans y penser et comme il plaît à Dieu. 19 16.
y4ii' sur la même coupe.
Walse du Premier prix. 1926.
Vers sa retraite ^
Allons seuh'lie Eu cachette ;
J’ai de l’espoir;
Je dois lui plaire, l! me prèfè're La première ,
S’il peut me voir.
— Venez , après un long voyage®
Vous avez besoin de repos.
— L’air est si pur dans ce bocage. .
J’aime le doux chant des oiseaux.
Vers sa retraite , etc. lyaj.
(jtes Fc»imcs romanlii^uns.]
Walsede la Nina de la rue V ivicniie.
En revenant de la fête .
Filourette , lilourelte ,
De la fête d’ Tivoli^
Filourette , lilouri ;
De la fête d’ Tivoli ,
Filourette , filouri ,
(Jn jeune homme fort honnête , Filourette , filourette ,
Me mène chez Torioni,
Filourette , filouri ;
Me mène chez Torioni ,
Filourette , filouri. . .
Et m’oiTre de raniselic,
Filourette, filourette,
Du parfait amour aussi ,
FHourctie , fiîouri «
Du pariait amour aussi, etc. 1978.
Walse du Robin des bois.
Walse jolie ,
Danse chérie,
Charme U vie Dans son printemps;
Vive ou sévère.
Tendre ou légère ,
Tu sauras plaire
Dans tous les temps, 1985.
La Sauteuse.
le puis , à coup sûr ,
M 'aveugler sur L'espièglerie ;
' Mais je suis heureux :
Laisses le bandeau sur mes yeux.
Je puis, etc.
Chacun d'entre nous »
Suivant scsgoûts ,
A. sa manie ,
Gloire , aident, plaisirs, De DOS loisirs Font les désirs.
Bl’amuser,
Ruser ,
Voilà le bonheur de ma vie;
Sans jouer un tour,
Je De puis passer un seul jour-
Je puis, etc. 777.
Mêmes coupes.
Air du vaudeville des Epoux de trois Jours (an~ glaise). 84/.
Air du vaudeville de Colalto {anglaise). 787.
Air du vaudeville du Rêve en action ( anglaise ).
Air du rondeau de la Pénélope de la Cité , ou Heureux habitans des beaux vallons de l’Helyéût {de Kelly). 1996.