I. COMPARAISON AVEC VArs amatorta XXV
... tel chose est lede en fesant
qui depuis est bêle et plesant.
Mont lede chose est a veer
piaux et mesgueïs conreer;
si en fet l'en gans et peliches (2447 — 51). De même, si tu peignes tes cheveux trop rares:
quer trop lede est beste escouee,
champ sanz herbe, bois sanz verdure
et teste sanz cheveletire
(2474—6. Ovide, III, 249—50).
Après quelques détails sur la façon dont une belle doit se conduire devant une table de jeu, notre auteur énumère les prétextes qu'une de ses contemporaines pouvait invoquer pour sortir. Il recommande certains petits pèlerinages, les églises «encortinees», les «caroles», les assemblées (2657 — 88), et plus loin (3081—8) les «estuves et sainz et saintes», les visites prolongées aux «tavernieres segrees».
S'agit-il de choisir le messager qui portera les tablettes,
Pignora nec juveni crédite vestra novo, dit Ovide (III, 486). Plus circonspect, le traducteur recommande à sa belle écolière
que du petit eiil bien se gart
quer effant ne seit riens celer.
Se sus lor mères riens savoient,
aussi tost les descouvreroient (2824 . . . 30). Veut-on dissimuler les secrets d'une correspondance amoureuse, il conseille des procédés qui tenaient alors lieu de nos encres sympathiques:
... tu porras de nois de gales
escrire letres toutes pales,
que ja n'ierent apercheues
sanz couperose ne lelles.
Aussi de lait frais letres faites
ou de bouchel de lin pourtraites
ne puent pas estre avisées
se de charbon ne sont poudrées (3065—72). Il s'étend avec une complaisance puérile sur la «contenance de table», multipliant les préceptes sur Fart de manger pro-
INTRODUCTION
prement (3213 — 84). Il en vient enfin au chapitre «de la contenance segree» où, quoiqu'on dise M. Paris i), il dépasse son modèle en cynisme et en crudité. 11 ajoute:
Grès au dieu d'amors ci define
la clef d'amors et la doctrine.
Diex doinst que a ma dame hete
por qui amor elle fut fête (3373 — 6).
Les cinquante derniers vers sont consacrés à l'exposition de l'énigme dans laquelle l'auteur a caché ses nom et surnom, les nom et surnom de sa dame ainsi que la date de la composition de son poème.
Le tableau comparatif suivant, qui est comme un résumé de ce qui précède, permettra de constater ce que le poète français a emprunté à son modèle, ce qu'il a ajouté de son propre crû, les interversions qu'il a fait subir au texte latin et enfin
la longueur de ses développemeni
cf.
Ovide ;
„ 653etsuiv
[ „ 375 et suiv
1) Loc. cit., p. 468.