PROCÈS DU NÈGRE HENRI
Le procès de cet esclave, accusé d'une tentative de meurtre sur la personne de M. Harrison Andersen , a commencé lundi et s'est terminé le lendemain au soir. La cour était composée de Son Honneur Braxton Davenport, esquire,cheï de justice du comte, assisté de quatre juges ordinaires. Vattorney Chdivks B. Harding, esquire, faisait les fonctions du ministère public. L'accusé a été éloquemment défendu par W. G. Worthington et John A. Thompson, 6s^wfm<?. La culpabilité du coupable a été prouvée péremptoirement. La cour a opiné en majorité pour la peine de mort; mais comme l'unanimité est nécessaire pour qu'elle soit applicable, le criminel a été condamné à recevoir ciîiq cents coups de fouet; seulement on ne lui en donnera pas plus de trente et un à la fois. Le médecin de la prison veillera à ce qu'on ne les lui administre pas à
des époques trop rapprochées, mais seulement quand il pensera que le patient est en état de les supporter. »
La vie du maître est-elle plus menacée par l'esclave que celle de l'esclave par le maître? — Qui oserait le dire? — Que ceux qui soutiennent une semblable législation méditent donc ces paroles du Bon Livre : « Si j'avais refusé de rendre justice à mon serviteur ou à ma servante, quand ils ont eu une contestation avec moi, que ferai-je lorsque Dieu se lèvera, et quand il me demandera compte de ma conduite? que lui répondrai-je? N'avons-nous pas été créés, eux et moi, delà même manière? N'avons-nous pas été, eux et moi, conçus et mis au monde par une femme?» {Job, XXXI, 13-15.)